Interview : Daniel Karbownik, Directeur régional Accor pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale

Daniel Karbownik, jusqu'ici Directeur général AccorHotels Luxe pour le Sénégal et la Côte d’Ivoire, vient d'être nommé Directeur régional Accor pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale. L'occasion de faire un point sur la stratégie et l'ambition du groupe Accor en Afrique.

Daniel Karbownik
Daniel Karbownik, nouveau Directeur Général Accor pour l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique Centrale

Votre nomination au poste de Directeur régional Accor pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale relève-t-elle juste d’une dimension RH, ou s’agit-il d’une nouvelle organisation d’Accor sur le marché africain ?

Daniel Karbownik – Il s’agit plutôt de « cuisine interne », même si le groupe Accor s’est effectivement réorganisé en Afrique Sub-Saharienne, pour en faire la destination prioritaire de développement pour les années à venir. La création du fonds d’investissement « Kasada », avec Katara Hospitality, nous dote d’une puissance d’investissement de plus de 500 millions de dollars pour l’Afrique Sub-Saharienne, avec comme objectif la construction ou la reprise d’hôtels sous des enseignes Accor. Nous sommes très présents en Afrique du Nord, à la fois au Maroc, mais aussi en Tunisie avec l’acquisition de Mövenpick. Le but étant de nous développer en Afrique de l’Ouest et en Afrique de l’Est. Nous sommes à l’affût de toutes les opportunités de développement.

Vous prenez les commandes d’une zone où Accor est un leader historique. S’agit-il d’une position « confortable », ou est-ce que la pression est au contraire plus prononcée ?

Daniel Karbownik – La pression est plus forte : même si Accor est le leader historique, nous souhaitons le rester. Or l’Afrique est devenue une cible privilégiée pour tous les grands groupes. Sur l’Afrique de l’Ouest, la pression est importante : il s’agit de rester leader, et de travailler sur le développement. Au Ghana par exemple, où nous sommes déjà présents avec un Mövenpick et un Ibis, un Pullman et un Mercure sont en prévision. Et nous sommes à l’écoute de toute opportunité sur place car le Ghana est l’un des pays les plus dynamiques du continent africain. Nous sommes aussi à l’affût d’investisseurs au Cameroun, puisque nous sommes présents à Douala, mais pas sur Yaoundé. Autre exemple : le Bénin, où le Novotel rouvrira ses portes en juillet après une vaste rénovation, mais où nous nous réservons la possibilité d’installer d’autres marques, comme Sofitel ou MGallery. Quant au Sénégal, l’offre hôtelière y est clairement insuffisante. Nous comptons aujourd’hui trois hôtels sur Dakar, un Mövenpick et un Mercure sont prévus, voire un Mama Shelter, mais nous sommes aussi à la recherche d’autres implantations. En outre, non seulement Accor compte rester le leader en Afrique de l’Ouest et en Afrique Centrale, mais nous comptons aussi monter en puissance sur l’Afrique de l’Est.

Vos nouvelles fonctions couvrent l’ensemble des marques Accor : quelles sont les enseignes à surveiller plus particulièrement en Afrique, parmi ce vaste portefeuille ?

Daniel Karbownik – Nous souhaitons notamment développer l’enseigne Pullman, qui marche très bien en Afrique grâce à son positionnement adapté à la fois au voyage d’affaires et au loisirs. Avec Mövenpick, c’est la marque la plus « vendeuse » sur le continent. D’ailleurs, le succès des hôtels Pullman à Abidjan ou à Dakar en atteste. Nous ne sommes pas contre l’idée de développer des marques économiques et midscale, mais nous souhaitons surtout mettre en avant des enseignes premium.

N’est-il pas difficile de gérer la concurrence interne entre les marques du groupe, et d’éviter les doublons entre des hôtels Accor positionnés sur le même segment ?

Daniel Karbownik – Nous avons de la chance : dans le catalogue Accor, l’ADN de chaque marque est bien défini. Sofitel incarne par exemple l’art de vivre à la française, Pullman met l’accent sur ce qui est vibrant, la mode, l’art, Mövenpick a conservé son identité suisse… Il est important de conserver cet ADN, pour ne pas se marcher sur les plates-bandes et pour que la promesse client soit respectée.

Avez-vous l’ambition de devenir le leader de l’hôtellerie sur le continent africain ?

Oui, clairement : le groupe Accor a cette ambition.

Pour ce faire, le groupe Accor pourrait-il renforcer ses positions en Afrique par l’acquisition d’un groupe local, comme Marriott a pu le faire il y a quelques années ?

Daniel Karbownik – C’est une possibilité.

Daniel Karbownik en quelques dates :

  • 1987 : démarre sa carrière dans le tourisme au sein du Club Méditerranée
  • 1999 : ouverture du Club Med World à Paris en tant que Directeur Général
  • 2002 : Directeur Général des différents Club Med à Marrakech
  • 2006-2009 : Président de Club Med Événements
  • Janvier 2010 : rejoint le groupe Accor en tant que Directeur Général du Sofitel Essaouira Mogador Golf & Spa
  • 2013 : Area General Manager Luxury & Upscale Brands Accor pour le Maroc du Sud (Sofitel Agadir Royal Bay, Sofitel Agadir Thalassa Sea & Spa, Sofitel Essaouira Mogador Golf & Spa et MGallery La Médina Essaouira).
  • 2016 : Area General Manager AccorHotels Luxe pour le Sénégal et la Côte d’Ivoire.
  • 2019 : Area General Manager Accor Afrique de l’Ouest et Centrale