Parcs d’attractions : grande évasion pour incentive de proximité

Le marché français des parcs de loisirs se porte plutôt bien : 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 50 millions de visiteurs par an et près de 22000 salariés. En 2008, il a même vu le nombre d’entrées augmenter de 7 %. “2009 s’annonce également sous de bons auspices”, déclare Sophie Huberson, secrétaire générale du Snelac, syndicat national des espaces de loisirs, animaliers et culturels. Ce syndicat compte 160 adhérents, représentant 98 % de la profession, répartis en cinq catégories : parcs d’attractions du type fêtes foraines, centres aquatiques, animaliers, ludo-éducatifs, auxquels s’ajoutent certains sites culturels.Quelquesuns sont de véritables resorts proposant en un même lieu aussi bien des activités de loisir que des restaurants, des hôtels, et même des salles de réunion.  

Business à Disneyland

Ce concept séduit les entreprises, notamment en période de crise où elles privilégient les destinations moins lointaines pour organiser des séminaires ou récompenser leurs collaborateurs.

L’exemple le plus évident est celui de Disneyland Resort Paris qui réalise à lui seul près de 73 % du chiffre d’affaires des 70 premiers parcs de loisirs français. “En 2008, nous avons réalisé 1,3 milliard de chiffre d’affaires et accueilli 15,3 millions de visiteurs, soit 3 millions de plus qu’en 2006”, dit Eloi Courcoux, directeur de Disneyland Business Solutions. Parmi ces visiteurs, la clientèle affaires représente 1 010 nuitées à l’année et près de 1000 événements réunissant en moyenne 250 participants. Partie infime si on la rapporte aux entrées des particuliers, mais qui n’empêche pas le parc de s’afficher non seulement comme première destination touristique européenne, mais aussi comme leader européen en matière de tourisme d’affaires intégré. Il est vrai qu’il réunit tous les éléments recherchés par les entreprises pour réussir une opération : unité de lieu, originalité, bonne desserte routière, aérienne et ferroviaire, et surtout des équipements professionnels très performants.

Mais Disneyland Resort Paris, c’est aussi un département affaires employant 230 personnes, des challenges livrés clés en main, deux centres de congrès, 23500 m2 d’espaces professionnels, trois structures événementielles, 95 salles de réunion, 8200 chambres d’hôtels réparties dans 14 établissements, deux parcs à thème privatisables pouvant accueillir jusqu’à 25000 personnes. “Notre objectif est de devenir un acteur clé sur ce marché du tourisme d’affaires”, indique Eloi Courcoux. Parallèlement aux nouveautés proposées chaque année, Disneyland Business Solutions planche sérieusement sur le projet d’un centre de congrès indépendant.

Même ambition pour son alter ego allemand, Europa- Park, situé à cinq kilomètres sur la rive droite du Rhin, à Rust, en Allemagne. Ce mastodonte francophone (50 % des employés sont français) qui a choisi l’Europe pour thème, a été classé par le magazine américain Forbes Traveler au top 15 des parcs de loisirs mondiaux avec plus de 4 millions de visiteurs en 2008. “Nous sommes le premier parc de loisirs saisonnier mondial”, précise Séverine Delaunay, directrice marketing France. Résultats également satisfaisants du côté de la clientèle française d’affaires puisqu’elle a augmenté de 16 % en 2008 et totalise plus de 1 000 manifestations. Tout comme Disneyland Resort Paris, Europa-Park se présente comme un véritable resort avec plus de 100 spectacles et attractions dont la dernière en date est un immense grand huit propulsant les plus téméraires de 0 à 100 km/h en 2,5 secondes… Ce sont aussi 13 quartiers thématiques, 24 salles de réunion d’une capacité de 10 à 2000 places, 5000 lits répartis dans quatre hôtels et un village de tipis, 46 restaurants et près de 170 artistes internationaux.

Soirée de gala chez Asterix

Dans le même ordre d’idée et toujours dans la catégorie parc de loisirs, à 30 kilomètres de Paris, le parc Astérix qui fête ses 20 ans cette année, est également équipé pour recevoir les groupes incentive, comme le rappelle Rodolphe Lauron, responsable des coordinations d’événements. “Journées d’étude, soirées de gala, conventions, séminaires résidentiels, team building, privatisation jusqu’à 3 000 personnes, prestations sur mesure… Nous disposons d’espaces aménageables susceptibles de répondre à toutes les demandes.” Parmi ces équipements, il y a, bien sûr, le Capitole, un nouvel espace modulable pouvant accueillir 2 000 personnes. Cette infrastructure s’ajoute à deux amphithéâtres de 308 et 600 places, trois salles de réunion d’une capacité totale de 70 personnes, un hôtel de 100 chambres et quatre lieux atypiques de 450 à 2000 places installés au coeur du parc.

Cocktail avec les requins

Mais l’accueil des groupes affaires n’est pas seulement l’apanage des parcs de loisirs. Les parcs animaliers s’intéressent aussi à ce marché. C’est le cas de Nausicaà, le centre national de la mer, à Boulogne-sur-Mer. Depuis sa création, en 1991, les dirigeants du parc ont souhaité le positionner comme lieu privilégié pour tout ce qui concerne l’événementiel. Entièrement ou en partie privatisable, ce complexe européen dédié à l’univers marin, reçoit des groupes allant de 20 à 1 500 participants. Par exemple, à l’occasion d’un cocktail de 450 à 2000 personnes donné en compagnie des requins, pour un dîner dressé au bord du lagon corallien ou encore une simple visite privée.

“Nous mettons à la disposition des entreprises un plateau télévisé interactif d’une capacité de 180 personnes ainsi qu’un amphithéâtre de 128 places”, indique Chantal Freté, directrice commerciale et marketing. Ainsi,Nausicaà, dont une extension est prévue pour 2013, accueille chaque année une trentaine de manifestations de tourisme d’affaires.

Orienté lui aussi vers la protection de la faune, le parc zoologique du Cerza Safari Lodges, à Lisieux, dans le Calvados, a mis en place diverses animations à destination des agences incentive : jeux de piste dans le parc, soirées Out of Africa…“Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à nous solliciter pour organiser un événement”, remarque Guillaume Lemarinel, directeur d’exploitation. Le fait de pouvoir loger sur place, dans des lodges à l’africaine ou sous des yourtes mongoles au milieu de walibis et de petites antilopes ; le fait aussi de se réunir et de prendre un repas face à l’enclos des rhinocéros ou encore d’accompagner, par petits groupes de dix personnes, les rangers lorsqu’ils soignent les animaux, remportent un franc succès. Tout comme la vocation écoresponsable du parc dont la mission première est la reproduction et l’élevage d’animaux en voie de disparition.

Les parcs à caractère scientifique jouent aussi la carte du tourisme d’affaires.Ouvert en 1987, le Futuroscope, à Poitiers, reçoit près de 250 manifestations par an, réunissant de 10 à 1200 personnes. Le site renouvelle chaque année ses animations. Écrans géants ou hémisphériques, effets 3D, simulateurs… Plus de 25 expériences, personnelles et collectives, réparties sur 60 hectares, attendent les visiteurs. Après Danse avec les Robots, attraction-spectacle signée Kamel Ouali, en décembre 2009, le parc présentera Arthur et les Minimoys, une animation en 4D, c’est-à-dire en 3D complétée par des effets spéciaux dans la salle, inspirée du film de Luc Besson.

“Le Futuroscope c’est tout un ensemble : un parc d ‘attractions, un centre de congrès de 1200 places ; et aussi trois restaurants, un lac, 274 chambres et suites, une technopole…”, souligne Isabelle Cadas, responsable du développement commercial du département congrès-événements.C’est enfin une équipe de 15 personnes dédiée à cette clientèle et répondant à ses demandes : privatisation des attractions, organisation de challenges, soirées thématiques…

Chez Vulcania, au coeur des volcans d’Auvergne, l’autre grand parc à vocation scientifique, les groupes sont invités à découvrir l’histoire du volcanisme, les sciences de la Terre et les forces de la nature. Ouvert de mars à fin novembre, Vulcania a reçu, en 2008, 300000 visiteurs, atteignant ainsi l’objectif qu’il s’était fixé pour 2010. Selon François Heid, directeur commercial, “ce succès s’explique par le renouvellement des animations et par l’environnement du parc : un espace naturel protégé, en plein dans la mouvance du développement durable”. Côté événementiel, en deux ans, Vulcania a enregistré une augmentation de plus de 80 % de ses soirées, ce qui représente un chiffre d’affaires de 500000 euros. Résultats provenant essentiellement d’événements privés, principalement de 100 à 800 personnes.

La mise en place de “séminaires Nature” et d’activités événementielles en cohérence avec sa vocation contribuent à son succès auprès des entreprises. Ainsi, les groupes de 10 à 1000 personnes vivent l’expérience de l’Univers à travers des journées thématiques. Parmi elles, “l’aventure de la Terre”, basée sur la gestion d’une crise volcanique, une marche nordique se pratiquant avec deux bâtons, à la découverte des volcans d’Auvergne, ou encore une chasse au trésor à travers les attractions du parc.

À Toulouse, la Cité de l’Espace invite les entreprises à découvrir la planète selon une autre approche ; celle de l’aventure spatiale. “Nous adaptons nos produits professionnels à la thématique de l’année, dit Guadalupe Ramirez, responsable du département affaires. Cet été, à l’occasion du 40e anniversaire du premier pas de l’homme sur la lune, c’est la dimension conquête qui sera mise en avant à travers diverses animations dont un film en 3D.” La Cité de L’Espace, qui accueille près de 230 événements par an, se prête à des manifestations pouvant réunir jusqu’à 1300 participants. C’est, par exemple, le temps d’un cocktail, l’ouverture de la voûte planétaire à la date de la manifestation avec des explications fournies par un scientifique ou un dîner sous la station Mir suspendue au-dessus des visiteurs…

Même principe, mais à 20000 lieues sous la mer, précisément à la Cité de la Mer, à Cherbourg, qui a depuis peu orienté ses actions en direction de la clientèle affaires. “En 2008, nous avons ouvert un auditorium de 350 places. Ce qui nous permet de répondre aux demandes en matière de réunions ou de congrès”, explique Pascale Chapron, responsable logistique, événements et réceptifs. Sur les 4 millions d’euros de chiffre d’affaires global, ce marché en représente 10 %. Mais depuis l’ouverture de l’auditorium, le parc enregistre une augmentation croissante des demandes professionnelles. Il est vrai que le site, aménagé autour de l’ancienne gare maritime transatlantique, est magnifique, avec ses bâtiments Art déco, son ancien hall des trains entièrement réhabilité… Sans oublier ses aquariums ni le Redoutable, le plus grand sous-marin nucléaire visitable au monde dans lequel on peut organiser des dîners d’une trentaine de personnes.

Team building au Puy Du Fou

Enfin, au Puy du Fou, le quatrième parc thématique français, les entreprises revivent l’Histoire, de l’époque romaine à nos jours, notamment à travers des spectacles vivants pouvant être adaptés sur mesure. Chaque année, près de 200 sociétés sont accueillies par une équipe dédiée. De la petite réunion de dix personnes au congrès de 3000 participants, en passant par les opérations incentive, le Puy du Fou peut se charger de tout. “La découverte de l’envers du décor, des animations, des coulisses en quelque sorte, plaît énormément”, souligne David Nouaille, directeur marketing et communication.

Le Puy du Fou a mis en place plusieurs ateliers comme la visite de la fauconnerie ou la rencontre avec un cavalier expliquant toutes les étapes du dressage des chevaux. Parallèlement, le parc développe sa capacité d’hébergement.Après la transformation en 2009 d’une maison du XVIIIe siècle en hôtel d’exception, le Logis de Lescure, offrant quatre suites en duplex, le Puy du Fou compte ouvrir, en 2010, un hôtel bâti sur l’eau de 100 chambres : Les îles de Clovis. Les chambres auront-elles des vases tournés à Soissons posés sur les commodes ?