ITA balance entre Air France et Lufthansa

Les uns disent qu'ITA, le nouveau transporteur national italien, pourrait devenir une filiale d'Air France-KLM; d'autres prédisent en revanche un avenir aux couleurs de Lufthansa. Une affaire à suivre autour du potentiel que représente l'Italie des voyages d'affaires...

Depuis une quinzaine de jours, la presse transalpine bruisse de rumeurs sur un futur partenaire pour la compagnie nationale italienne ITA. Cette dernière, née sur les cendres de l’ancienne Alitalia, a pris son envol au mois d’octobre. Mais elle sait d’emblée qu’elle n’a guère de chances de survie seule dans un marché domestique et européen très concurrentiel.

ITA à la recherche de partenaires

La  »nouvelle » Alitalia semble ainsi rechercher une alliance solide. Ce que confirme le président exécutif d’ITA Airways, Alfredo Altavilla : ‘‘Il est nécessaire d’intégrer ITA au sein d’une alliance à conditions égales, contrairement à ce qui existait dans le passé. Il doit s’agir d’une solution industrielle à long terme qui garantisse la croissance et des résultats économiques positifs ».

 » Nous sommes perçus, par ceux qui nous proposent, comme la compagnie aérienne la plus compétitive en termes de coûts de base en Europe à l’heure actuelle, nous sommes flexibles par définition et nous avons une flotte et un réseau dont la taille se prête très facilement à l’intégration au sein d’une plus grande entité. C’est la raison qui nous rend particulièrement attractifs », expliquait-il dans un entretien au quotidien Today Economia.

Un peu plus d’un mois après son baptême, ITA avait déjà choisi de coopérer avec l’alliance Skyteam, comme l’avait fait en son temps Alitalia. Cet accord est seulement valable pour une année. Et il se base surtout sur le joint-venture sur l’Atlantique Nord. Lequel inclut d’ailleurs Virgin Atlantic.

ITA cherche un partenaire et investisseur solide. Et les noms qui circulent sur un potentiel partenaire mentionnent à la fois Air France et Lufthansa. On avait pendant quelques temps parlé de Delta Air Lines mais celle ci a officiellement démenti vouloir entrer au capital de la compagnie italienne.

Air France favorisé par le gouvernement italien?

Selon des informations du quotidien Corriere della Sera, Air France aurait actuellement un léger avantage sur Lufthansa auprès des politiciens italiens. La compagnie française est un partenaire de longue date. Il existe évidemment plus d’affinités culturelles entre Italiens et Français qu’avec les Allemands. De son côté, Air France est particulièrement intéressé par le hub de Milan, avec son potentiel pour le trafic affaires.

Des sources industrielles franco-italiennes ont confié au Corriere della Sera que Paris étudie une manière « créative » d’entrer dans le capital d’Ita Airways. A condition que les négociations avec la nouvelle compagnie italienne se concluent par un accord.

Par ailleurs, il semble que le départ de Pieter Elbers en 2023 lèverait un obstacle de taille. Le Corriere révèle que l’actuel PDG de KLM est très opposé à une montée au capital d’Air France-KLM dans ITA. Comme il l’était en son temps dans Alitalia.

Groupe Lufthansa, partenaire à la solidité affirmée

De son côté, le groupe Lufthansa a déjà indiqué vouloir prendre jusqu’à 40% du capital d’ITA. La compagnie allemande argumente qu’elle offre une solidité inégalée. Interrogée par le Corriere della Sera, un porte-parole indique que Lufthansa est « disponible pour un partenariat avec Ita Airways ». Selon la compagnie, Lufthansa concluerait d’abord une alliance commerciale avant une entrée dans l’actionnariat du transporteur italien dans quelques années. ITA garderait son identité au même titre que le sont aujourd’hui les filiales Austrian Airlines ou Swiss.

La compagnie italienne a confirmé lundi 24 janvier l’intérêt du groupe allemand. Lufthansa, en partenariat avec la compagnie suisse de navigation MSC, proposerait de prendre 40% du capital.

ITA a déjà annoncé sa feuille de route pour attirer les investisseurs potentiels. Selon les dirigeants de la compagnie, le 31 janvier, le conseil d’administration d’ITA devrait approuver la révision du plan industriel. Il comprendra une actualisation des chiffres et des scénarios, notamment en raison du variant Omicron. Début février, ITA pourrait ouvrir une « salle de données virtuelle » aux partenaires potentiels qui leur permettrait d’évaluer le transporteur.

Mais il faudra probablement attendre 2023 pour une décision finale. En effet, il y aura des élections en Italie cette année là. Et un nouveau gouvernement pourrait tout remettre à plat.