Le Japon à toute allure

Un nouveau train à grande vitesse devrait voir le jour à l´horizon 2027. Ou comment découvrir le Japon à 500 kilomètres à l´heure.

Lancé en 1964 pour les premiers Jeux Olympiques de Tokyo, le Shinkansen, emblématique train à grande vitesse, a été opéré par la compagnie nationale jusqu’à la fin des années 80. Privatisés en 1987, les Japan Railways sont aujourd’hui répartis en zones géographiques, désormais gérées par six entreprises indépendantes, toutes dénommées JR. Parmi celles-ci, les Central Japan Railways, en charge de la ligne Tokyo/Nagoya/Osaka, vont investir 23 milliards de yens, soit près de 170 millions d’euros, pour la construction d’une nouvelle ligne et d’un train encore plus performant. Objectif : utiliser la technologie de la “super-conductivité” ou “Maglev”, la magnetic levitation inventée aux États-Unis. Le Maglev, que les Japonais nomment déjà le “Linea”, sera un monorail capable d’atteindre des pics effectifs de vitesse à 500 km/h, tandis que le Shinkansen n’atteint “que” 285 km/h. Le premier tronçon, Tokyo/Nagoya, devrait être opérationnel à partir de 2027. Mais pourquoi construire une nouvelle ligne pour desservir les mêmes villes ? “Parce que le parcours ne sera pas le même, mais aussi parce que la ligne du Shinkansen s’arrête 17 fois sur le trajet, notamment à Kyoto qui ne sera pas desservi par le Maglev, et enfin parce que le Maglev mettra 40 minutes, contre 1h40 aujourd’hui, pour se rendre depuis Tokyo à Nagoya, puis seulement 27 minutes, contre 45, pour finalement rejoindre Osaka”, explique Teruyoshi Nagashima, le porte-parole des Central JR. Le Maglev n’effectuera que 10 arrêts au total, dont deux en commun avec ceux du Shinkansen. “Il s’agira d’un mode de transport presque aussi rapide, mais plus écologique que l’avion”, poursuit-il.

En matière de sécurité, on peut aussi imaginer un sans-faute. Comme avec le Shinkansen qui, depuis plus de 50 ans, enregistre une performance de zéro accident mortel et zéro blessé. “Ce sont des records uniques au monde, tout comme ceux de la ponctualité, avec une moyenne de 36 secondes de retard par train”, explique le porte-parole. Depuis 1964, 560 milliards de passagers ont voyagé en Shinkansen. Sans doute le Maglev a-t-il de beaux jours devant lui.