Sébastien Alby, juriste à la direction des ressources humaines du groupe Limagrain

Premier semencier de l’union européenne et quatrième semencier mondial, le groupe Limagrain, qui contrôle notamment Vilmorin & Cie, réalise un chiffre d’affaires annuel de 1,136 million d’euros. Fort de ses 6000 salariés, dont la moitié à l’étranger, ce groupe français est présent dans une trentaine de pays. Il compte 35 expatriés et une part importante de ses collaborateurs est amenée à effectuer des déplacements professionnels. Son budget annuel consacré au rapatriement est de l’ordre de 35000 euros.

Vos salariés sont couverts par un contrat d’assistance de base. Pourquoi avez-vous mis en place une prestation spécifique de sécurité ?

Sébastien Alby : Les employeurs voient leur responsabilité civile de plus en plus mise en jeu dans tous les domaines. Au regard de la sécurité des salariés, les tribunaux leur imposent même une obligation de résultat. Plus précisément, en matière de déplacements professionnels, la jurisprudence dite “Karachi” a condamné pour faute inexcusable un employeur qui n’avait pas pris les mesures propres à assurer la sécurité de ses salariés, décédés lors d’un attentat dans la capitale du Pakistan.

Suite à cette décision de justice, nous avons trouvé opportun de mettre en place une assurance sécurité ou politique pour tous nos collaborateurs, qu’ils se déplacent ou non. Avec l’aide de notre courtier, nous avons souscrit l’offre ea-mysafepass d’Europ Assistance et Crisis, qui présente la particularité de couvrir les bénéficiaires en cas de crise et de leur assurer, si besoin, un rapatriement politique. Ces garanties vont donc au-delà de celles contenues dans un contrat d’assistance qui ne prévoit qu’un rapatriement médical.

Quels sont les bénéficiaires de ce contrat de sécurité ?

S. A. : Volontairement, nous avons centralisé la souscription du contrat au niveau du groupe. Au départ, l’adhésion au contrat ne concernait que nos filiales françaises. Progressivement, nous sommes en train de l’étendre à nos autres filiales. Notre objectif consiste à uniformiser la couverture en matière de risques de tous les salariés du groupe. De plus, nous avons souscrit ce contrat pour tous nos salariés, sans distinguer ceux qui effectuent ou non des déplacements professionnels.

Ainsi, un collaborateur sédentaire restant toute l’année en Auvergne bénéficiera, même s’il ne se déplace que très rarement, du même niveau de garantie que le grand voyageur ou l’expatrié. Bien sûr, ces garanties intéressent tout spécialement nos missionnaires, c’està- dire nos collaborateurs se déplaçant de manière fréquente, et les expatriés effectuant une mission de deux à cinq ans hors des frontières.

Quel a été l’impact de cette centralisation au niveau de la tarification du contrat?

S. A. : Le fait de souscrire un contrat groupe pour la majorité de nos filiales a, bien sûr, constitué un élément de négociation avec la société d’assistance. Cette centralisation nous a donc permis de bénéficier d’un effet de masse. Auparavant les contrats souscrits au niveau des filiales ne portaient que sur l’assistance de base. Depuis la centralisation, le risque politique est couvert sans pour autant entraîner un surcoût de notre budget global d’assistance.

Une fois le contrat de sécurité souscrit par le groupe, quels moyens avez-vous mis en oeuvre pour informer vos salariés ?

S. A. : Il est important que tous les salariés soient informés des garanties assistance et sécurité dont ils bénéficient. Pour cela, nous avons créé une rubrique spécifique sur notre intranet, dédiée aux ressources humaines et plus particulièrement aux déplacements professionnels. Avant d’effectuer un déplacement, chaque salarié est donc en mesure de consulter la base de données fournie par l’assisteur et de mesurer les risques réels ou potentiels de la zone géographique où il souhaite se rendre. En dernier lieu, le collaborateur choisit ou non de partir.