La France sur les rangs des grandes infrastructures

Partir à la conquête du marché thaïlandais peut être une entreprise ardue. “Contrairement au Vietnam, qui reste un pays en développement, on a affaire en Thaïlande à un marché quasiment mature, déjà bien saturé en produits de consommation. Mais il existe encore quelques créneaux de niche comme les technologies liées à l’environnement ou les produits bios, par exemple”, décrit Lucas Boudet de la chambre de commerce franco-thaïe.

C’est donc plutôt sur les grands projets d’infrastructures que les entreprises de l’Hexagone conservent toutes leurs chances. 30 milliards d’euros, selon Ubifrance, sont consacrés par le gouvernement thaï à la réalisation de projets logistiques, que ce soit dans le domaine des transports, de l’énergie – avec notamment de nouvelles capacités électriques pour plus de 30 000 mégawatts – et des énergies renouvelables.

À Bangkok, 16,7 milliards d’euros sont ainsi dévolus à l’aménagement des transports publics avec la planification de 136 km de lignes de métro. Certes, le programme traîne depuis une bonne vingtaine d’années dans les cartons des divers gouvernements qui se sont succédés. “Mais la bonne nouvelle, c’est que l’on a commencé la construction de trois lignes, nouvelles ou en cours d’extension ; que les budgets ont été affectés et que le programme avance”, indique Gérald Petit d’Ubifrance.

Le gouvernement a également lancé la modernisation des chemins de fer avec le doublement des voies ferroviaires sur 800 km et l’acquisition de nouvelles locomotives. Alstom a ainsi déjà remporté le contrat de réhabilitation de 56 locomotives diesel. Il existe aussi un projet TGV sur le long terme, mais qui pourrait être accéléré au cas où la Thaïlande serait retenue pour accueillir l’exposition universelle de 2020 à Ayutthaya, à 80 km au nord de Bangkok. On estime que l’événement pourrait attirer 36 millions de visiteurs durant six mois.