Indonésie : projet de fusion dans l’aérien et le tourisme

Face à la crise traversée par l'industrie des voyages, le gouvernement indonésien a annoncé un projet de fusion des entreprises d'Etat dans l'aérien et le tourisme. Une décision qui concerne notamment Garuda et les aéroports mais qui pourrait avoir des répercussions pour les voyageurs.

Le gouvernement indonésien planche sur un vaste projet de holding intégrant la compagnie nationale, Garuda (oznorTO)

Imaginons qu’en France, le gouvernement décide de rassembler au sein d’une même holding Air France, Aéroports de Paris, la chaîne d’hôtels Campanile ainsi que la SETE qui gère la Tour Eiffel. On crierait alors à l’aberration économique et bien sûr à la constitution d’un monopole.

C’est exactement ce qu’est en train de faire le gouvernement indonésien. En début de semaine, la Présidence de la République a annoncé en effet vouloir fusionner les compagnies aériennes Garuda Indonesia et la low cost Citilink, les entreprises aéroportuaires Angkasa Pura I et Angkasa Pura II et la chaîne hôtelière Natour. Les deux Angkasa Pura gèrent une trentaine d’aéroports dans le pays tandis que Natour a un portefeuille d’une quinzaine d’établissements.

S’ajoutent dans cet « inventaire à la Prévert » le site classé de Borobudur ainsi que le grand magasin Sarinah à Jakarta.

Une holding pour sauver Garuda Indonesia

Le gouvernement prévoit d’injecter 578,5 millions de dollars d’aides financières dans la future holding. Mais pour les observateurs, une telle structure permettrait en fait d’effectuer le sauvetage de la compagnie aérienne nationale Garuda Indonesia. La compagnie nationale indonésienne se trouve en effet dans le rouge. De janvier à juin, elle a subi une perte nette de 723,26 millions de dollars.

Se pose pourtant un véritable problème éthique pour cette nouvelle holding. La fusion par exemple avec les aéroports donnerait un avantage majeur à Garuda Indonesia par rapport à la concurrence. De l’attribution d’espaces dans les aérogares jusqu’à celle des contrats d’assistance en escale ou des créneaux horaires, le transporteur indonésien bénéficierait probablement d’une certaine « bienveillance ».

Pour les passagers, la fusion des compagnies aériennes et des entreprises aéroportuaires pourrait se traduire par des augmentations tarifaires. Cela concernerait les prix des billets ainsi que les redevances et taxes. Une opération sauvetage qui ne semble pas se faire au bénéfice des voyageurs…