Hôtellerie : la nouvelle donne

Entre mai et septembre 2011, plus de 2 000 nouvelles chambres ont ouvert à NewYork. Un boom sans précédent – l’offre hôtelière de la ville s’est étoffée de 24 % depuis 2008 – renforcé par des taux d’occupation record.

Les chiffres sont éloquents : en2010, une trentaine de nouveaux hôtels ont vu le jour à NewYork. D’ici2014, autant d’établissements, si ce n’est plus, devraient éclore dans le paysage urbain. Car, malgré la crise, la demande ne cesse de croître. Pour y répondre, la ville a connu en deux ans le plus grand nombre d’ouvertures jamais enregistré. Face à cette nouvelle vague hôtelière, les palaces qui ont paré la ville d’une aura de luxe et de glamour ont pris les devants et rénové tant et plus. Dès 2005, le mythique Plaza a fermé pendant trois longues années pour un “total make over” avant d’être pris en gestion par le groupe canadien Fairmont.

La même année, la prestigieuse chaîne Taj, lancée en1903 à Bombay, a pris la suite de Four Seasons à la direction du Pierre, autre grand seigneur de la place hôtelière new-yorkaise. “Il s’agissait alors du tout premier maillon de la chaîne aux États-Unis, explique Nora Walsch, porte-parole de l’hôtel. L’établissement est depuis devenu membre des Leading Hotels of the World tout en étant crédité de cinq diamants au guide AAA (NDLR : la référence outre-Atlantique). C’est aussi le premier hôtel new-yorkais à avoir reçu la certification Earth Check, pour ses normes écologiques, notamment grâce à l’emploi d’acier recyclé et de bambou”.

Légendes réssucitées

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Après quatre ans de travaux de rafraîchissement, ce célébrissime établissement de la 5e Avenue rouvre en 2009, doté de onze nouvelles“GrandSuites”etde189chambres au style très résidentiel. “Nous avons souhaité conserver l’esprit ‘appartement new-yorkais’, car l’hôtel accueille des résidences privées depuis sa construction en 1930”, poursuit Nora Walsch. C’est pourquoi les couleurs chaudes et un charme d’inspiration classique ont été privilégiés, préservant ainsi un chic très Upper East Side, dont l’expression la plus aboutie es la suite présidentielle. Depuis le 39e et dernier étage de l’hôtel – les 40et 41e sont occupés par un penthouse privé – , elle semble dominer Central Park et le monde entier. On comprend alors pourquoi le “château” de Charles Pierre Casalasco, talentueux homme d’affaires d’Ajaccio, a fait rêver les plus grands, de Coco Chanel à Audrey Hepburn, d’Elizabeth Taylor à Franck Sinatra, de Sophia Loren à Elton John en passant par Christian Louboutin qui, cette année, y a fêté les vingt ans de sa marque d’escarpins à semelle rouge.

Quelques rues plus loin, le Warwick Hotel, autre favori des stars construit en 1926 par un magnat de l’immobilier pour sa maîtresse, l’actrice Marion Davies, subit actuellement d’importantes améliorations, tout en restant opérationnel.“D’icifin2012, 60 % des chambres auront été rénovées. La totalité de l’hôtel aura fait peau neuve en 2014”, explique Kristin Chiu,directrice marketing. C’est donc un style résolument années30quidominedésormais, avec pour thème le “bouton de rose”, surnom de la starlette pour qui l’hôtel avait été bâti.
 
Situé près du quartier des théâtres, l’imposant immeuble de 33 étages fut longtemps la résidence des acteurs d’Hollywood en visite à NewYork. Des noms aussi scintillants que ceux de James Dean ou d’Elvis Presley, dont les photos ornent encore certains murs, y seront donc à jamaisassociés.Parmiles67suites,celleoù résida Cary Grant pendant douze ans est sans doute la plus exquise : les meubles asiatiques d’époque, les objets Art Déco et les lits aux proportions démesurées y sont sans doute pour quelque chose. Tout comme son imposante terrasse.
 
 
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Même quartier, autre légende de l’hôtellerie internationale, le Peninsula, installé dans les murs de l’ancien Gotham Hotel de 1905, a su garder toute sa prestance d’antan, agrémentée d’un rien d’élégance asiatique. Dans le petit bar en mezzanine, principalement destiné à l’“afternoon tea”, on retrouve toute la douceur de vivre qui a fait la réputation du palace originel du groupe de Hong Kong, là où l’aventure commença au début du siècle dernier. Premier Peninsula aux États-Unis, ce “flagship” a misé sur le bien-être, avec un très beau spa sur trois étages. “L’hôtel a été entièrement rénové en 2009,mais de nouvelles modifications seront tout de même apportées à certaines suites en 2012”, explique Rachel Farnahm, porte-parole de l’hôtel.

 

Oeuvres d’art et béton ciré

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Au milieu des nobles bâtiments de pierre, véritables signatures de Midtownet de l’Upper East Side, quelques constructions modernes percent çà et là, comme le Hyatt 48 Lex, à proximité du mythique Waldorf Astoria. Ouvert fin août 2011, ce bel édifice de 23 étages est un boutique hôtel lumineux et intimiste de 116 chambres à l’esprit business, sobre et élégant.“Il s’agit d’un nouveau concept avec des hôtels qui portent un nom distinctif et qui évoquent la ville à travers de multiples références”, explique Lindsey Sears. Ici, toutes les gourmandises du mini bar proviennent donc de producteurs locaux ; les œuvres d’art sont des créations d’artistes new-yorkais et les produits d’accueil sont signé sWarren Tricomi, spécialiste américain des soins capillaires. “Ce concept est en plein développement, et le prochain établissement de ce style devrait bientôt ouvrir à Union Square. D’autres hôtels du groupe, dont un Park Hyatt, sont également attendus en 2012 et2013”, précise Lindsey Sears, responsable des ventes. En effet, l’hôtelier américain sort le grand jeu à New York. Depuis 2009, les ouvertures s’enchaînent ;d’abord avec le Andaz Wall Street puis, en juillet 2010, avec le Andaz 5th Avenue, situé sur la 41e rue, face à la Public Library.

Pourtant, c’est plus au sud de Manhattan que poussent la plupart des nouveautés. Parmi celles-ci, l’hôtel Americano, un établissement boutique de 56 chambres affilié aux Design Hotels, est installé à Chelsea depuis septembre 2011. Sa façade voilée d’une dentelle de métal annonce, dès la rue, une contemporanéité affirmée. Vaste espace structuré par de mini cloisons, le salon-lobby-restaurant joue la carte du béton ciré, du cuir, du bois, du verre dépoli et, surtout, de la luminosité grâce à un mur vitré donnant sur un jardin. Parmi les objets chinés se côtoient un calendrier mécanique français des années 60 et l’agrandissement d’une planche contact de portraits d’Obama étudiant, pris par la photographe Lisa Jack, son amie d’université. Le lieu, véritablement arty, s’est vite intégré dans un quartier traditionnellement peuplé de galeries d’art.
 
Une dizaine de rues plus loin, le Dream Hotel Downtown, un 316 chambres à l’esprit seventies, un brin psychédélique, a également ouvert durant l’été dernier, optant là aussi pour une façade de métal, mais, ici, les fenêtres en forme de hublot évoquent plus la robe Courrèges que la voilette minimaliste. À quelques pas de là, au cœur du Meat packing District, l’hôtel Standard mérite le détour. Même s’il “date” – son ouverture remonte à trois ans… – , l’établissement n’en reste pas moins l’un des plus “hip” du moment. Ses 18 étages architecturés ultra design et les 337 chambres entièrement vitrées offrent des panoramas imprenables sur Miss Liberty.
 
Fort de sa réussite, le Standard vient d’ailleurs de racheter une autre “ancienne” gloire ouvert fin 2008 mais toujours en vue, le Cooper Square Hotel. Situé dans un bâtiment neuf, à la frontière de Soho et de l’East Village, ce 145 chambres au style épuré, dont le mobilier est signé B&B Italy, joue sur le charme d’une maison privée. Ici, pas de “front desk” mais un accueil “flottant”, dans l’esprit des hôtels Andaz. Au21eétage,un penthouse réservé aux événements offre une vue illimitée et inhabituelle – car peu d’hôtels ont opté pour ce quartier – sur tout Manhattan.
 
 

La grande époque Soho

En poursuivant vers le sud, il faut bien sûr saluer celui qui a ouvert la voie, dès1996, à cette nouvelle génération d’hôtels : le Soho Grand. “Situé sur West Broadway, il a été le premier à ouvrir à Soho en plus d’un siècle”, explique Elizabeth Curlee, directrice des relations publiques. Les établissements tendance, plus confidentiels par leur taille que ceux de Midtown, ont depuis tous joué sur une esthétique contemporaine et une technologie dernier cri. “Aussi, face à l’éclosion de nouveaux hôtels, nous nous devions de rester très pointus. C’est pourquoi le Soho Granda subi une rénovation complète de ses dix-sept étages en 2010, sous la baguette de William Sofield, designer chez Tom Ford”, reprend Elizabeth Curlee. Les couleurs fortes, comme le vert anglais des fauteuils du salon, sont adoucies par des tons marron glacé et des beiges chaleureux, tandis que les éléments Arts and Crafts, évoquant la grande époque de Soho, et quelques trouvailles, comme cette lampe de salle d’opération datant du début du XXe siècle placée juste au-dessus du bar, affirment l’élégance racée de ce 353 chambres. Mais la poésie du lieu réside sans doute aussi dans le jardin bio installé sur le toit où poussent 27 variétés de tomates que l’on retrouve au menu du Lobby Lounge.
 
Parmi les nouveaux arrivants à Soho, le Crosby Street Hotel est un 86 chambres d’une originalité rafraîchissante et ludique, à mi-chemin entre le magasin de fleurs et la galerie d’art. Le lobbys’ ouvre sur de grandes sculptures épurées qui côtoient des chaises en bois ornées de têtes de taureaux. L’éclectisme reste étonnamment harmonieux. Parmi les surprises, on trouvera aussi un cinéma de 99 places. Dans la même rue, le vrai petit dernier est le Mondrian, ouvert en février 2011. Résolument branché, au point que certaines hôtesses affichent pleinement leur transsexualité, ce 270chambres joue sur une déco kitschisante, faite de sièges surdimensionnés en velours bleu ciel, de plumes et de miroirs baroques : un ensemble extrêmement amusant.
 
Pourtant, l’événement hôtelier le plus marquant de ces deux dernières années, le plus emblématique aussi, aura sans doute été, en août 2010, l’arrivée du W à Lower Manhattan, le quatrième établissement de la marque dans la ville. Cette fois, ce n’est pas l’originalité voire la provocation que l’on salue –même si, bien sûr, ces caractéristiques sont indéniables – ,mais surtout un emplacement émouvant, plein d’une beauté douce-amère. Car c’est face au mémorial du 11 septembre et au vaste chantier de la Freedom Tower qu’a ouvert ce bâtiment de verre. En pénétrant dans le lobby du 5e étage, on est frappé, surtout de nuit, par la vue fascinante de vides et de pleins, éclairée par des projecteurs. “C’est beau et triste à la fois, mais nous sommes fiers de faire partie du processus de revitalisation du quartier et d’être au cœur d’un projet en pleine évolution”, explique Raven Holzer, porte-parole de l’hôtel. L’immeuble de 58 étages, dont 28 sont dédiés à des appartements de luxe, est entièrement imprégné des thèmes de l’eau et du cycle de la vie. Les installations du “sculpteur de lumières ”Bruce Munro, en forme de gouttelettes dont les couleurs changent en permanence, accueillent le voyageur, tandis que sur le plafond du bar, des lattes lumineuses aux formes courbes évoquent des vagues qui se reflètent sur le sol. “Cette renaissance est le signe que les New-Yorkais veulent aller de l’avant, regarder vers le futur”, conclut Raven Holzer. Un futur plein d’ouvertures…
 
 

Bloc-notes

ANDAZ
5th Avenue 485 5th Avenue at 41st Street • Tél. : +1 212 601 12 34
E-mail : info.5thavenue@andaz.com
Internet : www. andaz5thavenue.com
 
THE PLAZA
Fifth Avenue at Central Park South • Tél. : +1 212 759 30 00
Internet : www.theplaza.com
 
THE PIERRE NEW YORK
2 East 61st Street at Fifth Avenue • Tél. : +1 212 838 80 00
E-mail : thepierre.ny@tajhotels.com
Internet :www.tajhotels.comou www.lhw.com
 
WARWICK NEWYORK HOTEL
65West 54th Street • Tél. :+1 212 247 27 00
E-mail : sales.ny@warwickhotels.com
Internet :www.warwickhotelny.com
 
THE PENINSULA NEW YORK
700 Fifth Avenue at 55th Street • Tél. : +1 212 956 28 88
E-mail : pny@peninsula.com
Internet : www.peninsula.com/New_York/
 
HYATT 48LEX
517 Lexington Avenue • Tél. : +1 212 838 12 34 • Fax : +1 212 888 29 00
Internet : www.48lex.hyatt.com
 
HOTEL AMERICANO
518West 27th Street • Tél. : +1 212 216 00 00
E-mail : info@hotel-americano.com
Internet : www.hotel-americano.com ou www.designhotels.com
 
DREAM DOWTOWN
355 West 16th Street • Tél. : +1 212 229 25 59
Internet : www.dreamdowntown.com
 
THE STANDARD NEW YORK
848Washington Street • Tél. : +1 212 645 46 46
Internet :www.standardhotels.com/new-york-city ou www.designhotels.com
 
THE STANDARD COOPER SQUARE HOTEL
25 Cooper Square • Tél.: +1 212 475 57 00
E-mail : nyinfo@standardhotel.com
Internet : www.thecoopersquarehotel.com
 
SOHO GRAND HOTEL
310 West Broadway • Tél. : +1 212 965 30 00
E-mail : reservations@sohogrand.com
Internet : www.sohogrand.com
 
CROSBY STREET HOTEL
79 Crosby Street • Tél. : +1 212 226 64 00
E-mail : crosby@firmdale.com
Internet : www.firmdale.com ou www.designhotels.com
 
MONDRIAN SOHO
9 Crosby Street • Tél. : +1 212 389 10 00
Internet : www.mondriansoho.com 
 
W NEW YORK DOWTOWN
123Washington Street (entrée sur Albany Street) • Tél. : +1 646 826 86 00
E-mail : saleswnydowntown@whotels.com
Internet : www.starwoodhotels.com/whotels