Rencontre : Marc McCabe, responsable de la partie business et Voyages d’affaires chez Airbnb

"Beaucoup d'entreprises utilisaient nos services de manière informelle"

Un vaste lobby, plus vaste que celui du plus grandiose des hôtels : atrium aérien, mur végétal démesuré, mobilier de bois brut et matières nobles… L’arrivée dans les locaux d’Airbnb en impose. Le lieu frappe d’emblée le visiteur autant par ses dimensions que par son design ultra contemporain, son look à la fois simple et sophistiqué, et bien sûr ultra connecté. Le rendez-vous avec Marc McCabe, jeune trentenaire responsable de la section Business d’Airbnb, lancée fin juillet, aura lieu au deuxième étage. L’accueil par une hôtesse en robe légère, debout derrière son comptoir, évoque carrément celui d’un bar branché. Sauf que la barmaid est rivée à son MacBook Air. Thé, café ? À préparer soi-même naturellement, car ici, on se sent aussi un peu chez soi. On s’installe dans un canapé Chesterfeld, à côté d’une table basse où l’on pose sa tasse de café fumante. L’ensemble évoque un appartement de Brooklyn, du genre de ceux qui ont beaucoup de succès sur le site. Des nuées de jeunes gens passent, leur lap top sous le bras.

San Francisco

Au total, 1 000 “coworkers” travaillent sur ce site du quartier hip de SOMA et 1 000 autres à travers le monde. Marc McCabe arrive. Le rendez-vous se tient dans un salon aménagé comme une tente bédouine, avec des pans de tissus violines, des lampes arabisantes. “Pourquoi avoir lancé un site dédié aux voyageurs d’affaires ? Tout simplement parce qu’on nous le demandait depuis des années, et parce que beaucoup d’entreprises utilisaient déjà nos services de manière informelle”, explique-t-il. Le programme a d’abord été testé auprès de 150 entreprises, pour la plupart américaines. Résultat : dès son lancement le 20 juillet dernier, plus de 1 000 entreprises se sont inscrites sur ce nouveau site dédié, dont des pachydermes à la Google. L’intérêt principal pour les entreprises, ce sont des hébergements proposés dans 35 pays, mais surtout la possibilité de centraliser les paiements. Et alors, quid de la concurrence, considérée comme déloyale par les hôteliers ? “Vous savez bien que nous nous acquittons, en France notamment, des taxes de séjour…”, rétorque le jeune Californien, un sourire au moins aussi californien aux lèvres.