En difficulté, Jet Airways maintient pourtant ses vols sur Paris et Amsterdam

Face aux difficultés financières, Jet Airways a immobilisé les deux tiers de ses appareils. Les vols vers Paris, Amsterdam et Londres sont épargnés pour le moment. La compagnie et l'Etat indien sont à la recherche d'investisseurs…

Jet Airways
Jet Airways en grande difficulté financière

La situation est tendue pour Jet Airways, la seconde compagnie indienne, qui flirte depuis quelques mois avec la faillite. De fait, la compagnie perd de l’argent, beaucoup d’argent avec une dette qui atteindrait désormais un milliard de dollars. Du coup, les créanciers commencent à se manifester, notamment les aéroports et les loueurs d’appareils (leasing). Quant aux pilotes, ils menacent de cesser le travail fin mars, n’ayant pas été payés depuis maintenant six semaines.

Une fois de plus, dans cette tourmente, on trouve la compagnie d’Abu Dhabi Etihad, qui est elle-même confrontée à une difficile crise financière en accumulant les pertes depuis trois ans. Etihad a décidé de ne plus effectuer de rallonge financière pour Jet Airways, malgré des promesses antérieures. Le transporteur a même annoncé vouloir finalement vendre sa participation de 24%, après avoir traîné des pieds pendant deux mois sur une possible montée au capital…

L’Etat Indien ne veut pas d’une faillite avant les élections

L’Etat indien est donc monté au créneau pour convaincre les banques de trouver une solution pour la compagnie en rachetant une partie de ses dettes et en les convertissant en actions dans le transporteur. Les banques sont réticentes car elles souhaiteraient le départ du Chairman de Jet Airways, Naresh Goyal, dont elles jugent la gestion catastrophique. Les banques indiennes souhaitent que Goyal vende ses parts dans Jet Airways, ne conservant que 10% et sans droit de gestion. Ce que le Chairman refuse pour le moment. Naresh Goyal possède actuellement 51% des actions…

Déjà à la peine pour trouver un actionnaire privé au transporteur national Air India, l’Etats indien ne peut, à quelques semaines d’élections, voir s’effondrer une compagnie aérienne qui emploie 23 000 personnes… Non seulement le gouvernement fait pression sur les banques indiennes, mais il a également demandé à la low-cost Spicejet de monter au créneau en louant une partie de la flotte de son concurrent.

Jet Airways devrait pourtant poursuivre ses opérations, le Chairman de la Banque Centrale indienne ayant exclu dans les médias la faillite pure et simple de la compagnie.

Pour les passagers affaires français, quels sont actuellement les risques sur Jet Airways ? Il s’agit surtout de problème en termes de réseau. Les vols sur Amsterdam et Paris, où Jet Airways opère en code-share avec Air France-KLM, ne sont pas touchés. Tout comme les quatre fréquences quotidiennes vers Londres Heathrow (trois sur Mumbai et une sur Delhi) ; les appareils long-courrier appartenant de fait à Jet Airways. “Jet Airways est propriétaire de 10 Boeing 777-300ER, l’impact sur les vols européens est donc minimal” indiquait récemment un employé de la compagnie aux media indiens.

Fluctuation sur les réseaux domestique et régional

En revanche, les changements sont plus drastiques sur les réseaux domestique et asiatique, ainsi que sur les services. La compagnie, avec seulement 41 appareils au lieu de 120 l’an passé, ne propose plus que 140 vols quotidiens contre 650 fréquences par jour l’an dernier. Le réseau a donc été réduit de manière drastique. La compagnie a annulé la plupart de ses lignes sur le Moyen-Orient, ne gardant qu’une poignée de vols sur Doha, Dubaï et Koweït. Elle a par exemple suspendu tous ses vols sur Abu Dhabi, pourtant un hub avec Etihad.

Elle a également arrêté ses lignes vers Hong Kong et réduit de trois à une fréquence quotidienne ses vols vers Bangkok et Singapour. La compagnie a aussi suspendu ses vols Bangalore-Singapour. Sur l’Europe, la ligne Mumbai-Manchester a tout simplement disparue.

Sur le réseau domestique, la situation est complexe. Le quotidien indien The Hindu annonçait ce jeudi que la compagnie avait fortement réduit son réseau depuis Delhi vers le reste de l’Inde, sauf les liaisons à destination de Mumbai.

Jeudi, Jet avait annulé 73 départs sur 117 depuis Mumbai. A Delhi, 75 vols sur 106 avaient disparu. A Chennai, la compagnie a annulé 16 vols sur 20 et à Bangalore seuls trois vols sur 29 ont été assurés. Problème : les annulations s’effectuent souvent à moins de 24 heures du départ…

Autre changement important pour les passagers affaires : des conflits de paiement avec les autorités aéroportuaires de Mumbai, Delhi et Hyderabad font que les salons ne sont plus accessibles pour les passagers premium, sauf s’ils décident de payer pour leur utilisation. A bord, les prestations repas ont été supprimées sur les lignes intérieures.

Il faut cependant souligner que Jet Airways assure l’ensemble de ses vols sur Paris ou Amsterdam. D’autant qu’une grande partie des passagers européens se rendant en Inde ont de fait Mumbai, Delhi, Chennai et Bangalore comme destination finale…