Robert Gaymer-Jones : Directeur Général monde de Sofitel (groupe Accor)

Depuis votre arrivée à la tête de Sofitel, quel a été votre plus gros challenge ?

Robert Gaymer-Jones – Changer la perception de la marque Sofitel tout autour du monde. Il y a sept ans, le groupe Accor était reconnu internationalement pour son hôtellerie économique et milieu de gamme, mais pas encore dans le domaine du luxe. Aussi a-t-il fallu construire un nouveau réseau, bâtir de nouveaux standards. Bref, il a fallu redéfinir l’ADN de Sofitel.

Cela demande-t-il du temps ?

R. G.-J. – C’est un investissement considérable. Depuis les uniformes jusqu’à la décoration florale, des produits d’accueil jusqu’au fond musical ; il a fallu revoir tout ce luxe de détails susceptible de construire une marque iconique. Nous avons également entrepris un énorme travail de formation pour que nos équipes intègrent le changement et y adhèrent. Cela prend du temps, c’est vrai ; mais, au final, ça paie.

Aujourd’hui, qu’est-ce qui fait la différence entre un Sofitel et un autre hôtel de luxe ?

R. G.-J. – Bien sûr, le style de chaque hôtel est différent, mais il reste quand même ce fil rouge d’ »élégance à la Française », directement portée sur les sens. Quelque chose de plus féminin, peut-être… Mais cette french touch n’exclut jamais les emprunts à la culture locale, à l’esprit des lieux. Un peu partout dans le monde, la contribution de designers et d’architectes français de renom comme Sybille de Margerie, Jean Nouvel ou Didier Gomez a été très importante pour mettre cette idée en scène. C’est tout aussi vrai avec notre marque lifestyle So, où nous donnons carte blanche à un créateur pour développer un univers, comme Christian Lacroix à Bangkok ou Karl Lagerfeld à Singapour.

Quel est le périmètre de la marque Sofitel aujourd’hui ?

R. G.-J. – Quand nous avons commencé ce travail de remise à plat, nous avions 206 établissements, sans réelle définition de la marque. J’ai pris le temps d’aller dans tous les hôtels pour vérifier lesquels pouvaient correspondre à notre nouvelle stratégie et j’ai ramené ce nombre à 89. Personne n’avait jamais fait ça dans l’hôtellerie ! Ensuite, nous avons pu ouvrir de nouveaux établissements avec en tête une idée plus claire du positionnement. Aujourd’hui, nous en sommes à 120 hôtels. J’aimerais que nous allions jusqu’à 150, mais mon objectif n’est pas d’être le plus gros, mais surtout d’être reconnu par la clientèle. Certains hôtels sortiront de la marque, d’autres arriveront, les positions ne sont pas acquises. Nous voulons garder la certitude que seuls les meilleurs sont sous enseigne Sofitel.

Où se feront les développements ?

R. G.-J. – Nous avons une vingtaine d’hôtels en préparation, notamment en Asie-Pacifique, au Moyen-Orient et en Europe de l’Est. Nous souhaitons également développer notre marque So à Singapour puis Djakarta, Bombay, Koh Samui, Bali… Je verrais également d’un très bon oeil l’ouverture d’un So à New York, à Londres ou encore à Paris.

Vous arrive-t-il d’aller jeter un oeil du côté de la concurrence lorsque vous êtes en voyage ?

R. G.-J. – Je passe près de 200 jours par an hors de Paris, donc je connais bien les hôtels… La plupart du temps, bien sûr, je descends dans un Sofitel, où j’adore aller « derrière la scène » et rencontrer les équipes. Mais parfois, quand je vais à New York ou à Londres par exemple, je séjourne dans d’autres hôtels, histoire de me tenir au courant. Dans ce métier, mieux vaut aller voir sur place ce qui fait le buzz…

Diplômé de l’Hotel School de Londres

1981 : Démarre sa carrière dans l’hôtellerie et la poursuit dans neuf pays et trois continents, notamment au sein du groupe Marriott où il devient Area Vice-
President.  

2007 : Rejoint Sofitel comme directeur des opérations Sofitel monde.

2011 : Est nommé directeur général Sofitel monde.