Interview : Fatim-Zahra Biaz, fondatrice du New Work Lab

Fondatrice du New Work Lab, un espace dédié aux start-up, Fatim-Zahra Biaz décrit les opportunités qui s'ouvrent à Casablanca en matière d'entrepreneuriat.

Fatim-Zahra Biaz-new-work-lab

Comment est né New Work Lab que vous avez fondé à Casablanca en 2013 ?

Fatim-Zahra Biaz  Franco-marocaine, j’ai longtemps habité à Paris et j’y fréquentais les espaces de co-working. Lors de mes voyages internationaux, je voyais ce monde des digitalo-nomades se mettre en place dans les années 2010-2011. J’adorais ce mouvement en train de s’installer. Alors que je voulais lancer une entreprise au Maroc, j’ai réalisé qu’il n’y existait aucune plate-forme qui permettait de rassembler les entrepreneurs. Le monde des start-up n’existait pas encore au Maroc et, moi qui avais envie d’entreprendre, j’ai voulu créer pour les entrepreneurs marocains ce que je ne trouvais pas moi-même à Casablanca, mais qui existait ailleurs. J’ai reçu un accueil enthousiaste d’entrepreneurs locaux que je connaissais pas, qui ont adhéré au projet et l’ont aidé à se constituer. Il y avait cette idée dans l’air du temps de créer un lieu pour les start-up. C’était le bon moment.

Quels types d’entrepreneurs ou de créateurs de start-up voyez-vous à New Work Lab ? De quoi ont-ils le plus besoin et que leur apportez-vous ?

F-Z B En cinq ans, on a accueilli 15 000 personnes dans nos locaux pour des événements ou ateliers. Nous avons regroupé 400 entreprises au sein de New Work Lab et en avons « accéléré » une centaine qui sont passées de l’idée à leurs premiers clients. Plutôt qu’un espace de co-working qui est seulement un volet de nos activités, nous nous définissons comme un espace de transit pour tous ceux qui se lancent dans l’entrepreneuriat et viennent chercher une communauté de partenaires. Ils  y trouvent des clients et des opportunités. Nous nous adressons aussi bien aux entreprises marocaines qu’aux entreprises étrangères qui peuvent être accompagnées et conseillées. Pas mal de sociétés françaises passent par New Work Lab, et nous avons aussi beaucoup d’entreprises internationales comme Uber qui est passé par nos locaux. Nous sommes surtout un laboratoire de nouvelles façons de travailler dans un monde qui change à la vitesse des start-up. Nous avons d’ailleurs commencé à travailler avec les grandes entreprises sur les thèmes de l’innovation au Maroc.

Comment voyez-vous l’évolution de la ville en matière d’investissements et du climat d’affaires ?

F-Z B – Casablanca est une terre d’opportunités et ces opportunités, il y en a de plus en plus. En France ou aux Etats-Unis, si vous êtes bon, vous serez juste moyen. Ici, si vous êtes un bon professionnel, si vous inspirez la confiance et parvenez à bâtir une réputation solide, on vous donnera votre chance. Et, du coup, on peut bâtir des choses fantastiques. Les obstacles participent à cette dynamique. Par exemple, pour les entreprises de plate-formes en ligne, la sous-bancarisation représente un défi, de même que la connexion à internet qui n’est pas optimale, ainsi que les délais de livraison. Mais ce sont aussi des opportunités pour les entrepreneurs des secteurs de la logistique ou du mobile banking.