Interview : Guus Bakker, COO EMEA de Frasers Hospitality

A l'aube du lancement de la nouvelle enseigne high-tech Capri by Fraser, Guus Bakker, Directeur des opérations (COO) de Frasers Hospitality pour le marché EMEA, fait un point sur les ambitions du groupe hôtelier et le marché du voyage d'affaires.

Quelle est l’ambition de Frasers avec la nouvelle enseigne Capri ?

 
Guus Baker – Capri by Fraser doit porter un concept très « trendy », à la fois high-tech et convivial, pour attirer notamment les voyageurs d’affaires de la génération numérique. Les premiers hôtels ouvriront en Asie, avec un tout premier établissement Capri à Singapour, dès le mois de septembre prochain. Mais nous souhaitons ensuite lancer le concept à travers le monde et en Europe, a priori plutôt dans des villes secondaires, où les opportunités sont plus réduites pour nos autres enseignes. Nous pensons compter une dizaine d’hôtels environ dans trois ou quatre ans : tout peut aller très vite selon l’accueil réservé aux premiers établissements, mais la logique de Frasers a toujours consisté à construire du solide plutôt que de nous précipiter.
 

Tout va très vite dans le domaine des nouvelles technologies : pensez-vous que le concept de Capri soit assez souple pour suivre le rythme ? Les résidences hôtelières ont-elles des avantages sur l’hôtellerie « classique » dans cette nouvelle offre high-tech ?

 
G. B. – Oui, je le crois, notamment grâce à la flexibilité offerte par ce type d’hébergement. Avec Capri, nous serons capables de faire évoluer l’offre, de suivre les tendances. Peut-être pas au jour le jour, mais mois après mois. Notre modèle prône une technologie conviviale, pour répondre aux attentes des voyageurs.
 

Quels sont les projets du groupe Frasers pour le marché européen ?

 
G. B. – Nous sommes en train de finaliser les négociations pour ouvrir une nouvelle résidence à Francfort, la première résidence Frasers Hospitality en Allemagne, avec 152 appartements en centre-ville. Le groupe a beaucoup investi pour se consolider sur l’Europe, et nous venons d’achever la rénovation de Fraser Place Queens Gate à Londres. Pour la France, nous étudions les possibilités à Paris, mais il y a beaucoup de concurrence, et les tarifs sont très élevés. Paris n’en demeure pas moins un grand « classique », avec une image encore en vogue dans le monde entier, en particulier en Chine, et de belles années devant elle.
 

Comment voyez-vous évoluer le marché de l’hôtellerie et celui du voyage d’affaires ?

 
G. B. – Le marché de l’hôtellerie évolue, les grands groupes hôteliers se mêlent à la bataille, et je pense qu’il y aura nécessairement des fusions, ou au moins des rapprochements. Sur le plan du voyage d’affaires, la logique voudrait que les technologies conduisent à une baisse des déplacements : ce n’est pas le cas. Pour les affaires, le contact humain reste primordial, et – même si ce n’est pas forcément bon pour l’environnement – c’est au moins positif pour le marché du voyage d’affaires. Les entreprises ne reviendront pas en arrière en limitant les déplacements.