Interview : Eric Bartolomé, Secrétaire d’Etat à l’Economie de la Principauté d’Andorre

La Principauté d'Andorre souhaite relier l'aéroport d'Andorra-La Seu d'Urgell avec la France et l'Espagne. Eric Bartolomé, Secrétaire d'Etat de la Principauté d'Andorre, en explique les raisons.
Eric Bartolomé
Eric Bartolomé, Secrétaire d'Etat à l'Economie de la Principauté d'Andorre (DR)

L’aéroport d’Andorra La Seu d’Urgell est propriété du gouvernement de Catalogne (Generalitat de Catalunya) qui gère les installations et lance les initiatives marketing. En 2015, un accord a été signé entre Andorre et la Catalogne. Il permet à Andorre d’investir et de coopérer avec la Catalogne dans la gestion de la plate-forme qui, pour le moment, n’accueille que des vols à la demande par l’aviation d’affaires ou des vols médicaux. 

En pleine pandémie et avec un trafic aérien en berne, quelles sont les raisons invoquées par Andorre pour développer l’aéroport ?

Eric Bartolomé – Après plusieurs années de tractations, nous avons finalement pu installer l’an passé sur l’aéroport un système de guidage par GPS qui permet d’accueillir des lignes régulières. Ce qui permettra à des avions de type ATR 42 ou 72 [ndlr: avions à hélices] de venir en toute sécurité sur l’aéroport. Cela nous permet enfin de décider d’une stratégie de développement de la plate-forme et des destinations pouvant être desservies.

Un aéroport est-il un atout essentiel pour Andorre ?

Eric Bartolomé – Andorre a un besoin réel de désenclavement. il faut savoir que 99% des arrivées se font par la route, notamment par le Pas de la Case côté France et La Seu d’Urgell côté espagnol. Or il est important que nous puissions relier le pays à l’extérieur. Nous le constatons lorsque nous parlons avec des investisseurs. Certains sont en effet réticents à s’implanter en raison justement de l’absence de lignes aériennes. Pour les entreprises, la voie aérienne reste de fait un atout majeur.

Andorre
« La plate-forme est à trente minutes de la capitale, à peu près à une distance de 25 km, avec une excellente route », explique Eric Bartolomé, Secrétaire d’Etat à l’Economie de la Principauté d’Andorre.

Quelles lignes, et pour quel potentiel de trafic ?

Eric Bartolomé – La priorité est donnée aux deux villes d’où émane la plus forte demande : Madrid et Paris. Ce sont des destinations qui sont à la fois populaires pour les voyageurs de loisirs et ceux d’affaires. Et elles offrent une connectivité globale à notre pays. Cela contribuerait par exemple à populariser des séjours de courte durée pour les visiteurs, notamment durant la saison d’hiver. Nous estimons que l’aéroport pourrait ainsi accueillir un trafic initial de 80 000 à 100 000 passagers par an. On pourrait aussi à moyen terme avoir d’autres lignes régionales en Espagne ou en France, comme par exemple avec Toulouse.

débuter des vols saisonniers d’ici la fin 2021

Où en sont les pourparlers avec les compagnies aériennes ? 

Eric Bartolomé – Nous sommes en contact avec beaucoup de transporteurs nationaux. Il existe également la compagnie privée Air Andorra. Nous sommes optimistes quant à la possibilité de débuter des vols saisonniers d’ici la fin 2021. Avant d’avoir des lignes sur toute l’année.

Est-il facile d’accéder à l’aéroport en territoire catalan ? Travaillez-vous sur une amélioration de l’accès à la plate-forme depuis Andorre-la-Vieille ?

Eric Bartolomé – La plate-forme est à trente minutes de la capitale, à peu près à une distance de 25 km, avec une excellente route. Depuis la frontière, l’aéroport est seulement à une douzaine de kilomètres. Dans le futur, s’il existe une demande importante, nous envisageons de construire un téléphérique. C’est en effet un moyen de transport respectueux de l’environnement et indépendant des conditions météorologiques.