Interview : Ramón Aragonés, Directeur général de NH Hotel Group

L’inauguration du NH Collection Mexico City Reforma a été célébrée fin octobre. Ramón Aragonés, Directeur général du groupe, explique aux côtés du Directeur régional Eduardo Bosch l’importance stratégique de cette nouvelle adresse affaires. Propos recueillis à Mexico par Florian Guillemin.
Photo : Florian Guillemin
Ramón Aragonés, Directeur général de NH Hotel Group, et Eduardo Bosch, à la tête de la zone Amérique

Considérez-vous le lancement de NH Collection en Amérique comme l’étape la plus importante dans l’histoire de la marque ?

Ramón Aragonés – Oui, nous avons lancé cette Collection voilà deux ans, et maintenant la marque devient mondiale. C’est très important, notamment parce qu’il s’agit d’une région à très fort potentiel en termes d’hébergement.

D’autres hôtels sont déjà implantés en Amérique Latine : le choix de Mexico City pour célébrer ce lancement n’est donc pas anodin…

Ramón Aragonés – Nous comptons effectivement d’autres établissements Collection dans cette zone, à Bogota par exemple. Nous nous lançons maintenant officiellement au Mexique, une destination de tout premier plan. Nos partenaires locaux sont très intéressés à l’idée de développer d’autres établissements NH Collection, peut-être parce que le profil de cette enseigne correspond aux attentes de la clientèle locale.

Eduardo Bosch – Cette propriété est notre navire amiral au Mexique pour NH Collection. C’est la raison pour laquelle nous avons investi 7,6 millions d’euros dans la rénovation intégrale de l’hôtel.

DR Florian Guillemin
R. Aragones et E. Bosch à l’occasion de l’événement organisé le 19 octobre à Mexico

Quel est le point commun entre tous les hôtels NH Collection ?

Ramón Aragonés – Quand un voyageur d’affaires entre dans un établissement NH Collection, tout est personnalisé selon ses besoins. Nous travaillons là-dessus dès le processus de réservation pour être certains non seulement que nous répondons à ses besoins, mais aussi que nous allons au-delà. Notre portefeuille hôtelier est composé de nombreux établissements, dans de beaux bâtiments, des endroits avec du cachet. Selon la destination, les hôtels NH Collection peuvent être différents. Mais en termes de services, de standards garantis à la clientèle affaires, chacun d’entre eux répond aux exigences de notre clientèle.

Eduardo Bosch – Nous proposons différentes sortes d’hôtels, avec des identités propres. A ses débuts, le groupe NH a configuré tous ses hôtels de la même manière, quelle que soit la destination. Cette uniformité a pu être considérée comme une faiblesse sur le marché, on a pu penser que tous les hôtels NH étaient les mêmes. Ce n’est plus le cas, notamment grâce à cette enseigne Collection, ou avec le positionnement de Nhow, notre marque lifestyle qui intègre toutes les spécificités locales de chaque destination. Cela apporte selon moi une véritable valeur ajoutée au groupe.

Est-il plus facile pour un groupe d’origine espagnole de se développer en Amérique latine, en raison de la proximité entre les deux cultures ?

Ramón Aragonés – Absolument. Il y a beaucoup de similarités. En arrivant ici, je me suis senti chez moi. Nous sommes différents, mais il y a tellement de similarités, au niveau des habitudes, de la culture, de la gastronomie, en plus de la langue, bien évidemment.

Eduardo Bosch – Il est plus facile de cerner les spécificités des attentes avec tous ces points communs. Nous parlons la même langue, non pas forcément parce que l’espagnol nous rapproche, mais parce que nous comprenons les besoins locaux.

Nous voulons nous développer d’une manière intelligente

Ambitionnez-vous de rattraper à court terme les autres groupes hôteliers qui vous devancent la région ?

Ramón Aragonés – Si l’on se concentre sur le marché urbain, ce n’est pas tout à fait exact. D’autres groupes totalisent effectivement plus de chambres que NH Hotels en Amérique latine, grâce à leurs établissements gros porteurs dédiés au marché loisirs. Mais en termes de nombre d’hôtels, nous sommes en première ligne. Et nous allons encore progresser, puisque beaucoup de projets sont en cours de développement.

Eduardo Bosch – Nous ne voulons pas grandir pour grandir. Nous voulons nous développer d’une manière intelligente, qui apporte quelque chose à nos clients et à nos actionnaires.

Où en est le plan stratégique du groupe NH Hotels ?

Ramón Aragonés – Il s’achèvera en 2018, mais nous avons déjà atteint et même dépassé tous les objectifs de ce plan quinquennal, et ce en trois ans.

Photo Florian Guillemin
Le secrétaire d’Etat au tourisme du Mexique et l’ambassadeur espagnol étaient de l’inauguration de l’hôtel NH Mexico Reforma

Comment décririez-vous les relations avec votre actionnaire HNA depuis les tensions qui étaient apparues pendant l’été ?

Ramón Aragonés – Notre priorité est de manager l’entreprise du mieux que possible. Nous le faisons jour après jour.

Eduardo Bosch – L’équipe dirigeante reste concentrée sur le plan qui était déjà défini avant la situation que vous évoquez. Nous sommes focalisés à 100% sur le bon déroulement de ce plan quinquennal.

Mais la possibilité d’une fusion avec les marques des hôtels Carlson changerait changerait la donne…

Ramón Aragonés – Evidemment. Personne ne sait ce qui peut arriver. Nous n’avons pas de boule de cristal. Ce genre de choses arrive chaque année sur ce marché de l’hôtellerie. Je ne suis pas inquiet à ce sujet, simplement parce qu’il est impossible de contrôler ces paramètres. Je ne me torture pas l’esprit avec des choses sur lesquelles je n’ai pas de contrôle.

Nous aimerions avoir beaucoup d’hôtels en France

Où en sont vos projets sur le marché français, notamment à Paris ?

Ramón Aragonés – Nous avons évidemment des ambitions sur le marché français, sur des destinations comme Marseille, où un établissement ouvrira bientôt ses portes. Toulouse va aussi rejoindre prochainement notre catalogue. Ce n’est pas un secret : nous aimerions avoir beaucoup d’hôtels en France. Etant donné le positionnement de nos hôtels, nous avons le sentiment que la France offrirait un cadre particulièrement propice au succès de nos marques, notamment Collection et Nhow. Nous suivons de près les opportunités à Paris, à la fois en centre-ville et dans la zone de l’aéroport. Mais il est assez compliqué de s’y implanter, et les choses n’ont pas changé avec les attentats de l’an dernier. Mais nous suivons de très près les possibilités qui peuvent s’offrir à nous en termes de développement à Paris.

Le contexte particulier de l’après-attentat n’a donc pas altéré vos ambitions parisiennes ?

Ramón Aragonés – Non, d’autant que nous ne regardons pas ce genre de projet sur du court terme. Paris restera Paris, l’une des villes les plus attractives au monde.