L’esprit des lieux selon Taku Obota

Né en 1980 à Saitama, Taku Obata monte en 1999 une troupe de hip-hop, unityselections. Parallèlement, il mène des études de sculpture à la Tokyo University of the Arts. Gagnant du Tokyo Wonder Wall Grand Prix, il expose désormais du Japon aux états-unis.

« Je vis à l’extérieur de Tokyo, car c’est le seul moyen d’avoir de l’espace et un grand atelier pour travailler. Néanmoins, j’aime l’énergie de cette ville et je m’y rends régulièrement, en particulier à Roppongi, le quartier où se trouve ma galerie, Clear Edition. Elle est située dans une petite rue, dans un lieu un peu confidentiel, mais à trois minutes du très beau musée Mori, consacré à l’art contemporain. J’adore ce musée, et plus encore depuis qu’il a été rénové. Pour y arriver, il faut passer devant la fameuse Araignée de Louise Bourgeois, et depuis peu, devant une sculpture de Jean-Michel Othoniel. Comme le musée Mori est haut perché dans sa tour, c’est un endroit idéal pour donner des rendez-vous. Depuis le café The Sun and the Moon, au 52e étage, la vue est époustouflante. Par temps clair, on peut apercevoir le mont Fuji !

The University Art Museum

Dans le même quartier, il faut aussi faire un saut au 21-21 Design Sight, le musée du design conçu par l’archi tecte Tadao Ando. Sa boutique propose une belle sélection d’objets insolites, idéale pour trouver de jolis cadeaux “made in Japan”. Autre bonne adresse pour les petites choses à rapporter, DO, le gift shop du très créatif hôtel Claska, regorge d’objets de déco raffinés, en céramique, en textile, en papier etc…

Comme j’ai fait mes études à la faculté d’art de Tokyo, il m’arrive souvent d’aller voir des expositions à l’University Art Museum, dont la programmation est originale et de grande qualité. Ce musée, tout comme l’université, se trouve au coeur du parc Ueno. De là, on peut se rendre à pied jusqu’au musée national qui abrite de splendides estampes des XVIIIe et XIXe siècles.

Mori Art Museum

National Museum

Pour des rendez-vous d’affaires, je recommande Mikawa Zezankyo, un restaurant de tempura haut de gamme ouvert en 2010. Il n’y a qu’un comptoir, mais cette ambiance plaira sûrement à ceux qui veulent découvrir la réalité du Japon. En revanche, il est important de réserver à l’avance, car l’adresse est très courue… et il n’y a que neuf couverts. J’aime aussi les petits restaurants de Ginza, comme Taishukappo Sanshuya, vraiment abordable, dont l’ambiance rappelle l’“ère Shôwa” (NDLR: de 1926 à 1989). Je commande toujours un “Kaisen-don”, un donburi aux fruits de mer, mon préféré. L’atmosphère est si particulière qu’on oublie l’effervescence urbaine.

J’aime aussi le restaurant Kôbô, dans le quartier de Shibuya. C’est un lieu atypique, où la cuisine est vraiment délicieuse et où je vais souvent, car je suis ami avec le couple qui le tient. Mais si l’on cherche une atmosphère internationale et une vue imprenable sur Tokyo, direction le rooftop bar du nouvel hôtel Andaz, où l’on sirote des cocktails de saison, inspirés de la culture japonaise, au 52e et dernier étage de la tour Toranomon Hills. »