Solutions de paiement - La course à l’innovation

Rencontre avec Angelo Caci, directeur général du cabinet de conseil Syrtals Cards & Beyond

Directeur général du cabinet de conseil Syrtals Cards & Beyond, Angelo Caci observe les forces, mais aussi les faiblesses des acteurs historiques du paiement corporate face à l'essor des start-up fintech.

Angelo Caci

On ne supporte plus les ‘lourdeurs’ dans le monde professionnel

Face à l’apparition des néobanques, la position des acteurs historiques du paiement voyage est-elle toujours aussi solide ?

Angelo Caci – Les grandes banques européennes et américaines ont de belles années devant elles vis-à-vis des grands comptes grâce à leur dimension mondiale, argument qui joue aussi en faveur d’American Express ou d’AirPlus. Pour une multinationale, avoir un prestataire qui les accompagne partout est un avantage. En France, les banques restent de loin les premiers émetteurs de cartes B2B. Pour une entreprise qui a une relation d’affaires classique avec son banquier, il est naturel de lui demander de l’équiper avec une carte corporate.

Ces acteurs historiques doivent-ils cependant rester vigilants ?

A. C. – Si les grandes entreprises ont tendance à privilégier un prestataire d’envergure, elles ont aussi envie qu’il modernise son offre. D’une manière générale, on ne supporte plus d’avoir dans le monde professionnel des ‘lourdeurs’ qui n’existent plus dans le cadre personnel. Avoir des process fluides, une gestion souple, une appli intuitive, cela devient la norme. Si les grands acteurs ne font pas leur travail de modernisation et de digitalisation, leurs clients grands comptes vont se lasser un jour ou l’autre. Et ils pourraient alors être séduits par tous ces fournisseurs qui n’étaient pas initialement dans leur radar, car ciblant plutôt les PME, mais qui auront gravi des échelons pendant ce temps. L’attente n’est donc plus de mise et il importe, pour tous ces acteurs, d’être innovants, déterminés et proactifs.

Sur le marché des PME, les fintechs ont-elles de beaux jours devant elles ?

A. C. – C’est un gisement de clientèle significatif. À côté des groupes du CAC 40, il y a des entreprises par centaines de milliers dont les attentes ne sont pas toujours bien adressées par les banques. D’où un appel d’air important pour ces nouveaux intervenants. Si les banques ont fait des progrès en s’engageant dans un processus de modernisation, ces start-up, parties d’une page blanche, sont agiles et mettent de nouvelles offres sur le marché beaucoup plus rapidement, à l’instar d’un Mooncard, d’un Qonto ou d’un Spendesk.

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