Travail partagé : le nomadisme business entre en gare

Rencontre avec Jacques Peynot, directeur des gares d’Île-de-France

Directeur des gares d’Île-de-France, Jacques Peynot explique le développement de lieux de travail partagé dans et autour des gares franciliennes.

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© Eric Bernardb

Pourquoi la SNCF s’intéresse-t-elle aux espaces de travail dans les gares d’Île-de-France ?

Jacques Peynot – La SNCF a entamé une réflexion dès 2014 concernant la création d’espace de bureaux en lien avec le phénomène de télétravail qui se développait en France. Nous nous sommes intéressés aux tiers lieux et aux espaces de travail partagés, ainsi qu’au microworking en gare. La localisation de ces espaces près ou dans les gares permet aux professionnels de travailler sans passer des heures dans les transports. L’intérêt pour la SNCF est aussi de réduire la pointe de trafic en Île-de-France en désengorgeant certaines lignes. Un million d’actifs résidant en grande couronne viennent en effet travailler chaque jour en petite couronne.

Comment la SNCF opère-t-elle ?

J. P. – Pour les espaces de coworking, nous identifions d’abord les lieux vacants comme les anciens logements des chefs de gare, situés au premier étage. Après transformation de ces surfaces de 100 m2 à 200 m2, nous lançons un appel à projets. Un opérateur spécialisé dans la gestion des bureaux partagés peut en prendre les clés et louer l’espace à des start-up ou des associations. Nous visons 30 à 50 sites de ce type, contre une dizaine actuellement.

Pourquoi développer les espaces de micro-working en Île-de-France ?

J. P. – C’est un peu la salle d’attente des gares d’aujourd’hui. Ce lieu, en accès libre, dispose du wifi et de prises électriques pour travailler en attendant le train. Les projets de microworking sont développés avec Ile-de-France Mobilités, qui les finance à 100 %. 150 projets seront réalisés d’ici fin 2019. Arep, l’agence d’architecture filiale de SNCF Gares & Connexions, a conçu quatre décors en fonction de la surface disponible, du simple point de rechargement des appareils mobiles à l’espace aménagé de 50 m2, avec fauteuils et coin lecture. Ces espaces diffusent des informations sur le trafic et sont équipés de la vidéosurveillance afin de rassurer les utilisateurs.

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