Rio – Barra da Tijuca : en attendant la folie olympique

Exilée à une trentaine de kilomètres au sud-ouest du centre de Rio, Barra da Tijuca sort de la carte postale. Ici, pas de Corcovado, pas de Pain de Sucre, pas plus de fièvre carnavalesque. Adieu nonchalance : un autre Nouveau monde s’est implanté ici depuis 1969, lorsque l’on entreprit, sous la direction de l’urbaniste Lucio Costa, de développer selon les codes de la ville américaine cet immense quartier étalé derrière une longue langue de sable fin.

Le changement de destin fut radical pour ce lieu paisible, pendant longtemps vu par les Cariocas comme une zone d’escapades romantiques parsemée de motels. Barra da Tijuca garde quelques souvenirs de cette douce époque, mais le décor a radicalement changé alentour : larges avenues sans fin, shopping malls pachydermiques et, juste en retrait, condominiums verticaux et sécurisés.

La nature, aussi, fait office de frontière, séparant Barra du reste de la ville par un réseau de lacs et de rochers, presque des montagnes, qui culminent au-delà des 1 000 mètres. Ce splendide isolement a fait du quartier un refuge naturel pour toute personne en quête de tranquillité et de discrétion : vedettes du foot, de la chanson ou du petit écran qui, en outre, bénéficient de la proximité de l’immense usine à rêves du groupe de télévision Rede Globo. Les prix immobiliers attractifs ont également attiré les emergentes – la classe montante de Rio – ainsi que les entreprises. Shell, Esso, Vale do Rio Doce, Michelin, Nokia, TIM, Merck ou Unimed ont posé pavillon à Barra da Tijuca, tandis que les centres d’affaires pimpants de l’avenue des Amériques ou de l’avenue Ayrton Senna accueillent les entreprises de communication, les agences de publicité, les cabinets d’avocats et autres professions libérales. En trente ans, Barra da Tijuca a triplé son nombre d’habitants et inventé une nouvelle façon de vivre et de travailler à Rio. Épicentre des Jeux olympiques, le quartier sera évidemment au centre de l’attention en 2016. Derniers repères avant le grand chantier.