Le client roi

Qatar Airways Rivalité ou émulation, les compagnies du Golfe soignent toujours plus leurs passagers business et first. C’est ainsi qu’en 2006, Qatar Airways a ouvert la voie avec le tout premier terminal entièrement consacré à la clientèle premium. Une énorme avancée pour cette compagnie qui, en 1997, ne possédait que quatre avions et qui devrait bientôt faire l’acquisition de son… 110e appareil.

Prestige oblige, malgré l’ouverture d’un nouvel aéroport à Doha programmée pour 2012, Qatar Airways vient d’injecter plus de 500 millions de dollars pour l’expansion de son infrastructure actuelle. Y compris celle de son terminal premium qui lui avait déjà coûté 90 millions de dollars lors de sa construction.

Transit accéléré

Mais, pense-t-on là-bas, ne pas investir coûterait encore plus cher, car dans les pays du Golfe, l’exigence de qualité est telle qu’il est pratiquement impossible de faire l’impasse sur l’innovation. Surtout lorsqu’il s’agit de la compagnie connaissant le plus fort développement au monde, autoproclamée “compagnie cinq étoiles”. Et il semble bien difficile de lui contester son slogan. En particulier lorsque l’on pénètre dans son terminal premium et se laisse guider par un personnel d’accueil attentif et efficace ; de même lorsqu’on traverse l’immense hall de marbre où les comptoirs d’enregistrement “concierge-style” avec leurs imposants sièges en cuir évoquent plus le lobby d’un hôtel que le hall d’un aéroport.

Une fois passée la sécurité, un espace duty free très select, récemment agrandi, fait face à des portes d’embarquement mises en place au ras du tarmac. “Ces portes au niveau des pistes permettent de ne pas perdre une minute et autorisent un transit en un temps vraiment très court”, explique le porte-parole de l’aéroport. Trente minutes entre deux avions ! C’est le record que tient à tenir Qatar Airways qui affrète par ailleurs de véritables bus-limousines pour conduire ses passagers affaires et première à leur avion. Le plus rapidement et le plus élégamment possible.

Mais c’est à l’étage du terminal premium, auquel on accède par des escaliers roulants bordés de cascades, que résident les vraies merveilles. Dans un atrium de marbre agrémenté d’immenses bouquets de fleurs blanches, une salle de réunion – sur le mode first arrived, first served – fait face à un espace jeux vidéo, à un coin réservé aux enfants et à une infirmerie où un médecin officie 24 heures sur 24. À droite, le vaste lounge business de 380 sièges sera bientôt équipé de 250 sièges supplémentaires sans que l’espace en soit réduit, puisque sa superficie sera augmentée. Le but est d’éviter les encombrements du week-end. Et de permettre à tous de déguster tranquillement l’un des trois repas chauds servis chaque jour à côté du buffet dressé dans le fond du salon, non loin de la station Internet, de la pièce fumeur et des salles de bains aux douches plus que spacieuses. Séparé par un simple mur de verre, le lounge first ne verra pas sa superficie déjà impressionnante étendue, mais des nouveautés fort appréciables se sont déjà surajoutées à son excellence, notamment un Martini bar pour lequel certains arômes de vodka Absolut ont été exclusivement conçus.

À côté des salles de massage et du Jacuzzi – des maillots de bains jetables sont mis à disposition en cas d’oubli – cinq chambres doubles sont proposées aux passagers en long transit. Lesquels peuvent dormir du sommeil du juste puisque l’un des 150 employés qui animent cette ruche dorée se chargera de les réveiller à temps.

Emirates

A l’instar de la compagnie qatarie, Emirates la dubaïote poursuit les améliorations de ses infrastructures, et cela malgré la construction du futur aéroport Al-Maktoum. Le tout nouveau terminal 3 ouvert en octobre dernier et dédié à la compagnie nationale, peut désormais accueillir l’Airbus A380 et recevoir 20 millions de passagers supplémentaires par an. Ce terminal a été construit sous l’égide d’ADP, ce qui lui donne quelques faux airs de CDG oriental. Cependant, aux hublots ovales, à l’évidence très roissysants, se mêlent des ogives et des motifs étoilés délicatement arabes. Pas de RER B, évidemment. Mais un monorail dernière génération qui reliera le terminal aux différents quartiers de la ville à partir de septembre. Le million de mètres carrés de l’ensemble est un chiffre suffisamment éloquent pour n’appeler aucun commentaire. Et qui explique aussi pourquoi, même aux heures d’affluence, on ne rencontre ni queues, ni bousculades. D’autant que 250 personnes ont pour tâche de guider les passagers à travers les diverses étapes précédant leur envol.

La plus grande galerie marchande d’aéroport

Pour accéder aux salles d’embarquement, ce ne sont que palmiers, larges panneaux lumineux aux couleurs acidulées et plafonds à miroirs. Ni escalators, ni ascenseurs, mais des travelators ou des skytrains dont l’originalité réside dans la taille, la vitesse et l’absence d’un quelconque bouton à pousser. Sous un toit en douces courbes ajouré d’ogives laissant passer la lumière naturelle, se tient la plus grande galerie marchande d’aéroport du monde. Comme les autres, les passagers premium n’échapperont pas à ses chants de sirènes, mais par la suite, ils se dirigeront vers les lounges business ou first, ou encore vers l’hôtel cinq étoiles dont ils partageront avec les passagers des lounges un spa, l’espace gym ainsi qu’une extravagante piscine avec chute d’eau et lumières arc-en-ciel. Un véritable havre… d’humour. Car à travers son mur de verre, on peut tout aussi bien voir qu’être vu se baignant dans ces eaux multicolores.

Pour leur part, les travailleurs acharnés s’intéresseront plutôt aux vastes salles de réunion. “Le personnel peut obtenir des pass pour les visiteurs extérieurs”, explique Ali Zaigham, porte-parole de l’aéroport. Ainsi, les voyageurs d’affaires en transit ont la possibilité de rencontrer leurs homologues entre deux avions, sans avoir à quitter l’aéroport. Et les 13300 m2 où s’étendent les lounges affaires et première disposent aussi de leurs propres salles de conférences. Dans l’espace First Class Lounge, les salons arabe, asiatique ou indien offrent des espaces privés ; dans le lounge business, un peu plus concerné par le travail que par la détente, on trouve tout ce qu’il faut pour alimenter ordinateurs et téléphones portables, deux business centers et une salle de réunion. Le tout permettant de rester connecté avec le monde, même si l’atmosphère feng shui, basée sur les éléments – l’eau, la terre, le feu et le bois auxquels s’ajoute le cuir –, joue la carte de la sérénité. Bien sûr, prises électriques et wi-fi sont accessibles gratuitement dans tout le terminal.

Etihad

Du côté d’Abou Dhabi, c’est Etihad qui, en mars dernier, créait l’événement en ouvrant le terminal 3. C’est une parfaite réussite, avec une omniprésente atmosphère d’exclusivité. Dès l’arrivée, une section business et first permet aux voyageurs premium de passer la sécurité en toute quiétude et d’arriver directement dans un très élégant espace duty free. Et c’est via un puits de lumière d’une blancheur immaculée qu’ils accèdent ensuite aux 855 m2 des lounges premium.

Travail et détente

Même si les chemins first et business se séparent, il est difficile de qualifier le plus select. D’autant que, exclusivité oblige, l’accès est limité à 200 passagers.

Au Diamond First Class Lounge, le choix du menu à la carte se fait digne d’un grand restaurant et la cuisine ouverte n’altère en rien l’ambiance feutrée où dominent les bruns et les beiges, le bois et le cuir. Salle high-tech avec ordinateurs et jeux vidéo, coin cinéma où l’on choisit ses films, salon télévision, espace relaxation où des lits de repos invitent à la somnolence dans une salle parfumée à la lavande, bar à champagne, salon à cigares, “observatoire” d’où l’on domine les pistes et bibliothèque chargée de livres de design… Enfin, un spa Six Senses, de l’aéroport. Ainsi, les voyageurs d’affaires en transit ont la possibilité de rencontrer leurs homologues entre deux avions, sans avoir à quitter l’aéroport. Et les 13300 m2 où s’étendent les lounges affaires et première disposent aussi de leurs propres salles de conférences. Dans l’espace First Class Lounge, les salons arabe, asiatique ou indien offrent des espaces privés ; dans le lounge business, un peu plus concerné par le travail que par la détente, on trouve tout ce qu’il faut pour alimenter ordinateurs et téléphones portables, deux business centers et une salle de réunion. Le tout permettant de rester connecté avec le monde, même si l’atmosphère feng shui, basée sur les éléments – l’eau, la terre, le feu et le bois auxquels s’ajoute le cuir –, joue la carte de la sérénité. Bien sûr, prises électriques et wi-fi sont accessibles gratuitement dans tout le terminal. sans supplément. Programme similaire au Pearl Business Class Lounge, où l’atmosphère est tout aussi raffinée et où un concierge se charge des petits tracas du voyage ordinaire : bagages, réservation d’une voiture, formalités douanières…

En cas de besoin, le wi-fi est accessible partout tandis qu’une pièce high-tech permet aux voyageurs sans laptop de consulter leurs mails et qu’un business center met à disposition des ordinateurs équipés en Powerpoint et systèmes de vidéoconférence. Les amateurs d’art pourront découvrir les artistes du Golfe exposés dans une minigalerie.

Tout ce raffinement, on s’en doute, fait des envieux parmi les autres compagnies. Et l’aéroport d’Abou Dhabi d’en ajouter encore un peu en annonçant la rénovation des lounges affaires et première du terminal 1. Vraisemblablement, ce petit coup de jeune devrait avoir lieu avant l’événement attendu de l’année : le premier Grand Prix de formule 1 Etihad Airways, sur le circuit de Yas Marina, en novembre 2009.