Maxime Coffin, directeur du contrôle de la sécurité à la DGAC

Alors que le trafic aérien mondial a doublé en vingt ans, comment a évolué la sécurité et le nombre d’accidents ?

Maxime Coffin : Au fil du temps, l’amélioration de la sécurité aérienne a permis de limiter dans le monde le nombre d’accidents liés à des causes techniques. En se basant sur les chiffres publiés par l’OACI, on constate qu’en lissage sur la période 1997 et 2007, il y a eu 0,5 accident mortel pour un million d’heures de vol. Entre 1987 et 1997, ce score atteignait 1 % pour un million. Il s’élevait à 2,5 % sur la période 1967 à 1977. Bien que le nombre d’accidents se ralentisse, un examen par zones géographiques montre que des secteurs comme l’Amérique du Sud et l’Afrique peuvent présenter des niveaux de performance sensiblement moins bons.

En matière de sécurité aérienne, qu’exige la DGAC des compagnies aériennes ?

M. C. : En tant qu’organisme de contrôle de l’État français, nous exigeons des compagnies françaises qu’elles démontrent leur conformité par rapport aux normes internationales. Qu’elles effectuent des vols réguliers ou non réguliers, ou encore low cost, elles doivent obtenir un certificat de transporteur aérien soumis aux mêmes règles techniques édictées par la DGAC.

Lorsque, pour desservir le territoire national, les compagnies françaises recourent au partage de codes, dit code share, avec des compagnies étrangères, elles doivent nous en informer après avoir vérifié les capacités techniques de ces partenaires.

En cas de sous-affrètement, c’est-à-dire lorsqu’il s’agit de remplacer un appareil par un autre à la dernière minute, elles doivent disposer au préalable d’une liste de compagnies “ponctuellement affrétables” qu’elles auront soumises à une évaluation préalable.

Que fait la DGAC en matière de coopération technique pour aider certains pays à mettre leur sécurité aérienne à niveau ?

M. C. : À ce stade, il convient de conjuguer les modalités de financement à l’assistance. Les moyens financiers proviennent essentiellement de l’OACI, de la Banque mondiale et de l’Europe ou de crédits français pour la coopération. Une fois les fonds réunis, la DGAC fournit de l’expertise par le biais de programmes structurés, notamment en Afrique de l’Ouest. Nous effectuons également des missions plus ponctuelles ; par exemple, récemment, en Inde pour la mise en place d’un centre de formation de navigants.