Réseaux sociaux : qui m’aime me suive ?

La tentation des réseaux sociaux pousse nombre de voyageurs d'affaires à partager leurs informations de localisation au cours de leurs déplacements professionnels. Une pratique à risque si elle n'est pas encadrée par l'entreprise.

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Loin de ses proches, le voyageur d’affaires peut compter sur Internet pour conserver un lien avec sa réalité quotidienne et partager sa propre expérience. À l’heure où près de la moitié de la population mondiale (43 %) serait référencée sur les réseaux sociaux, comment ne pas poster un “selfie” sur la Place Rouge, instagrammer Times Square, tweeter ses premières impressions sur le Kazakhstan ? Voilà un bon moyen d’épater ses “followers”. Et accessoirement de prévenir une entreprise concurrente d’une négociation en cours ! La pratique est fréquente, jusque dans des institutions soumises à la plus grande discrétion. En publiant leurs parcours de running via leur application sportive, des militaires américains ont par exemple dévoilé des bases secrètes installées en Irak à toute la communauté de la plate-forme.

les deux tiers des voyageurs d’affaires se géolocalisent sur les réseaux sociaux en publiant des photos ou des informations relatives à leur emplacement.

Dans l’édition 2018 de l’AirPlus International Travel Management Study, le spécialiste des solutions de paiement a consacré un chapitre à cette menace, qu’elle baptise “Insta-bragging”. D’après AirPlus, “les deux tiers des voyageurs d’affaires se géolocalisent sur les réseaux sociaux en publiant des photos ou des informations relatives à leur emplacement.” Or les menaces qui, de ce fait, pèsent sur le voyageur et son entreprise sont nombreuses, de l’espionnage industriel à l’enlèvement, en passant par le cambriolage de leur domicile pendant leur absence.

AirPlus ne condamne pas pour autant le recours aux réseaux sociaux, qui peut – notamment pour les jeunes générations de professionnels – devenir un nouveau moyen d’interagir avec des collègues, voire des clients. Selon AirPlus, encore faut-il prendre les mesures au sein de l’entreprise, “définir la bonne politique de recours aux réseaux sociaux” à travers “une réflexion et une collaboration associant les différents acteurs de l’entreprise, c’est-à-dire les travel managers, les responsables de la sécurité et des ressources humaines, ainsi que les voyageurs.”