« Il y a encore plein de choses à faire ici » Valérie Ward, experte du Qatar

Marketing ou relations publiques, Valérie Ward a successivement travaillé pour l’organisation des Jeux Asiatiques de 2006, pour la Qatar Museums Authority en préparation de l’ouverture du musée d’Art islamique, pour le comité olympique, puis pour la Qatar Financial Center Regulatory Authority.

Valérie Ward

Vous êtes arrivée à Doha en 2005. Qu’est-ce qui a changé depuis ?

Valérie Ward – Quand je suis arrivée ici, c’était une ville assez petite, quoique déjà embouteillée. Elle a vraiment décollé en 2006 avec l’organisation des Jeux asiatiques. Les routes et le souk ont été refaits, des hôtels ont été construits, Katara a été lancé… Les travaux se poursuivent, non seulement pour préparer la coupe du monde 2022, mais aussi pour accomplir le plan Qatar National Vison 2030 qui prévoit 30 milliards de dollars de travaux pour améliorer les infrastructures, mais aussi la santé et l’éducation, notamment celle des femmes. Toutes ces transformations changent considérablement le paysage. La construction de deux nouvelles villes – The Pearl et Lusail, d’une capacité respective de 60 000 et 200 000 habitants – vise à accompagner l’explosion démographique du pays, puisque le Qatar est passé de 744 000 habitants en 2004 à deux millions en 2013. Le quartier d’affaires de West Bay s’est lui aussi considérablement développé. Quand je suis arrivée, il y avait trois tours, il y en a aujourd’hui plus de 200…

Qui trouve-t-on à West Bay ?

V. W. – Un certain nombre de ministères et autorités gouvernementales, beaucoup de sociétés spécialisées dans le gaz ou le pétrole bien sûr, mais aussi dans les énergies renouvelables, l’événementiel, le sport… Il y a beaucoup d’affaires qui se créent. Si vous avez une bonne idée, il y a encore plein de choses à faire ici, même si, pour réaliser votre rêve, vous aurez à faire face à une administration lourde. Et surtout, il vous faudra un partenaire qatari, qui aura 51% des parts et à qui il faudra reverser une partie du chiffre d’affaires.

Comment rencontre-t-on ces partenaires ?

V. W. – Généralement par contact : c’est souvent quelqu’un qui connaît quelqu’un… Maintenant, il y a aussi des business angels comme Entreprise Qatar, qui s’intéresse essentiellement aux projets initiés par des jeunes. Autre porte d’entrée : le Ministry of Business and Trade. Pour les Français, on peut essayer de rencontrer quelqu’un via la mission économique ou le Qatar-French Business Group. Attention au mirage, quand même.
On parle de la croissance à deux chiffres, mais il faut aussi souligner que des entreprises ferment et que l’affaire est plus compliquée quand vous montez votre structure. Et puis, les choses prennent du temps. Il faut être patient, persévérant.

Y a-t-il des choses à connaître concernant la prise de rendez-vous ?

V. W. – Il faut bien se caler sur les temps les plus propices. Par exemple, quand on prend un rendez-vous, il vaut mieux que ce soit le matin, du dimanche au mercredi, parce qu’on est sûr d’avoir quelqu’un, notamment quand on a affaire à des organismes gouvernementaux. Selon l’entreprise ou l’administration pour laquelle on travaille, les horaires peuvent être très différents : 7 h 30-13 h et 16 h-19 h pour certaines et 8 h-17 h pour d’autres. Le jeudi, on finit parfois plus tôt. Il faut également faire attention pendant le ramadan : les gens commencent plus tard le matin et tout s’arrête vers 13-14h. De même, il faut garder en tête que les vacances se prennent généralement pendant les deux Aïd, après le ramadan, et qu’en juillet-août, les expatriés partent, ne serait-ce que pour éviter les grandes chaleurs.