Prévisions IATA : retour à une forte croissance dans l’aérien en 2020

Selon l’Association Internationale du Transport Aérien IATA, le secteur devrait fortement se redresser en 2020 avec un bénéfice net pour l’ensemble des transporteurs aériens estimé à 29,3 milliards de dollars.

Airbus S. Ramadier
IATA a publié des prévisions 2020 optimistes pour le secteur aérien

Les compagnies aériennes ont beau se plaindre d’une conjoncture économique médiocre, d’une sur-taxation de leur activité ou de la menace écologiste avec le mouvement « flight shaming« . Il n’empêche : elles alignent les bénéfices depuis une décennie. Avec une prévision de 29,3 milliards de bénéfices en 2020, l’industrie du transport aérien enregistrerait son 11e bénéfice consécutif. Selon les pronostics de IATA, 2020 semble donc déjà se profiler comme un excellent cru pour les compagnies aériennes alors que 2019 aura déçu les attentes des capitaines de l’industrie. L’affaissement de la croissance économique de 2,7% à 2,5% ainsi que le ralentissement des échanges commerciaux ont déprimé la demande et fait chuter la recette/passager de 3%.

L’exercice 2019 aura été aussi affecté par des événements extérieurs. « Les troubles sociaux mais également l’incertitude persistante au sujet du Brexit se sont conjugués pour créer un environnement commercial plus difficile que prévu. Il semble que 2019 restera comme le creux du cycle économique actuel et que les prévisions pour 2020 font montre de plus d’optimisme », commente Alexandre de Juniac, directeur général et CEO de IATA.

Avec une croissance économique plus forte estimée à 2,7% en 2020 et un commerce mondial qui devrait progresser de 3,3%, la marge bénéficiaire nette des compagnies aériennes en 2020, si elle reste plus faible que dans d’autres industries, progresserait cependant de 0,3 point à 3,4%. Le retour sur investissements atteindrait de son côté 6% contre 5,7% en 2019. Quant aux recettes, elles devraient grimper de 4% par rapport à 2019 pour atteindre 872 milliards de dollars en phase avec la croissance du nombre de passagers, également en hausse de 4%, soit 4,72 milliards de voyageurs. Le bénéfice net par passager au départ devrait s’élever à 6,20 dollars contre 5,70 dollars cette année.

Les compagnies aériennes devraient également profiter d’un prix du pétrole en baisse de près de 8% par rapport à 2019. Ce qui permettrait aux compagnies d’économiser six milliards de dollars en achats de carburant, ce qui ne représenteraient plus que 22,1% des dépenses totales. Une meilleure productivité des employés en hausse de 2,9% par rapport à 2019 devrait compenser une recette unitaire passager toujours faible, en baisse de 1,5%, en raison d’une offre plus élevée que la demande.

Demande Passagers et croissance des capacités par région (estimations 2019 / prévisions 2020)

IATA prévoit que les compagnies aériennes en Afrique, au Moyen-Orient et en Amérique Latine auront perdu de l’argent en 2019 mais le marché sud-américain devrait redevenir profitable en 2020. Les compagnies nord-américaines devraient elles continuer à aligner des bénéfices records en 2019, avec 16,9 milliards de dollars. La conjoncture devrait cependant légèrement se dégrader en 2020 avec le retour probable des Boeing 737MAX immobilisés depuis près d’un an et la reprise des livraisons de cet appareil. Ce « come back » devrait donc se traduire par une offre supérieure à la demande selon Alexandre de Juniac.

Les transporteurs européens devraient voir leurs bénéfices grimper de 6,2 milliards en 2019 à 7,9 milliards de dollars en 2020. Cette bonne santé économique se fera alors que les compagnies aériennes du continent ont fortement réduit leur rythme d’expansion, rationalisant leur offre et le nombre de destinations. La disparition de plusieurs transporteurs européens a également contribué à réduire l’offre. Le bénéfice net par passager en Europe devrait atteindre 6,40$ en 2020.

Les compagnies aériennes de la région Asie/Pacifique devraient retrouver de la vigueur avec un bénéfice net prévu de six milliards en 2020, contre 4,9 milliards en 2019. Cette embellie est due au rebond attendu du commerce. Cependant, le bénéfice par passager reste plus faible qu’ailleurs dans le monde, à 3,34$.

Parallèlement, IATA anticipe des pertes pour les transporteurs du Moyen-Orient pour la troisième année consécutive, même si l’association estime que les mesures de rationalisation adoptées en 2018 et 2019 vont se répercuter positivement sur les résultats financiers de ces transporteurs. Les pertes devraient se chiffrer à un milliard en 2020, après avoir atteint 1,5 milliard en 2019. Les compagnies africaines devraient également afficher en 2020 une perte de 200 millions de dollars en raison de la fragmentation de l’offre et de taxes élevées pour l’utilisation des infrastructures dans la région.

Enfin, les compagnies d’Amérique Latine devraient de nouveau afficher des bénéfices, estimes en 2020 à 100 millions de dollars. La croissance économique devrait rebondir a 1,8% contre un médiocre 0,2% en 2019…