Marriott et IHG vont cesser leurs activités en Russie

Les groupes Marriott et IHG ont pris l'un comme l'autre la décision de suspendre l'opération de leurs hôtels en Russie, un pas supplémentaire après avoir gelé en mars leur développement et leurs investissements dans le pays.
Comme Marriott, IHG a annoncé suspendre ses opérations en Russie. Ici, vue d'une chambre de l'InterContinental Moscou Tverskaya.
Comme Marriott, IHG a annoncé suspendre ses opérations en Russie. Ici, vue d'une chambre de l'InterContinental Moscou Tverskaya.

Assiste-t-on à un revirement de jurisprudence des groupes hôteliers concernant leur activité en Russie ? Peu après le début de l’invasion de l’Ukraine, la plupart avait tour à tour annoncé la suspension de leurs futurs développements et de leurs investissements en Russie. Certains comme Hilton, Hyatt, IHG, Marriott et Radisson avaient également décidé de fermer leurs bureaux à Moscou. Pour autant, ni eux, ni Accor n’avaient décidé à l’époque d’y suspendre leurs activités, partant du principe qu’ils y restaient au soutien de leurs équipes et de la population locales.

Mais, alors que le conflit s’enlise et que les mesures prises par les Etats-Unis, l’Union Européenne et le Royaume-Uni se font plus coercitives, cette position évolue. Marriott a été le premier, le 3 juin, à annoncer avoir pris la décision de suspendre toutes ses opérations en Russie, tout en soulignant que ce processus « sur un marché où Marriott opère depuis 25 ans » était « complexe« . Selon le communiqué du groupe américain, l’évolution des sanctions envers la Russie rend impossible de « continuer à exploiter ou à franchiser des hôtels sur le marché russe.« 

Dans la foulée de Marriott, le groupe britannique IHG a pris une mesure identique le 27 juin : « Nous sommes en train de cesser toutes nos activités en Russie, conformément à l’évolution des régimes de sanctions du Royaume-Uni, des États-Unis et de l’Union européenne, et aux défis constants et croissants de l’exploitation dans ce pays. » Le groupe souligne être entré, dès début avril, en pourparlers avec les propriétaires de ses 28 hôtels en Russie « concernant les contrats complexes de gestion et de franchise à long terme en vertu desquels ces hôtels sont exploités« .

Alors que le processus d’arrêt des activités est lancé chez IHG et Marriott, les autres acteurs majeurs de l’hôtellerie mondiale n’ont pas encore été jusqu’à annoncer de telles mesures. Selon l’agence Reuters, Accor a réaffirmé le 22 juin dernier « demeurer en Russie« , un pays où le groupe compte une soixantaine d’hôtels et emploie 4 000 salariés. Le groupe explique également ne pas gagner d’argent de son activité en Russie et qu’il fallait faire « la distinction entre le Kremlin et la population russe« . Pour mémoire, le groupe avait cependant précisé en mars dernier avoir retirer de sa plate-forme de réservation les établissements dont les propriétaires étaient sous le coup de sanctions européennes et américaines.