Hôtellerie et high-tech : le wi-fi d’abord

Hôtellerie et high-tech : le wi-fi d’abord

Bien qu’encore qualifié de high-tech, l’accès Internet est devenu partie intégrante de la vie des professionnels. Passer une journée sans relever ses mails ou sans avoir recours au réseau de l’entreprise et à ses ressources est un véritable challenge ; et une éventualité stressante. C’est encore plus vrai en déplacement. Les hôteliers ont bien compris l’enjeu, qui proposent différentes solutions de connexion.

À l’époque du bas débit, la question ne se posait pas. L’information transitait par les lignes téléphoniques standard. Avec l’ADSL, des installations dédiées se sont révélées nécessaires, mais complexes et coûteuses. L’équipement s’est donc limité aux espaces “centre d’affaires et séminaires”, avec quelques points d’accès dans les lobbies. L’arrivée puis la généralisation du wi-fi a bouleversé la donne, le sans-fil réduisant radicalement les coûts d’installation. Mais une fois cette solution retenue, tout n’est pas joué.

Le lobby d’abord

Car si presque tous les hôtels affiliés à de grands groupes proposent une solution wi-fi, celle-ci reste souvent limitée aux parties communes. Les lobbies et les salons sont servis avant les chambres. Ainsi, chez Accor, plus de 2000 établissements dans le monde sont équipés pour le sans-fil ; mais seulement 25 % des chambres. Deux catégories font exception. D’abord, les unités très haut de gamme, qui offrent des prestations particulièrement sophistiquées dans le high-tech au sens large (écrans plats de grande taille, Internet dans les chambres, connectivité iPod comme au Fouquet’s Barrière, à Paris), mais dont les équipements ne sont pas standardisés. Chaque établissement de luxe ayant sa personnalité. D’autre part, le pôle économique du groupe Louvre Hôtels qui a retenu une toute autre option : le wi-fi partout et gratuit. 173 unités Campanile et presque autant de Kyriad et Première Classe sont ainsi intégralement couvertes. La mise en place suit celle du nouveau dispositif de Property Management System, au rythme de trente par semaine. Un effort considérable, initié en novembre 2006 et qui prend la suite de décisions isolées de franchisés. “Nous voulions éviter le syndrome travailler-dans-le-restaurant”, explique Guillaume Du Poy, directeur marketing et commercial.

L’initiative fait cependant exception. Car la plupart des accès restent payants. En effet, à partir d’une certaine échelle, l’installation d’un réseau sans fil dépasse le cadre du métier hôtelier : choisir l’équipement et le fournisseur d’accès, adapter la prestation pour offrir un débit satisfaisant quel que soit le nombre de clients connectés. “C’est un vrai challenge, il nous fallait un vrai partenariat”, déclare Jean-Louis Dubrule, directeur des partenariats stratégiques d’Accor.

Payant ou gratuit ?

Car si Louvre Hôtels fait appel à une solution intégrée, Accor a choisi de faire appel aux opérateurs téléphoniques : Orange pour la France, l’Angleterre et le Benelux, T-Mobile en Allemagne et Telefonica en Espagne. “Notre pari est de nous associer à des leaders et d ‘avoir accès au meilleur de la technologie, à tout moment”, poursuit Jean-Louis Dubrule.

Avantage : une garantie de l’accès et du débit, quel que soit le nombre de connexions simultanées. Inconvénient : l’accès est payant. “Les tarifs négociés lors de l’accord initial, en 2003, nous mettaient au prix du marché. Depuis le 1er février, nous avons renégocié des tarifs préférentiels.” Il en coûtera 4,5 euros de l’heure ou 9,90 euros par jour pour avoir accès à l’Internet sans fil, que l’on soit résident de l’hôtel ou non. Cependant, vérification faite, ces tarifs sont accessibles à tous, seul le forfait 24 heures est une exclusivité Accor. Mais toutes les chaînes ne mettent pas en place des solutions standardisées dans leurs établissements. Ainsi, chez Starwood, chaque hôtel a la liberté de choisir son offre et sa politique, pour l’Internet, le wifi ou le reste des prestations hightech. Car le wi-fi ne fait pas tout le high-tech. Le téléviseur et les services qu’il véhicule sont aussi un élément différenciant.

L’écran plat plaît

Si personne ne semble se plaindre de la présence de téléviseurs à tube cathodique dans les chambres, l’écran plat fait son effet. Dans la lutte que se livrent les grands groupes pour fidéliser leur clientèle, une image moderne et techniquement sophistiquée est un point fort. Ainsi, Chez Accor, on n’installe plus de téléviseurs à tube depuis 2005. “L’intégralité du parc mondial sera renouvelé d’ici à quatre ans grâce aux services de nos loueurs partenaires, détaille Jean-Louis Dubrule. Sofitel, Novotel, Mercure et Ibis sont les priorités, avec des écrans de 20 à 32 pouces de marque LG et Philips.” Et le nouveau produit que lancera Campanile à partir de mai 2007 intègrera des téléviseurs 32 pouces, une taille plus que confortable. L’offre de loisirs portés par le téléviseur évolue peu. La taille des bouquets satellite et le pay-per-view restent fonction de la classe de l’établissement. Quant à la TNT, elle ne semble pas avoir trouvé sa place.

Pour le reste, à part la multiplication des ports pour cartes-clés qui déclenchent l’électricité, la domotique reste absente des chambres d’hôtels. Quant aux chaînes hi-fi, prêts ou locations d’ordinateurs portables, de GPS, ils sont disponibles au compte-gouttes. La personnalisation ne se fait pas au détriment de la rentabilité. Le wi-fi, outil professionnel indispensable, est donc la priorité des grands groupes.

Hôtellerie et high-tech : le wi-fi d’abord