Rencontres d’affaires : La tradition glamour du Grand Sud

Alors que la France reste toujours dans le peloton de tête mondial pour le tourisme d’affaires, la région Provence-Alpes- Côte d’Azur fait tout pour continuer de mériter sa deuxième place en France, après Paris. (1)

Certes, il y a le soleil, il y a la Méditerranée et sa douceur de vivre. À quoi bon revenir sur ce qui fait l’attrait du Sud et suscite l’envie des Parisiens ? Car si l’industrie des rencontres et des événements professionnels de la région PACA représente 5 % à 6 % de la clientèle touristique, soit 1,7 million de séjours générant environ 7,5 millions de nuitées par an, c’est qu’il y a d’autres atouts encore, et de plus prosaïques (2). D’autant qu’en dépit de la crise, le secteur des rencontres d’affaires, congrès, séminaires, réunions et formations continue dée prendre de l’ampleur.

L’atout de taille, c’est, bien sûr, une position géographique stratégique sur l’arc méditerranéen, et la facilité des déplacements et des liaisons entre les métropoles nationales et européennes : cinq gares TGV Méditerranéen, deux aéroports internationaux – Nice-Côte d’Azur, deuxième aéroport de France et Marseille-Provence, troisième aéroport national – qui tous deux ont été récemment dotés d’une nouvelle aérogare dédiée aux compagnies aériennes low cost (MP2) dont 20 % du trafic passagers est à attribuer à la clientèle affaires. De surcroît, la région possède des infrastructures aériennes adaptées au tourisme d’affaires, héliports ou autres aérodromes.

En termes d’accueil touristique, la région Provence-Alpes Côte d’Azur occupe dignement la troisième place européenne, avec une hôtellerie de catégorie principalement supérieure lui assurant ainsi le deuxième rang national pour les établissements trois, quatre et cinq étoiles. Les retombées économiques sont là (3). Car même si un séjour affaires est généralement plus court qu’un séjour touristique (4,5 jours contre 6,6 jours), on sait qu’un voyageur d’affaires dépense en moyenne trois fois plus qu’un touriste loisirs (4). Mais ce qui fait la force de Marseille, Nice et Cannes, c’est l’envergure de leurs centres et palais des congrès. En tout, la région, qui accueille chaque année plus de 30 salons professionnels de notoriété internationale, possède 25 centres de congrès et lieux de séminaires de 150 à 2500 places, dont six au-dessus de 1000. Les trois villes ont d’ailleurs bien compris l’impact du tourisme d’affaires et travaillent actuellement à la rénovation et à l’amélioration de leurs principaux centres.

Extensions à Marseille et Nice

À Marseille, tout se joue autour du palais du Pharo, somptueuse résidence impériale de Napoléon III. Situé à la pointe du Vieux Port, qu’il domine de toute sa prestance, le Pharo est aujourd’hui consacré aux congrès, séminaires et conventions. Les travaux en cours, qui devraient s’achever en mars 2012, vont permettre l’extension de certains espaces, dont la salle de restauration qui pourra servir jusqu’à 1000 couverts. Ce qui manquait cruellement à la ville. Par ailleurs, l’aménagement de douze salles de congrès, dont deux de plus de 300 places, et l’amélioration de l’infrastructure – escaliers, ascenseurs, etc. – sont également prévus. À long terme, ces extensions ne seront sans doute pas suffisantes et l’on évoque déjà la possibilité d’un nouveau centre de congrès dans la zone d’Euromed, à la Joliette. Même si le projet reste encore lointain et pour le moment nébuleux.

À Nice, mêmes élans rénovateurs qu’à Marseille avec l’Acropolis, un immense centre de congrès de 71000 m2 d’espaces modulables pouvant recevoir jusqu’à 10000 personnes (dont 2500 pour le seul auditorium Apollon). Construit en 1984, l’Acropolis souffre d’une déco aujourd’hui datée, qui pourrait tout au plus se prêter à des soirées “eighties survival”, ce qui n’est pas la fonction principale de ce lieu où s’organisent de grands événements internationaux, comme le sommet France- Afrique. “Nous avons demandé à l ’architecte Jean-Michel Wilmotte de revoir toute l’architecture intérieure”, explique Bernard Carre, directeur général adjoint de Nice Acropolis. En tout, ce rafraîchissement devrait coûter plus de 6 millions d’euros à la compagnie gestionnaire GL Events. Mais ce n’est pas tout. “La restauration extérieure du bâtiment, qui sera prise en charge par la ville de Nice, coûtera plus de 16 millions d’euros”, continue Bernard Carre. C’est que le jeu en vaut la chandelle. “On estime que ces rénovations devraient engendrer une progression de 20 % dans les deux ans à venir.” Et cela malgré une fermeture prévue pendant au moins deux étés consécutifs et sans compter les périodes où les travaux continueront en parallèle avec certains événements dans les parties déjà rénovées du bâtiment.

A Cannes, le Palais pour moteur

Cette stratégie de rénovation s’étend jusqu’à Cannes où, en 2009, le tourisme d’affaires a représenté 41 % de l’activité hôtelière et où le Palais des festivals, avec 35 000 m2 d’exposition et 26 salles de réunion offrant de 10 à 2 300 places fréquentées 288 jours par an, commence à accuser son âge. “Le Palais est le moteur économique de Cannes, mais aussi de toute la Côte”, déclare Martine Giuliani, directrice générale du Palais des festivals, en concédant qu’un petit relooking ne fera pas de mal à ce bâtiment qui grisonne.

Pourtant, il ne s’agit pas seulement de travaux d’embellissement – effectués également par Jean-Michel Wilmotte –, mais aussi d’un vaste réajustement aux normes actuelles, avec des démarches de certifications engagées depuis déjà deux ans. “Les travaux du foyer démarreront en 2011 et devront s’achever en 2012”, explique la directrice. En tout, c’est un budget de 57 millions d’euros qui est en jeu. Et encore, évoque-t-on déjà une possibilité d’extension pour le futur, dans les jardins face à la mer. Il s’agirait de deux niveaux souterrains de 10000 m2 chacun, pour un coût total de 80 millions d’euros. Rien n’est encore certain. Mais les plans sont là. Et au cinéma comme en affaires, tout commence par une idée.

(1) Source : données Insee 2008 – CRT PACA – PCE.

(2) À noter : la hausse de 7 % du poids affaires dans l’hôtellerie régionale entre 2006 et 2008, et malgré la crise qui a frappé l’activité affaires, le taux d’occupation “affaires” du premier trimestre 2009 en hausse de 2 % par rapport à 2008, toutes catégories d’hébergement confondues (chiffres communiqués par le Comité régional du tourisme PACA).

(3) À lui seul, l’impact économique total du Palais des festivals et des congrès de Cannes sur toute la région Côte d’Azur s’est élevé à plus de 825000000 €, avec 17000 emplois directs et indirects, et 746456 nuitées (source : Palais des festivals de Cannes).

 (4) Le CRT PACA a mené une enquête sur les dépenses des congressistes. En moyenne, les dépenses s’élèvent à 638 € par séjour et 152 € par jour.