Commémoration du 11 septembre 2001, une occasion pour IATA de fustiger les politiques dans la gestion du Covid

A l'occasion du 20ème anniversaire de la tragique attaque terroriste du 11 septembre 2001 sur le World Trade Center à New York, l'Association Internationale du Transport aérien IATA revient sur l'impact de cette attaque à la fois sur la sécurité et l'évolution du trafic aérien. L'occasion pour Willie Walsh, Directeur Général de IATA, de rappeler dans un plaidoyer, combien la crise actuelle du transport aérien, lié à la pandémie de covid, est bien plus grave. Et que, cette fois-ci, les politiques des gouvernements y sont pour beaucoup. 
L'attaque sur le World Trade Center le 11 septembre 2001 (Photo: Norwegian Digital learning Arena)

Le 11 septembre 2001 aura été un événement sidérant pour le monde. Tous ceux qui ont vécu l’événement garde en mémoire les images stupéfiantes, surréalistes des avions s’écrasant dans les tours du World Trade Center de New York et de la dévastation qu’il en suivit.

Selon le Directeur Général de IATA, Willie Walsh, alors que l’attention du monde entier est toujours concentrée sur la sortie du Covid-19 et la dévastation qu’il a causée, la commémoration des événements tragiques du 11 septembre reste d’une importance cruciale. Pour soutenir les familles et proches des victimes mais aussi honorer les actes héroïques de ceux qui se sont sacrifiés à l’instar des passagers du vol de United Airlines 093, détourné de sa cible mortelle sur Washington.

Willie Walsh rappelle que, deux décennies plus tard, le transport aérien vit toujours avec les conséquences de ces attaques. Notamment dans un ensemble de mesures de sécurité et de renseignements qui se superpose au transport aérien.

Sécurité transformée

Pour les passagers, le changement le plus visible a été aux points de contrôle de sécurité des aéroports, bien que les changements les plus intrusifs de l’après-11 septembre – retrait des chaussures aux points de contrôle, retrait des ordinateurs portables et des liquides des bagages à main et limites strictes de la liberté de mouvement- sont le résultat de complots terroristes ultérieurs contre l’aviation civile.

D’un point de vue économique, le 11 septembre a dévasté financièrement le secteur. Les compagnies aériennes américaines en ont supporté le poids immédiatement après, mais les contrecoups et l’épidémie de SRAS de 2003, combinés aux nouvelles inquiétudes concernant le terrorisme pendant et après l’invasion de l’Irak par les États-Unis, ont prolongé la crise pour de nombreuses compagnies aériennes. A peine remis autour de 2005, le transport aérien a plongé dans la crise financière mondiale des sub-primes en 2008-09.

Dans son analyse, Willie Walsh compare les dommages causés par le 11 septembre 2001 et la crise financière de 2008 avec ceux générés par la crise du Covid-19. L’impact Covid est de fait infiniment plus grave à ses yeux.

Les fermetures de frontières et les restrictions de voyage imposées par les gouvernements pour tenter de ralentir la propagation de la maladie, ont pratiquement paralysé l’industrie en 2020. Dix-huit mois plus tard, le trafic international ne représente qu’un quart de ses niveaux d’avant la crise.

L’incapacité des gouvernements à avoir des règles unifiées

Il semble que les gouvernements n’ont toujours pas tiré les leçons des crises précédentes, notamment celle du 11 septembre 2001. Une des principales leçons de cette dernière a été de mettre en place des règles de sécurité homogènes. Le modèle a montré son efficacité également grâce à la coopération avec les voyageurs. Notamment parce que les autorités ont considéré qu’une majorité des passagers représentait un risque sécurité faible.

Pour le Directeur Général de IATA, on peut faire un parallèle sur la gestion des crises du 11 septembre et du Covid-19 sur le transport aérien. Une gestion que fustige Willie Walsh pour celle de la pandémie.

Le Directeur Général de IATA attend toujours que se développent à l’échelle mondiale des règles qui exempteraient des voyageurs vaccinés des exigences en matière de tests et de quarantaine. Willie Walsh continue de prôner la mise en place d’un système d’alerte précoce et une ouverture des frontières en fonction de l’évaluation du risque sanitaire.

Par exemple, si le risque de transmission est plus élevé dans le pays A que dans le pays B, il n’y a pas vraiment de raison pour que le pays A interdise aux voyageurs vaccinés du pays B de venir. En filigrane, on comprend que Willie Walsh blâme à mots couverts, les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou encore le Japon…

« Nous devons aussi nous assurer que les mesures contre le Covid-19 ne sont pas en place plus longtemps que nécessaire, » écrit-il dans son plaidoyer.

S’il est nécessaire que gouvernements et transports aériens travaillent ensemble pour évaluer les risques potentiels qui existent par nature dans toute activité, Willie Walsh estime que la manière dont les mesures sanitaires sont imposées à l’aviation civile, sans consultation préalable par des gouvernements, sont une preuve latente que les leçons n’ont toujours pas été tirées au niveau mondial…