Paul Roll, directeur général de l’Office de tourisme et des congrès de Paris

Paris a-t-elle un problème d’image ?

Paul Roll – Non. Si aujourd’hui on me demandait “quel est le plus gros problème de la destination Paris ?”, je répondrais que ce sont probablement ses capacités d’accueil. En revanche, Paris n’a pas de problème d’image. Plusieurs enquêtes, la dernière en date étant celle réalisée par Anholt-GfK Roper, nous donnent comme la ville la plus désirée du monde. En termes d’image, je dirais même qu’on est à l’une des plus belles époques qu’on ait jamais vécue.

Pour quelles raisons ?

P. R. – C’est une conjonction de facteurs. La ville est belle, bien sûr, mais surtout elle a su se poser des questions sur sa modernité, en termes d’infrastructures, de transports publics, et même de “verdissement”. Tout événement de ce type-là – on l’a vu pour le lancement de Velib’ ou de Paris Plage –, est suffisamment fort pour être équivalant à une campagne de pub qu’aucun budget ne pourrait payer. Aujourd’hui, c’est la vie de la ville qui fait l’image et une grande partie de notre communication n’est pas purement touristique. Il y a une réelle curiosité sur ce qui se passe en ville. Il n’y a qu’à regarder les échos dans la presse étrangère pour le lancement d’Autolib ou pour Vogueo, par exemple. Le marketing des villes a changé et le rôle d’un organisme comme le nôtre est de mettre en musique ce changement, d’être intégrateur d’informations et fédérateur d’opérateurs.

Par quelles voies ?

P. R. – Cela passe par des choses simples : je communique sur ce qui va se passer, je mets en avant l’hôtellerie, j’accompagne la presse dans la découverte en focalisant davantage sur des thématiques choisies que sur le “monumental”, etc. Depuis deux ans, nous avons énormément développé le thème du shopping, qui est la deuxième motivation pour un déplacement à Paris après la visite monumentale, mais avant la gastronomie. Et en 2010, il y aura pour nous cinq thèmes forts : l’ouverture de nouveaux palaces, la clarification de l’offre hôtelière avec l’arrivée de la cinquième étoile, la baisse de la TVA sur la restauration, l’ouverture des zones touristiques à tous les commerces et l’évolution de l’offre culturelle. Sur tous ces thèmes, notre métier est de communiquer en amont auprès des opérateurs pour que tout le monde s’insère dans une même logique. On n’invente pas l’événement, on fédère l’existant.