Les perspectives pour 2021 selon Noellie Jacquet-Sadourny (Sadourny Law Firm)

Noellie Jacquet-Sadourny est Office manager pour le cabinet d’avocat Sadourny Law Firm, spécialisé en droit international et de l’Union Européenne. Grande voyageuse, elle livre son témoignage sur l'expérience passager pendant la crise, et imagine ce à quoi pourraient ressembler les déplacements aériens en 2021.
Noellie Jacquet Sadourny
Noellie Jacquet-Sadourny, Office manager pour le cabinet d’avocat Sadourny Law Firm

Comment la crise sanitaire a-t-elle impacté vos voyages d’affaires ?

Noellie Jacquet-Sadourny – En temps normal, je me rends une semaine par mois à Dubaï, où est installé notre bureau secondaire, l’antenne principale étant basée à Lyon. Je n’ai rien annulé pendant la crise, d’autant que face au manque de visibilité, je réservais les vols tardivement, une semaine à l’avance. C’était d’ailleurs déjà le cas avant la crise. A part une annulation de vol en dernière minute, nous n’avons pas été gênés à ce niveau là. Cela s’explique par le fait que nous travaillons avec un pays qui est resté ouvert, où les choses sont très bien gérées sur place, dans de bonnes conditions sanitaires. A Dubaï par exemple, ma température était vérifiée six ou sept fois par jour, en arrivant à l’hôtel, au bureau, au restaurant…

Y a-t-il une appréhension par rapport au voyage en avion ?

Noellie Jacquet-Sadourny – J’ai dû effectuer une quarantaine de vols cette année, soit quasiment autant que l’an dernier, que ce soit sur Emirates, Air France, KLM… Et de mon point de vue les conditions sont très favorables : il n’y a aucun problème en avion. Les vols à l’automne étaient relativement vides, avec une distanciation sociale à bord. Une compagnie comme Emirates se distingue vraiment sur le plan sanitaire. Du personnel supplémentaire a été déployé dans les lounges, le nettoyage est renforcé, les équipages à bord portent une sur-blouse et les passagers se voient remettre un kit hygiène avec masques, gants, gels… Il n’y a aucun souci pour voyager avec de telles mesures. Au niveau de l’information des voyageurs, Emirates s’est aussi distinguée : je consulte systématiquement le site de la compagnie pour avoir des informations mises à jour, même quand je dois voyager avec un autre transporteur.

Quel regard portez-vous sur les déclarations de certaines compagnies aériennes, qui évoquent un vaccin obligatoire pour voyager ?

Noellie Jacquet-Sadourny – Pour moi, une compagnie ne peut pas rendre obligatoire un vaccin. Cela relève de l’Etat, comme c’est d’ailleurs le cas dans certains pays d’Afrique, mais pas d’une société privée. Cela ressemble plutôt à un coup de communication de la part de Qantas, car l’Australie et la Nouvelle Zélande sont fermées depuis de longs mois, et c’est un moyen de mettre la pression sur le gouvernement pour pouvoir reprendre les vols au plus vite. Mais de mon point de vue, je suis favorable à tout ce qui pourrait permettre à l’aérien de reprendre assez vite, comme une forme de “passeport Covid”. Il s’agit juste de trouver une solution numérique et suffisamment sécurisée. Mais ça en prend le chemin.

La visioconférence pourrait-elle remplacer vos déplacements, même après la crise ?

Noellie Jacquet-Sadourny – Bien sûr, un outil comme Zoom « dépanne », mais ce n’est pas viable sur le long terme. La visioconférence ne peut pas remplacer des rendez-vous physiques. Nos clients ont besoin de nous voir physiquement. Dans notre domaine nous sommes obligés de nous déplacer, c’est inévitable. Nous avons eu recours à Zoom au printemps, quand les Emirats se sont fermés temporairement et qu’il n’y avait pas d’autres choix. Mais dès que l’occasion s’est à nouveau présentée nous sommes repartis.

j’ai privilégié des séjours un peu plus longs, en réduisant légèrement la fréquence

La crise n’a-t-elle pas changé votre rapport au voyage d’affaires ? N’avez-vous pas envie de moins voyager ?

Noellie Jacquet-Sadourny – Pas du tout ! Je n’attendais que ça : le prochain vol. Je suis passionnée par l’aérien, l’expérience passagers. Ce qui a évolué en revanche, c’est peut être la durée de mes déplacements : j’ai privilégié des séjours un peu plus longs, en réduisant légèrement la fréquence.

Cet épisode inédit peut-il déboucher sur une amélioration du parcours voyageurs sur le long terme, avec le recours aux nouvelles technologies, à la biométrie ?

Noellie Jacquet-Sadourny – J’ai pu voir les innovations déployées en aéroport à Dubaï, ce parcours avec la reconnaissance faciale, le self check-in encouragé. C’est encore en cours de rodage, mais c’est en train de se mettre en place. Globalement, c’est le moment de se moderniser, de tendre si possible vers un parcours digital, biométrique. C’est le moment d’aller de l’avant, de s’adapter, d’autant que ces situations vont peut-être se représenter au cours des prochaines années : il faudra être prêts à rebondir sans trop perdre de temps comme ça a été le cas. On ne peut pas rester en stand by pendant des mois.