Passeport africain : Sabre parie sur l’essor de l’aérien

La mise en place d'un passeport africain facilitant les déplacements au sein du continent devrait fortement développer le secteur aérien selon une étude publiée par Sabre.
L'Assemblée de l'Union Africaine

Le passeport africain est entré en circulation en juillet dernier, et doit faciliter les déplacements professionnels ou privés entrer les différents pays du continent, sans visa. Tous les pays concernés n’ont pas souscrit à la démarche, loin s’en faut – une quinzaine d’entre eux autorise l’accès sans visa aux ressortissants du continent – mais les choses devraient évoluer. Cet effort d’ouverture initié par l’Union Africaine s’inscrit dans le cadre de la feuille de route Agenda 2063, qui prône une Afrique intégrée et unie, en s’appuyant notamment sur le Passeport Africain Commun (« Common African Passport »).

En attendant la généralisation du sésame, Sabre met un coup de projecteur sur le secteur du voyage sur le continent africain, au travers de l’étude « The African Traveller – Pain points, préférences and aspirations of the African Traveller« . Près de 1600 personnes ont été sondées, qui se sont toutes déplacées en avion au cours des deux dernières années. Quatre pays sont ciblés par ce rapport : le Nigeria, l’Afrique du Sud, l’Egypte et le Kenya.

L’un des principaux enseignements de l’étude repose sur le prix des déplacements en avion, qui demeure inaccessible pour une majeure partie de la population. Ainsi, seuls 23% de la population africaine aurait voyagé par ce mode de transport au cours des 24 derniers mois. L’écart d’un pays à l’autre s’avère important sur ce point : la moyenne atteint 35% au Nigeria, et tombe à 13% en Afrique du Sud.

Le prix n’est d’ailleurs pas le seul obstacle aux déplacements aériens. L’indisponibilité des vols, citée par 34% des voyageurs, la volatilité des tarifs (33%), les problèmes de fiabilité rencontrés par certains sites de réservation (20%) ou leur manque de lisibilité (22%) sont autant de freins à la réservation selon Sabre. Mais à l’heure de choisir la compagnie nationale plutôt qu’un transporteur étranger, c’est bien l’aspect économique qui fait la différence dans la plupart des cas exception faite du Nigeria.

DR Sabre
Quels critères pousseraient les voyageurs à privilégier leur compagnie nationale à un transporteur étranger

La mise en place de ce passeport africain devrait engendrer davantage de dépenses dans le secteur aérien. Sabre estime que cette hausse atteindrait 24%, passant d’un budget moyen annuel de 1149 dollars à 1508 dollars. Le GDS américain y voit notamment une opportunité pour les compagnies aériennes en termes de frais ancillaires. Ces fameux services additionnels facturés à la carte atteignent aujourd’hui 90 dollars en moyenne par voyageurs – et même 113 dollars au Nigeria. Leur budget pourrait atteindre 110 dollars dans un avenir proche. L’accès au wi-fi serait le service le plus plébiscité, devant les offres de restauration, les assurances voyages et les divertissement en vol.

DR Sabre
Les frais ancillaires pour lesquels les voyageurs africains seraient prêts à payer un supplément, selon Sabre

Fort de ce constat, Sabre liste cinq recommandations visant à favoriser l’essor des déplacements aériens sur le continent africain : rendre le voyage simple et accessible, investir dans les nouvelles technologies pour améliorer la stratégie de développement au sein des compagnies aériennes et à destination du client, diversifier les canaux de distribution, et enfin investir dans la data pour mieux personnaliser l’offre.