Des loueurs de voitures aux finances chancelantes

Avec une large part de leur activité concentrée dans les aéroports et les gares, les loueurs de voitures ont été logiquement frappés par les effets de la pandémie sur le tourisme, que ce soit l’arrêt des voyages d’affaires et la baisse des vols nationaux et internationaux.

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Les loueurs de voitures traversent une zone de turbulences (DR Hertz)

Déjà en petite forme avant la pandémie, le loueur américain Hertz n’a eu d’autre choix que de placer ses activités sous le régime américain des faillites aux États-Unis et au Canada. Les opérations en Europe, Australie et Nouvelle-Zélande ne sont cependant pas concernées par la restructuration liée à ce placement sous le Chapitre 11. “L’impact du Covid-19 sur la demande de voyages a été soudain et dramatique, entraînant une baisse brutale des revenus de la société et des réservations futures”, a justifié dans un communiqué Hertz qui compte réduire ses coûts en se séparant de 10 000 salariés en Amérique du Nord.
L’ambiance est pesante du côté des loueurs américains. Le groupe Avis Budget, également à court de liquidités, taille dans ses effectifs dans des volumes équivalents à ceux de Hertz, tandis qu’Enterprise a pour sa part sollicité une aide du gouvernement américain.

La situation n’est pas meilleure en Europe, où Europcar a dû se refinancer à hauteur de 300 M€, dont 220 millions garantis par l’État français. Conséquence de part et d’autre de l’Atlantique, les flottes ont été partout réduites face à l’atonie du marché et le peu de visibilité sur la reprise des déplacements.

Protocoles sanitaires renforcés et digitalisation accrue

À destination de la clientèle touristique cet été, puis des voyageurs d’affaires en cette période de rentrée, les loueurs de voitures mettent en avant leurs mesures sanitaires pour faire face à la Covid-19. Ces protocoles concernent aussi bien les agences que le processus de prise en main des véhicules, dûment désinfectés après chaque location. Cette question pointue du nettoyage concerne a fortiori les véhicules et flottes d’entreprise en autopartage. Aidé de spécialistes, chaque loueur a donc pris des engagements sur la propreté et formé son personnel à ces nouveaux protocoles sanitaires.

Cette pandémie a pour autre conséquence de renforcer l’utilisation des nouvelles solutions numériques afin de réduire au minimum les contacts humains : utilisation des applications pour réserver, fourniture de tablettes à disposition des agents sur les parkings des agences, codes pour déverrouiller le véhicule… Suffisant pour rassurer les voyageurs ? C’est l’espoir des loueurs, car les voyageurs pourraient préférer sur de courtes distances la voiture au train ou à l’avion pour des raisons évidentes de distanciation sociale.