Interview : Michel Simiaut, Directeur France de Jet Airways

Jet Airways et Air France poursuivent leur rapprochement. Michel Simiaut, Directeur France de Jet Airways, revient sur les avancées permises par les récents accords, tout en espérant aller plus loin à travers une harmonisation des produits proposés en vols par les deux compagnies.

Jet Airways
Jet Airways et Air France KLM poursuivent leur rapprochement

« La prochaine étape devrait être une réflexion sur l’harmonisation des produits entre Jet Airways et Air France »

L’annonce d’un partage de codes sur les cinq lignes exploitées par Jet Airways et son partenaire Air France-KLM entre Paris et l’Inde n’est qu’un début à la coopération poussée entre les deux transporteurs, comme l’explique Michel Simiaut, Directeur France de Jet Airways. Le transporteur indien appose désormais son code sur les lignes Paris-Bangalore, Paris-Delhi et Paris-Mumbai (Bombay). Ces vols rejoignent les deux liaisons quotidiennes offertes quotidiennement par Jet Airways depuis CDG vers Mumbai et Chennai (Madras).

Michel Simiaut
Michel Simiaut, Directeur France de Jet Airways

Pour Michel Simiaut, les neuf premiers mois de l’année fiscale 2017/18 se sont traduits par une hausse record du trafic et du chiffre d’affaires : des résultats qui se dynamisent encore suite à l’accord de coopération renforcé avec Air France-KLM en novembre, alors qu’une joint-venture n’est pas encore autorisée par les autorités indiennes. « Notre revenu par passager moyen est en hausse de 12%, notamment avec la récupération d’une nouvelle clientèle corporate et affaires. La clientèle affaires était l’un de nos objectifs principaux », explique Michel Simiaut.

L’une des clés de ces bons résultats repose sur la concentration de tous les vols –domestiques et internationaux – sous un même toit à Bombay, accélérant et simplifiant les transferts.

Le lancement de Madras garantit une véritable couverture du marché indien : un sérieux

atout pour les tour-opérateurs mais aussi pour les hommes d’affaires. « Madras accueille de nombreuses entreprises françaises, notamment les équipementiers automobiles, tandis que Bangalore est orienté sur le high tech. Mais les hommes d’affaires peuvent arriver et repartir d’Inde de l’une ou de l’autre plate-forme », indique Michel Simiaut.

La compagnie est l’une des seules à proposer une totale équivalence à ses passagers sur l’ensemble de ses vols avec ses partenaires. « Un passager peut effectuer un aller sans escale entre Paris et Bangalore sur le vol en code share avec Air France mais choisir son retour sur le vol sans escale que nous offrons sur Amsterdam ou en passant par Mumbai ou encore Abu Dhabi en partenariat avec Etihad », souligne encore le Directeur France.

La démultiplication de l’offre sous l’influence du partenariat avec Air France-KLM offre donc un positionnement privilégié à la compagnie indienne. Selon Michel Simiaut, Jet Airways est désormais le premier transporteur indien sur l’axe France-Inde, une position renforcée par l’immense réseau d’Air France sur l’Europe qui se connecte aux vols de Jet Airways. « On constate une très forte augmentation de la demande premium au départ de Toulouse par exemple et de bonnes performances des marchés lyonnais et marseillais », ajoute Michel Simiaut.

il serait naturel que nous harmonisions nos produits en cabine avec Air France-KLM

Jet Airways et Air France-KLM explorent déjà d’autres possibilités d’expansion ainsi que de nouvelles synergies. « Nous n’avons pas encore vraiment discuté de cette option mais il serait naturel que nous harmonisions à terme nos produits en cabine avec Air France-KLM. Nous offrons ainsi un produit tri-classe avec notamment une First Suite, une affaires (Premier) et une classe économique », explique Michel Simiaut. « De son côté, Air France propose un produit également tri-classes mais qui se répartit entre une classe affaires, une classe Economy Premium et une classe éco. A terme, il faudrait que nous puissions proposer une homogénéité de produits pour éviter la confusion chez le passager », précise-t-il encore, qui estime « on va devoir se mettre rapidement autour d’une table pour trouver une solution ».