L’hôtellerie dans de beaux draps

À quoi ressemble le lit du troisième millénaire ? La réponse se trouve dans les chambres d’hôtels des grandes chaînes. C’est du moins la dernière promesse faite en chœur par les mastodontes de l’hôtellerie. Westin, Marriott, Sofitel, Hilton… Retrouver le sommeil du Juste, même loin de chez soi, malgré l’accumulation de stress, de fatigue et de décalage horaire. Selon ces professionnels, qui multiplient les campagnes de communication sur le thème du “bedding”, affirmant du même coup se recentrer sur leur métier de base, le voyageur peut désormais réserver les yeux fermés pour espérer dormir tranquille : un lit aux mensurations de rêve les attend.

Un sommier, grand – compte tenu de la morphologie des jeunes générations – et haut, pour ne pas forcer au lever sur les articulations. Un matelas ferme, épousant les formes du corps, pour ne pas réveiller son voisin ou sa voisine. Une couette en duvet et des oreillers lourds. Haro sur les fibres synthétiques allergènes, les futons trop durs, les couvertures qui peluchent et autres couvre-lits douteux… La priorité est désormais donnée aux matières nobles (linge en percale ou coton égyptien chez Hilton, par exemple), aux couleurs sobres (pur blanc chez Westin), au moelleux (surmatelas de plume chez Sofitel), aux marques de référence (le français Dumas pour oreillers et couettes de Sofitel et Hilton), et à l’hygiène. Pour l’anecdote, les gouvernantes seraient munies de documents de process et suivraient des formations pour préparer les lits ! Plus qu’un challenge, un chantier de taille étalé sur plusieurs années… Se targuant d’être le premier groupe à s’être penché sur la qualité du repos, dès 1999, Starwood aurait investi plus de 57 millions d’euros afin d’installer son Heavenly Bed dans 37000 chambres de Westin. Et d’avouer des débuts drôlissimes : les cadres supérieurs de Starwood ont rempli la salle de bal d’un hôtel avec 35 lits sortis de 50 enseignes hôtelières, soit tous les lits des grandes chaînes, ainsi que ceux de l’hôtellerie de luxe. Leur mission consistait à élaborer le meilleur lit de toute l’industrie hôtelière. Après maints tâtonnements, dont un concours d’oreillers où les patrons de Starwood essayaient un modèle toutes les semaines, le Heavenly Bed était né. Pour un résultat plutôt sophistiqué : pas moins de trois draps, une couette de duvet, un édredon, cinq oreillers…

Confort rime surtout avec luxe

Chez Sofitel, le concept a aussi son petit nom : My Bed. “Matelas et sommier sur mesure, couette légère en duvet, 200 g/m2, avec une répartition garantie par un piquage carreau…” Pratiquement l’ensemble des établissements seront équipés d’ici à la fin de l’année. Nid douillet, certes, mais aussi bonheur pour acariens et autres bestioles ? “Au contraire. Le surmatelas, la couette et les oreillers reçoivent un traitement antitache à base de Teflon, qui limite fortement la pénétration des liquides. Ils sont lavables, à sec ou en machine à 60 °.Tout le linge est bien sûr changé chaque jour”, répond-on chez Sofitel. Quitte à oublier quelques bonnes règles environnementales…

Mais confort rime surtout avec luxe. Le concept n’est d’ailleurs pas proposé à tout le monde. Autant chez Starwood que chez Accor, il est réservé aux clients des enseignes haut de gamme. Et de pousser le luxe jusqu’à leur proposer de s’équiper à la maison, sans toutefois communiquer sur le prix du sujet. Leur évitant ainsi une bonne insomnie