Point de chute : Tokyo Hotel

En matière d’hébergement, Tokyo offre un choix d’établissements stylés, parfaitement équipés, avec des vues souvent spectaculaires sur la ville. Les prix sont élevés, mais il existe des adresses plus économiques.

Tokyo est là, scintillant sur 360°, sublime sous les fenêtres du New York Grill, restaurant très réputé qui domine la ville depuis le 52e étage du Park Hyatt. Hélas, la célèbre institution, âgée d’une quinzaine d’années seulement, n’est plus seule à faire courir la ville, narguée par l’insolente jeunesse d’une nouvelle vague pleine de fraîcheur.

À commencer par son homologue, le Grand Hyatt, ouvert en 2003, qui s’enorgueillit d’une suite présidentielle possédant une piscine privée s’étalant sur tout le 23e étage d’un immeuble du complexe de Roppongi Hills. Cent-vingt des 389 chambres de ce “Lifestyle destination hotel” sont tournées vers le vénéré mont Fuji, un symbole que l’on aperçoit par temps clair. Car c’est bien la vue sur l’emblématique volcan qui en fait la grande attraction. Mais le Grand Hyatt offre d’autres avantages, plus terre à terre. Il se situe au cœur d’un centre financier et propose un immense business lounge, treize salles de réunion, six restaurants et, cerise sur le gâteau, dispose carrément d’un service d’hélicoptères.

Suites ouvertes sur le vide

Même vertige au Mandarin Oriental, suspendu au 38e étage et ouvert sur le vide grâce à deux baies vitrées. Cet hôtel de 179 chambres et suites, inauguré en 2005, offre un spectacle unique sur la ville et le quartier historique de Nihonbashi, près de la Bourse de Tokyo et de la Bank of Japan. Au 37e étage, deux restaurants, une étoile Michelin chacun, le Signature, français, et le Sense, cantonais, époustouflent autant par leur cuisine que par leur vue… imprenable. D’ailleurs, ils offriront bientôt les meilleures places pour admirer le Tokyo Sky Tree, la prochaine tour la plus haute du Japon (634 m), qui remplacera la célèbre Tokyo Tower (333 m) pour la diffusion des émissions numériques.

Le Mandarin Oriental a misé sur l’effet nature en concevant chaque couloir comme une branche d’arbre, chaque chambre comme une feuille. Les parquets sont de bambou, les luminaires de papier de riz, les tissus créés pour rappeler un élément végétal ou naturel : fleur de lotus, goutte d’eau, herbe de la pampa, mousse, noix japonaise, roseau… la poésie du Japon. Mais d’un Japon moderne et efficace, puisque dans les racines de cet arbre hôtelier s’active la station de métro Mitsukoshimae, le grand magasin Mitsukoshi, la ligne de train circulaire Yamanote et le Narita Express qui relie l’aéroport.

Une clientèle 80 % affaires

Une effervescence que l’on retrouve aussi dans le nouveau quartier d’affaires de Marunouchi où, en 2002, s’est installé le Four Seasons. La confidentialité (57 chambres seulement) règne en grande maîtresse, pour une clientèle à 80 % affaires, sans doute attirée par la proximité du centre de congrès de l’International Forum et de la Tokyo Chamber of Commerce. Dans trois de ses 17 suites, on s’est amusé à coller la baignoire à la baie vitrée pour un effet plongeant sur la Tokyo Station, la gare la plus active du pays, avec les fameux “bullet trains” en partance pour Kyoto. On est tout de même ici dans l’action, plus que dans la contemplation. En témoigne l’executive package qui inclut accueil à l’aéroport et transfert en bus, Internet et service d’impression.

Ce quartier de Marunouchi, en pleine expansion, a attiré d’autres mammouths hôteliers. Le Peninsula, d’où l’on admire les jardins du Palais impérial depuis 2007. Le Shangri-La, posé en mars dernier au sommet du Marunouchi Trust Tower, tour de 37 étages, dont les chambres permettent de voir la ville dans toute sa splendeur, et parfois le mont Fuji, lorsque les brumes daignent se lever… et que les affaires accordent un peu de répit. Ce qui n’est pas gagné, à Tokyo.