Maurice Loustau-Lalanne, directeur de l’office de tourisme des Seychelles

«Nous avons pour objectif 350000 visiteurs en 2017. Pour cela, nous allons doubler la capacité hôtelière»

Quelles sont vos ambitions touristiques ?

Maurice Loustau-Lalanne : Nous avons accueilli 159000 touristes l’an dernier, en petite baisse de 1 %, dont 30000 Français. Nous avons pour objectif 350000 visiteurs en 2017. Pour cela, nous allons doubler la capacité hôtelière en la portant à 6000 chambres. Et nous aurons besoin de 24 vols supplémentaires par semaine, opérés par Air Seychelles, mais aussi par d’autres transporteurs, contre 32 aujourd’hui.

Ce développement est-il compatible avec votre positionnement de destination durable ?

M. L. -L. : La difficulté consiste à faire vivre une population en augmentation tout en préservant l’environnement. Car nous n’avons par d’autres ressources que la beauté de nos îles. Tout projet se fait après une étude d’impact environnemental, et les travaux sont rigoureusement contrôlés. Il faut savoir que 50 % du territoire des Seychelles est protégé, nous n’y toucherons pas. Le développement se fera seulement dans une douzaine d’îles, sur un total de 115. Au-delà des îles déjà ouvertes au tourisme, des hôtels verront le jour à Poivre et Félicité, mais aussi Assomption, Astove et Cosmoledo, près d’Aldabra, dont l’accès restera encadré. L’accueil des visiteurs dans ces îles permettra aussi de mieux contrôler le braconnage.

Quel profit tirent les Seychellois de cette manne, quand nombre de projets sont pilotés par des groupes internationaux ?

M. L. -L. : Le tourisme est la première ressource du pays et fait travailler directement 15 % de la population, soit 9000 personnes. Pour que les grands hôtels trouvent du personnel qualifié sur place, nous avons pris la responsabilité de l’Académie du tourisme en 2007. Le nombre d’élèves a été porté de 350 à 700. Nous poussons aussi les Seychellois à développer les chambres d’hôtes. Soixante-douze licences ont été accordées l’an dernier. Plus globalement, la petite hôtellerie, c’est-à-dire de moins de 25 chambres, représente 54 % de notre offre.