New York sur Hudson

Si les Hamptons restent la valeur sûre des escapades new-yorkaises, l’Hudson Valley promet des beautés plus sauvages. Plus culturelles, aussi.

NEW YORK SUR HUDSON

L’Hudson River. Un feuve minéral. Tout au loin, le Washington Bridge est le seul pont qui, depuis Manhattan, traverse cette masse d’eau colossale, cette puissance de la nature américaine que peignaient au XIXe siècle les artistes de l’“Hudson River School”. Aujourd’hui, leurs chevalets ont été relégués au placard, mais des galeries et des musées ont surgi un peu partout. En 2003 ouvrait le plus avant-gardiste d’entre tous à Beacon, une petite ville à moins d’une heure et demie de train de la gare Grand Central. Ce musée, le Dia: Beacon, installé dans l’ancienne usine d’emballage des biscuits Nabisco, abrite la collection permanente d’une fondation d’art contemporain qui a vu le jour dans le Chelsea des années 70. Son but : aider les jeunes artistes à se frayer un chemin dans le monde de l’art grâce à des commandes d’envergure. D’où le nom, Dia, mot grec signifant ’par’ ou ’à travers’, pour exprimer l’idée de cette voie vers la reconnaissance d’un travail artistique.

Pourtant, la collection de Beacon rassemble principalement des oeuvres des années 60 et 70, fruits des premières récoltes de la fondation. Et pas de moindres : la célèbre araignée de Louise Bourgeois, les oeuvres monumentales de Michael Heizer, un “earth artist” qui creuse ses créations dans le sol, ou encore les sculptures métalliques de Richard Serra. Ici, le contact avec l’art est direct : pas d’audioguides, pas de cartels, ni de description des oeuvres, mais de jeunes diplômés, des passionnés qui viennent parler aux visiteurs. Tout le concept est décalé : les expositions temporaires ne durent jamais moins d’un an ; le lieu est éclairé à 80 % de lumière naturelle ; le jardin conçu par Robert Irwin, l’artiste qui a signé celui du musée Getty de Los Angeles, est coloré même en hiver.

Musée Dia: Beacon

Pour prolonger la visite, on fâne dans la petite ville. Au XIXe siècle, elle fut la capitale américaine du chapeau. “Dans les années 1980 et 90, les nombreuses usines désaffectées ont fait de Beacon une ville à l’abandon, à la limite du dangereux, mais peu à peu de jeunes artistes newyorkais en quête d’espace sont venus la repeupler”, raconte une habitante.

Depuis, galeries d’art, boutiques chics, cafés où il fait bon s’attarder et cabinets d’architecture y ont feuri. C’est d’ailleurs ici qu’a été fondée la “School of Jellyfsh”, un espace interdisciplinaire favorisant l’avancement des méthodes de constructions durables et des énergies renouvelables. Pour comprendre cette volonté de préserver l’environnement, il suft d’ailleurs de s’imprégner des paysages majestueux et sauvages alentour. Des beautés naturelles à foison, mais aussi de somptueuses demeures, pour la plupart construites au XIXe siècle par de riches industriels. D’où la douceur de vivre qui se dégage ici.

Communion avec la Nature

À Hyde Park, la Culinary Institute of America, saluée par Paul Bocuse comme l’une des meilleures écoles de cuisine au monde, propose quatre restaurants haut de gamme dans un ancien séminaire jésuite. Et les vignobles des environs offrent aussi quelques savoureux buts de promenade. Alors, pour ne pas rentrer tout de suite à New York, on s’installe dans la petite ville de Bedford pour une nuit, ou plusieurs, dans un ancien relais de poste que l’acteur Richard Gere a transformé en hôtel. Au programme, détente, gastronomie et cours de yoga.

Forcément, la présence des forêts et des vallons favorise une certaine communion avec la nature. D’ailleurs, l’un des plus grands instituts de spiritualité de la côte Est, l’Omega Institute, a trouvé sa place dans une bourgade voisine, Rhinebeck, depuis 1977. Les New-Yorkais adorent. Ils viennent y retrouver leur place dans l’univers, s’ofrir une salutaire boufée d’air pure. Et repartir, revigorés, à l’assaut du bitume.

S’Y RENDRE > METRO-NORTH RAILROAD. Situé sur la ligne Grand Central/Poughkeepsie, Beacon est desservi toutes les heures pour la Metro-North. Le voyage, le long de l’Hudson, est un plaisir d’une heure et vingt minutes. Internet : www.mta.info