Résidences – Vers le très grand luxe

Une localisation idéale et une multitude de prestations pour faciliter le quotidien des clients : les apparthotels poussent à l’extrême le concept “comme à la maison” ; les plus luxueux allant même jusqu’à proposer un spa.

Regagner son hôtel après une journée passée à courir entre réunions et rendez-vous, se changer puis ressortir dîner au restaurant : cet emploi du temps peut paraître agréable pendant… deux ou trois jours. Au-delà, la lassitude gagne ; on se sent un peu à l’étroit dans sa chambre, à moins de résider dans la suite présidentielle d’un quatre étoiles ou d’un palace, ce que peu de politiques voyages prévoient dans leurs budgets. Il n’est donc nullement étonnant que les résidences d’affaires attirent de plus en plus d’adeptes depuis une décennie, aussi bien aux États-Unis qu’en Asie ou en Europe, et notamment en France. Avec, il faut bien le constater, un léger ralentissement en 2009, au plus fort de la récession économique.

Fréquentation en hausse
Cette attractivité toujours plus grande stimule l’ouverture de nouvelles résidences. Une enquête du site de réservations The apartment service worldwide dénombrait ainsi près de 5 170 résidences urbaines en Amérique du Nord à la fin 2009, tandis que le Vieux Continent en comptait environ 1 300, dont 500 dans l’Hexagone. Cette offre de plus en plus fournie démontre qu’aujourd’hui, les apparthotels n’intéressent plus seulement les expatriés dans l’attente d’un logement permanent, les cadres en mission de plusieurs mois ou les familles en vacances. “Nous enregistrons désormais des demandes pour des séjours de trois ou quatre nuits”, note Jean-François Ramé, P.D.G. de Cityzenbooking, unique site français de réservations en ligne spécialisé dans les résidences hôtelières.

À l’heure où les restrictions budgétaires sont de rigueur, les résidences se présentent en effet comme une alternative séduisante. Car ce type d’hébergement permet de réaliser de substantielles économies en offrant des tarifs dégressifs allant de pair avec la longueur du séjour. “Au-delà de quatre nuits, nous proposons des réductions de 20 à 25 % ; puis la dégressivité s’accroît à partir de 9, puis 15 nuits”, explique Laurent Basnier, chez Adagio City Aparthotel. Pourtant, si les “travel managers” sont de plus en plus sensibles à cet argument prix, ils sont également nombreux à réserver un appartement à la demande de leurs collaborateurs. “Souvent, des salariés descendent par hasard dans une résidence hôtelière sans véritablement connaître le produit ; mais, dès lors qu’ils y ont goûté, ils veulent y revenir”, confirme Jean- François Ramé. Car, non seulement ils bénéficient d’une plus grande surface et de plus de liberté, mais ils peuvent également inviter des amis ou se préparer un dîner dans la kitchenette. En résumé – et c’est la grande force du concept –, ils ont l’impression de rentrer “chez eux”.

Le raffinement d’un hôtel de luxe

1 ) Le raffinement d’un hôtel de luxe avec la liberté offerte par une résidence hôtelière : la Villa & Hotel Majestic a dédié une partie de ses chambres aux longs-séjours tout en offrant les services d’un concierge détenteur des fameuses “Clés d’or”. 2 ) 3 ) et 4 ) Les différences entre hôtels et résidences tendent aujourd’hui à se restreindre. Le Relais Spa Val d’Europe, ouvert en mai 2010 par le groupe Residhome, propose à sa clientèle un vrai bar, des salles de réunions lumineuses et un authentique spa.
 
 

Les opérateurs l’ont d’ailleurs bien compris et continuent d’affiner cette dimension “comme à la maison” car, aujourd’hui, proposer une simple kitchenette, un lit confortable et des services minimums ne suffisent plus. Le critère premier reste bien évidemment l’emplacement. Un établissement se doit d’être bien situé, dans un quartier où l’on pourrait choisir de vivre. Dans les grandes villes, il faut que le voisinage soit calme, sans l’être trop ; avec un accès rapide aux transports en commun et des restaurants, cinémas et autres divertissements situés à proximité. Mais c’est aussi, et avant tout, sur les services proposés que les professionnels comptent se démarquer. “En fait, tout doit être mis en oeuvre pour faciliter le séjour du résident”, décrypte Alain Ferracani, vice-président ventes et marketing du groupe Ascott Ltd, qui détient notamment la marque française Citadines.

Les établissements quatre étoiles sont bien sûr à la pointe de cette tendance. Mais ils ne sont pas les seuls. Dans les résidences trois, voire deux étoiles, “nous avons une clientèle de plus en plus en attente de services”, confirme Philippe Piat, directeur général d’Appart’City, un acteur très présent dans les villes de province, principales comme secondaires. Alors, chacun enrichit sa carte de prestations. Le WiFi, gratuit bien sûr, est devenu incontournable ; les écrans TV s’affinent ; la presse est à disposition ; et l’on voit même, comme dans les établissements quatre étoiles de Frasers Hospitality, apparaître des stations iPod. Dans les parties communes, la salle de petit-déjeuner se généralise, tout comme la présence d’un accueil polyglotte de 6 h à 22 h – quand ce n’est pas 24 h/24 – voire d’un concierge selon le standing des lieux, ou encore de salles de réunions. Le ménage peut être quotidien, moyennant supplément. Sans parler du repassage du linge, des courses ou encore des plateaux-repas, comme chez Residhome. Appart’City joue pour sa part la carte technologique. “À partir du mois d’avril, d’un simple clic sur notre site, les voyageurs pourront demander que leur réfrigérateur soit rempli avant leur arrivée et même commander leurs courses auprès d’un supermarché voisin”, annonce Philippe Piat.

Design et servicesDesign et services
Cette course aux services s’accompagne d’une montée en gamme généralisée. “Nous allons lancer Appart’ City Premium, révèle encore Philippe Piat. Les premiers ouvriront à Marseille, fin 2012, puis à Mulhouse.” Pour concevoir ces résidences quatre étoiles, le groupe a fait appel au designer Pascal Couvert, avec une attention particulière portée aux équipements, avec la présence d’un bar lounge et d’un espace bien-être. Pour sa part, Citadines a lancé un label “Prestige” qu’arborent déjà certains établissements à Londres et à Paris. Dans la capitale française, après les résidences Opéra-Vendôme et Saint-Germain, c’est au tour de l’établissement des Halles d’élever son standing, une transformation qui sera achevée cet été. “Ces établissements ont été entièrement rénovés, avec une redéfinition de l’espace, du mobilier et des services. Les Citadines Prestige sont un produit totalement différent de l’offre classique, d’abord parce qu’ils sont situés dans des lieux d’exception”, poursuit Alain Ferracani. Par ailleurs, Ascott a décidé de décliner en Europe sa marque exclusive et éponyme. Après Londres, l’enseigne débarquera à Paris d’ici à fin 2012, après conversion du Citadines Louvre. “Il y a une clientèle pour ce type de produit luxueux en Europe. Elle est en attente d’une marque forte offrant des prestations de luxe”, ajoute le dirigeant.

Mais le groupe singapourien n’est pas le seul à se positionner sur ce créneau. “Depuis 2010, on voit de plus en plus d’acteurs en Europe, notamment en France, proposer des prestations très haut de gamme”, note Jean- François Ramé. Ils se lancent même dans une surenchère. Residhome a ainsi ouvert deux Relais Spa en Ile de France, à Roissy-Charles de Gaulle – non loin du parc des expositions de Villepinte – ainsi qu’au Val d’Europe, et en prévoit un troisième à Orly. “Il s’agit d’un nouveau concept, conçu comme une escale bien-être, mais également comme lieu de séminaires, offrant des services de plus en plus proches de ceux que l’on trouve dans l’hôtellerie”, commente Luc Mazoué, le directeur commercial du groupe.

Dans un autre style, plus classique, mais tout aussi luxueux, le groupe hôtelier Raphaël-Régina a inauguré en février 2010 La Villa & Hotel Majestic dans le XVIe arrondissement de la capitale française. 27 chambres et autant d’appartements avec kitchenette s’y côtoient. Une véritable adresse boutique avec parquet en chêne, marbre, lourdes tentures, mobilier et déco design. La Villa & Hotel Majestic dispose également d’un spa de 450 m2 avec piscine, hammam, sauna, fitness, cabines de massage et de soins, prouvant ainsi que le bienêtre n’est plus l’apanage des résidences asiatiques, l’une des valeurs fortes d’un groupe comme Frasers Hospitality. “Même si en Europe, nous sommes souvent limités par la réalité d’un immobilier souvent ancien et des prix très élevés au m2 pour que nous puissions en proposer dans tous nos établissements”, commente Guus Baker, le directeur général Europe.

Le bien-être, nouvelle priorité des résidencesLe bien-être, nouvelle priorité des résidences
S’il s’est avéré bien difficile de doter de tels équipements le magnifique immeuble haussmannien du Claridge, situé sur les Champs-Élysées, le groupe singapourien doit, en revanche, prochainement ouvrir une résidence à Istanbul qui comprendra… une piste de ski, façon practice de golf, en plus d’un véritable spa. “Cette tendance à offrir toujours plus de services est tirée par la clientèle loisirs, mais cela profite également aux voyageurs d’affaires, poursuit-il. On est toujours dans la philosophie ‘plus près de chez soi’. Ainsi, les cadres en longs séjours peuvent plus facilement retrouver leurs habitudes.” Sans avoir à courir à la recherche d’un salon de beauté où faire son nettoyage de peau mensuel, trouver un hammam pour se relaxer après une semaine particulièrement stressante ou encore s’inscrire à une salle de gym. Enfin, tout un style de vie…