Rencontre : Henri Loizeau, directeur général de l’hebdomadaire marocain Actuel

«Une main d’œuvre jeune et bon marché»

Comment voyez-vous la situation économique du Maroc ?

Henri Loizeau – Le pays affiche une croissance de 4 à 5 % depuis plusieurs années. L’économie bénéficie d’une montée en puissance des investissements publics et privés, notamment via une ouverture aux capitaux étrangers, sous l’impulsion du roi Mohamed VI. Ils se sont traduits par de forts développements dans des secteurs tels que le tourisme et l’offshoring, mais aussi des projets structurants, comme le port de Tanger Med ou demain, le TGV Casablanca/Tanger.

Quels sont les atouts du pays ?

H. L. – Il profite de sa proximité physique et culturelle avec la France et plus largement l’Europe, avec qui il a signé plusieurs accords de libre-échange. Il jouit, d’une main d’oeuvre jeune et bon marché, même si le taux d’analphabètes atteint encore 40 %. L’un des défis futurs consiste notamment la mise en place de formations qualifiées pour répondre aux besoins des entreprises internationales qui souhaitent délocaliser ou sous-traiter des services à plus forte valeur ajoutée dans les nouvelles technologies, l’aéronautique ou l’automobile.

Au-delà des relations avec l’Europe, quelle est la place de l’Afrique dans le développement du pays ?

H. L. – La stabilité politique, dans un Maghreb incertain, rassure les investisseurs, notamment les multinationales qui font du Maroc leur tête de pont pour se développer en Afrique. Plus globalement, l’économie se tourne aussi vers l’Afrique, notamment via ses banques. Elles ont acquis ces dernières années des réseaux bancaires dans d’autres pays d’Afrique et apportent un soutien important aux entreprises marocaines qui s’y déploient de plus en plus.