Interview : Stephan Kacedan, fondateur et directeur du groupe de tourisme de Cape Town African Eagle

Stephan Kacedan, fondateur et directeur du groupe de tourisme de Cape Town African Eagle, dresse le portrait du tourisme au Cap.

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Quels changements avez-vous constaté dans le type de visiteurs étrangers à Cape Town ? La ville attire-t-elle un nouveau tourisme d’affaires ?

Stephan Kacedan – L’activité touristique est aujourd’hui une des activités phares de la ville. Les touristes restent à Cape Town, car la ville est agréable, le système hôtelier s’est développé. On y vient aussi parce qu’il y a un centre de conférence qui a ouvert à la fin des années 2000. Les « pré-conférences » et les « post-conférences » constituent un important segment du marché touristique : presque deux-tiers, voire trois-quarts des participants restent quelques jours pour visiter. Cela tient aussi au fait que cela a été une destination neuve pendant longtemps et que les organisateurs misaient aussi sur l’attractivité de Cape Town pour y organiser leur événement.

Comment la ville s’est-elle adaptée à cette popularité en termes d’infrastructures ?

S. K. – On a quasiment vu un triplement du nombre de chambres d’hôtels. Ce sont surtout les établissements de quatre ou cinq étoiles qui sont responsables de ce développement. L’hôtellerie d’affaires a explosé ces dernières années. Du point de vue routier, l’infrastructure était déjà solide et bonne avant que le pays ne s’ouvre au tourisme. Il y a eu un vrai coup de pouce en 2010 grâce à la coupe du monde de football qui a permis de désengorger un certain nombre de points dans le trafic de Cape Town. Il y a eu aussi l’arrivée du nouvel aéroport international qui est même en sous capacité par rapport au nombre de visiteurs que la ville peut attirer. Cape Town est aussi la seule ville d’Afrique du sud qui dispose aujourd’hui d’un système de transports en commun efficace.

Quels sont les atouts de Cape Town pour rebondir après la crise du Covid ?

S. K. – L’épidémie a touché Cape Town en premier, en Afrique du Sud, certainement parce que la ville accueille des hommes d’affaires et des gens qui voyagent. Mais, depuis fin juin, la courbe est en train de baisser. La ville étant beaucoup tournée vers le tourisme d’affaires, l’impact économique de la pandémie est encore plus important à Cape Town que dans le reste du pays. Le tourisme représente 10% du PIB national mais l’agriculture, un secteur important en Afrique du Sud, continue son essor et en juillet les exportations sud- africaines ont rebondi. Le rand s’est considérablement affaibli, ce qui ajoute à l’attractivité de la destination. Par ailleurs, c’est un pays très tourné vers la nature : Cape Town est construite autour d’une réserve naturelle, face à un océan touristiquement encore peu exploité. Ce n’est pas une station balnéaire sur laquelle s’entassent les gens, on y vient pour d’autres raisons. La ville correspond bien aux futures attentes des touristes et avec un potentiel encore énorme de découverte de la nature, de la faune et de la flore.