Isabelle Arnoux, responsable du département groupes à l’agence Matiti Safaris

Pourquoi cet engouement soudain pour la Namibie ?

Isabelle Arnoux – Je me le demande encore… Peut-être à cause d’émissions de télévision, ou des gens du show business qui viennent relativement nombreux, ou des articles parus dans la presse, des photos, des reportages… Peut-être aussi parce que c’est un pays sans problème et très sûr pour les touristes.

C’est si important que cela ?

I. A. – Oh oui ! En 2007, nous avons enregistré une augmentation de 80 %. C’est une véritable explosion. Du coup, même si on construit beaucoup et même si ce n’est pas l’espace qui manque, il n’y a pas encore assez de lodges. Surtout capables, en nombre de lits, d’accueillir des groupes incentive importants. Du coup, nous sommes parfois contraints de construire des programmes en fonction des disponibilités et non pas pour répondre aux desiderata des clients. Nous avons énormément de demandes, de compétitions face à d’autres destinations… Mais la Namibie reste une destination chère. Et lointaine, aussi.

Quel est votre programme type ? Pour quelle taille de groupes ?

I. A. – Pour nous, le mieux c’est une trentaine de personnes. Nous avons déjà traité des groupes de 70 personnes, mais cela peut poser des problèmes hôteliers s’ils réservent moins de deux ans à l’avance. Nous pouvons alors monter des camps de brousse dans le style Out of Africa qui plaisent beaucoup. Pour ce style de groupe incentive très important, nos programmes tournent souvent autour de Swakopmund – de ses dunes, de la mer et des activités que cela permet : quad, luge des sables, char à voile, pêche, promenade en bateau avec les otaries – et du désert du Namib. Pour les groupes de plus petite taille, nous pouvons proposer des itinéraires plus complets. Selon la taille du groupe, les transferts se font en avion privé de style Cessna ou DC6 ou en véhicules privés de type 4×4 conduits par les participants.

Vous ne proposez rien autour de la culture Himbas ?

I. A. – Cela nous pose un problème moral avec les grands groupes, et nous évitons. Imaginez un grand groupe qui arriverait dans un village coupé du monde, chez ces gens magnifiques, purs, qui vivent à moitié nus… et qui ferait des photos… C’est tout à fait indélicat. Nous préférons limiter ces visites à des groupes de plus petite taille que nous emmenons dans des villages déjà ouverts et qui ont décidé de collaborer avec le tourisme pour profiter des retombées financières. Cela nous paraît plus respectueux de nous diriger vers des villages qui ont décidé eux-mêmes de s’ouvrir au tourisme.