L’événementiel se fond dans le voyage d’affaires

Rencontre : Bertrand Mabille, vice-président exécutif, France et méditerranée, Carlson Wagonlit (CWT)

“Le marché se cherche encore un peu quant à savoir quelle est la bonne structure”

Pourquoi avoir choisi d’acquérir l’agence événementielle Ormès ?

Bertrand Mabille – Carlson Wagonlit a l’intention de participer à la consolidation du marché Meetings & Events. C’est une réflexion engagée depuis au moins trois ans. L’un de nos concurrents a fait le choix du partenariat. Nous avons préféré un format plus structuré pour faire face aux exigences du secteur en matière de réactivité. Ormès était l’un des derniers groupes indépendants, et d’une taille conséquente, sur le marché. Nos portefeuilles clients sont complémentaires ; notre organisation et nos ADN sont proches.

Qu’attendez-vous de ce rachat ?

B. M. – Notre nouvelle dimension nous permet d’investir dans de nouveaux métiers et dans les nouvelles technologies qui sont tout à fait présentes dans ce secteur contrairement à ce que l’on pourrait penser. Jusqu’ici, nous ne pouvions pas envisager d’investir dans le recrutement de compétences très pointues. En doublant de taille, nous pouvons le faire.

Ce rapprochement entre travel management et MICE a-t-il déjà eu lieu chez vos clients ?

B. M. – C’est extrêmement variable, mais pour la majorité des clients c’est encore loin d’être le cas. Il faut surveiller tout ce qui se développe autour de la notion de mobility management. Le marché se cherche encore un peu quant à savoir quelle est la bonne structure.

Et chez les fournisseurs ?

B. M. – Les choses évoluent de façon très concrète. Quand je suis arrivé chez CWT, le sujet MICE n’était pas évoqué. Maintenant, c’est systématique dans les discussions avec les transporteurs et les hôteliers. Les fournisseurs s’organisent. Pour beaucoup de transporteurs, le MICE est une terra incognita offrant des pistes stratégiques très importantes. Il y a beaucoup de synergies à exploiter, notre renforcement dans ce secteur est donc bien vu.

Avec ces investissements, CWT fait clairement le pari du rapprochement entre voyage d’affaires et MICE…

B. M. – Ce n’est pas une condition absolument nécessaire. Si ce rapprochement n’advient pas, cela n’ôtera pas de valeur à notre démarche. Demain, certains secteurs seront totalement globalisés et considéreront la chaîne de valeur du voyage d’affaires comme un tout, y compris l’événementiel. D’autres domaines resteront plus fragmentés. Nous cherchons à faire bouger le marché, mais nous n’avons pas la prétention d’être l’acteur unique. C’est donc aussi aux clients de dicter l’évolution du marché et nous nous adapterons. Le rythme d’évolution étant variable d’une industrie à l’autre. Ce serait donc une folie de caler son pas sur le plus rapide.

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