Interview : Emmanuel Oswald, Directeur Commercial France, Aeromexico

Directeur Commercial France pour Aeromexico, Emmanuel Oswald, revient sur le passage à neuf vols hebdomadaires entre Paris et Mexico, et fait un point sur les ambitions de la compagnie aérienne.

Aeromexico
Surfant sur une demande en hausse, notamment chez les voyageurs d'affaires, Aeromexico poursuit sa progression sur le marché français

Comment évolue l’offre Aeromexico au départ de Paris ?

Emmanuel Oswald – Notre expansion européenne se poursuit. Pendant l’été, nous avons augmenté nos fréquences à Paris, en ajoutant un deuxième vol quotidien chaque jeudi et vendredi. Ce départ en début d’après-midi s’ajoute au vol “historique” de fin de soirée, pour offrir une alternative aux voyageurs d’affaires. Ce programme de neuf vols hebdomadaire est prolongé pendant l’hiver, mais les jours d’opération de ce deuxième vol quotidien sont décalés aux mercredis et dimanches. L’offre a été pensée pour répondre à la demande des voyageurs d’affaires, qui connaît une très forte croissance. Ce programme étoffé nous permet d’augmenter nos capacités car nos appareils sont bien remplis, d’autant que ces deux vols supplémentaires ne sont pas en partage de codes avec Air France. L’avantage, c’est que ça nous offre davantage de disponibilités.

Emmanuel Oswald
Emmanuel Oswald, Directeur Commercial France, Aeromexico

La demande suit-elle la même évolution ?

E. O. – Effectivement : la demande vers le Mexique est même en très forte hausse. D’après les chiffres BSP, toutes compagnies confondues, l’augmentation a atteint 16% entre janvier et août. Il y a donc une forte dynamique, en particulier pour le voyage d’affaires. Les investissements mexicains en France ont triplé en cinq ans. Il y a bien sûr les secteurs traditionnels, comme l’aéronautique et l’automobile, un domaine dans lequel le Mexique s’impose aujourd’hui comme un carrefour mondial. En plus de ces deux gros secteurs, qui peuvent être sujets à des cycles assez importants, de nouveaux domaines d’activité se développent, notamment l’agroalimentaire qui progresse fortement, à l’image du groupe Lactalis qui a beaucoup investi au Mexique. Cela draine aussi beaucoup de PME, des prestataires de services. Le marché du luxe connaît aussi une belle progression car l’économie est florissante avec une classe moyenne qui s’affirme, à l’image de certains pays asiatiques. Et chaque année, ce sont près de 100 000 nouveaux diplômés qui sortent des grandes écoles mexicaines, ce qui témoigne du dynamisme de l’économie mexicaine. Le Mexique n’est plus seulement un pays de production mais aussi un pays créatif, avec de la valeur ajoutée, de la main d’oeuvre qualifiée.

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Pourriez-vous bientôt densifier encore votre programme de vols entre Paris et Mexico, peut-être jusqu’à deux vols quotidiens ?

Emmanuel Oswald – Nous sommes déjà tournés vers l’été prochain, et nous pourrions proposer jusqu’à 11 vols par semaine. Mais nous devons rester prudents : il s’agit d’augmenter graduellement, d’étudier la réaction du marché. C’est un secteur très concurrentiel, avec des tensions économiques qui affectent tous les acteurs. Pour autant, nous ne comptons pas nous arrêter en si bon chemin.

Les liens tissés par Air France avec d’autres compagnies d’Amérique latine comme Gol et Air Europea n’affectent-ils pas vos relations ?

E. O. – Ce n’est pas un problème de notre point de vue. Cette dynamique se retrouve un peu partout dans le secteur aérien. Mais la logique d’alliance reste forte.

La position stratégique du hub de Mexico n’est donc pas remise en question ?

Emmanuel Oswald – Non, d’autant que notre zone d’influence ne se limite pas au Mexique, nous sommes très présents en Amérique centrale, dans les Caraïbes, au Nord de l’Amérique latine, et bien sûr aux Etats-Unis sur le transfrontalier, où nous avons mis en place la joint-venture avec Delta, qui est notre actionnaire à 49%.