Concept : folies des hôtels couture

Rencontre : Christian Lacroix

«C’est une histoire de théâtralisation, de costumes, de décors…»

De la mode à l’hôtellerie, il y a tout un monde ?
Christian Lacroix – Au fond, ces deux univers ne sont pas si éloignés. Habiller un corps, une personnalité, une époque, un voyage, un séjour, un lieu… Pour moi, pour qui le spectacle compte en général plus que la mode ou le réel, c’est une histoire de théâtralisation, de costumes, de décors…

Comment définiriez-vous l’univers Lacroix ? Quel est le fil conducteur entre les différents établissements ?
C. L. – Il paraît que mon univers est baroque, bigarré, atypique, composite, postmoderne, marginal, métissé, patchwork, théâtral, kitsch, méditerranéen et… j’allais oublier : coloré !? C’est ce qu’il faut bien appeler, avec immodestie peut-être, ce “style” qui est le fil conducteur de ces hôtels atypiques sur lesquels j’ai travaillé en m’inspirant de leurs volumes, des rues où ils se trouvent, de la clientèle que je leur imaginais. Mais, s’il y a une constante, ce sont les “bâches” collages que nous mettons dans la plupart des chambres.

Qu’avez-vous transposé du monde de la couture à celui de la décoration ? Vous êtes-vous aussi fortement inspiré de la Provence, et plus particulièrement d’Arles et de la Camargue ?
C. L. – Les mélanges, les contrastes, les “mixes & matches” d’époques, les styles, les motifs, les couleurs, les matières et les imprimés… Tout cela me vient d’une certaine esthétique qui m’entourait enfant dans le Midi et qui m’a marqué, influencé, inspiré à jamais. On peut dire que je suis Arlésien, Camarguais, Provençal où que je me trouve. Et que je travaille dans cet esprit.

D’autres couturiers se sont tournés vers de grands groupes hôteliers. Pourquoi avoir choisi de travailler avec des indépendants ?
C. L. – Parce que c’est un petit groupe d’investisseurs privés français qui m’a appelé le premier et j’ai signé avec eux pour quatre projets. De plus, l’échelle de leurs établissements me correspond très bien, avec des ambiances cosy, des volumes intimistes ; et j’ai eu une grande liberté d’intervention. Mais j’ai un autre projet, cette fois-ci non pas en tant que décorateur, mais plutôt en tant qu’“ensemblier” sur un Sofitel en Asie.

Concept : folies des hôtels couture