Paris en mal de salons et congrès en 2020 et 2021

Avec 470 salons "physiques" annulés entre mars 2020 et décembre 2021, les salons et congrès franciliens ont subi de plein fouet les conséquences de la pandémie, selon une étude de la CCIP.
De nombreux salons prévus à Paris l'an dernier ou cette année ont été annulés ou digitalisés.
De nombreux salons prévus à Paris l'an dernier ou cette année ont été annulés ou digitalisés.

Activité quasi à l’arrêt de mars à décembre 2020, halls désespérément vides au premier semestre 2021 : la Chambre de Commerce et de l’Industrie Paris Ile-de-France (CCIP) dresse un constat amer des mois écoulés pour le marché des salons et congrès. Pour ceux qui en douteraient encore, sans doute extrêmement rares, la CCIP confirme, chiffres à l’appui, que la filière événementielle a été et est toujours l’un des secteurs les plus touchés par les conséquences de la pandémie.

En 2020, l’activité salon s’est limitée essentiellement aux deux premiers mois de l’année, hormis un très timide redémarrage au début de l’automne vite douché par la reprise de la pandémie. Au final, 318 salons ont été annulés ou « digitalisés » et seuls 128 ont pu se tenir physiquement dans les 21 principaux sites franciliens en 2020, contre 434 en 2019 et 446 en 2018 pour prendre une année comparable en tenant compte de la saisonnalité biennale de nombreux salons. Soit une baisse de 71 % qui se traduit par un nombre de visiteurs en chute libre – 1,8 million en 2020, contre 9,3 millions en 2018 – et des retombées économiques pour le territoire francilien à l’avenant, de l’ordre de 1 milliard d’euros contre plus de 5 deux ans auparavant.

Le nombre d’entreprises exposantes – 30 300, dont 8 800 étrangères, contre 108 200 en 2018 – a lui aussi atteint un plus bas historique avec, pour corollaire, un chiffre d’affaires généré grâce aux salons bien moindre qu’à l’accoutumée, d’un peu moins de 6 milliards d’euros contre plus de 22,5 milliards, pour reprendre l’exemple de 2018. Soit autant 16,8 milliards de ventes non réalisées.

Pour autant, face à l’impossibilité de se réunir physiquement, les acteurs du secteur ont naturellement basculé vers le digital. Selon l’Office du Tourisme et des Congrès de Paris (OTCP), en comptant les événements accueillis dans les principaux sites de congrès franciliens, mais aussi dans 179 autres sites – hôtels, salles de réunions, lieux événementiels -, 370 congrès se sont tenus en 100 % digital ou sous un format hybride. En tenant compte de tout cela, l’OTCP estime à 215 000 le nombre de congressistes ayant physiquement assisté à un événement organisé dans la capitale, qu’il ait été en présentiel ou en format hybride, soit une baisse de 76,7 % comparée à 2019.

Même cause, mêmes effets, l’année 2020 a été tout aussi catastrophique pour les événements d’entreprise prévus dans les 21 principaux sites d’exposition franciliens, 60 % d’entre eux n’ayant pu se tenir en présentiel. D’où une diminution de la fréquentation et de la surface louée de plus ou moins 80 %.

Le premier semestre 2021 ayant été de facto rayé des annales du fait de l’interdiction des manifestations dans les principaux lieux MICE de la capitale, 154 salons ont été annulés et les retombées économiques perdues par la région Ile-de-France s’élèvent déjà à près de 2 milliards d’euros. « Le coût économique de la crise sanitaire, déjà important en 2020 pour le média salon, continue de grimper en 2021. Plus de 470 salons en version « physique » ont été ou vont être annulés entre mars 2020 et décembre 2021 en Île-de-France« , remarque Didier Kling, président de la CCI Paris Ile-deFrance en préambule de l’étude.

Les professionnels comptent maintenant sur la fin de l’année pour retrouver autant que faire se peut des résultats acceptables. Avec une réouverture permise le 9 juin, six salons ont eu pu avoir lieu avant l’été, lors de la seconde quinzaine de juin, notamment l’emblématique Vivatech à Paris Expo Porte de Versailles. La rentrée s’accompagne du retour de plusieurs événements porteurs comme Maison&Objet à Villepinte, le salon de la mode féminine Who’s Next à la porte de Versailles et celui des véhicules de loisirs au Bourget, en attendant l’IFTM Top Resa en octobre. Selon une étude du Leads mise en avant par Viparis, 75 % des entreprises exposantes ont l’intention de participer à un salon « physique » au second semestre. De bon augure pour le futur ?