Nouvelles alternatives de voyage de Singapour à Kuala Lumpur

Avant que ne se concrétise un jour la future ligne de train à grande vitesse entre Kuala Lumpur et Singapour, une alternative aérienne sera offerte aux voyageurs à partir de décembre avec l'extension de l’aéroport de Seletar au Nord de Singapour…

Seletar
Une nouvelle aérogare devrait être inaugurée en fin d'année à Seletar pour accueillir des lignes régulières (DR)

Seletar est déjà un aéroport opérationnel à Singapour. La petite plateforme, située au nord de la métropole financière, est en fait idéale. A la fois pour rejoindre le centre-ville de Singapour ou se rendre vers la Malaisie voisine, car à 15 minutes de la frontière. Elle accueille actuellement des jets d’affaires privés mais le gouvernement a accordé un permis d’exploitation à la plate-forme pour l’accueil de lignes régulières dès la fin de l’année. Une nouvelle aérogare est d’ailleurs en cours de finition et devrait bientôt être opérationnelle. Elle accueillera le transporteur régional Firefly, filiale de Malaysia Airlines. La compagnie, qui exploite uniquement des ATR72, va transférer l’ensemble de ses lignes vers Seletar. Firefly dessert jusqu’à 20 fois par jour l’axe Singapour-Changi depuis Kuala Lumpur Subang, Ipoh et Kuantan.

« Le nouveau terminal permettra à l’aéroport de Seletar de gérer la croissance du trafic aérien dans le futur« , a déclaré Khoh Su Lim, directeur général adjoint de l’aéroport de Seletar, dans un communiqué.

Le nouveau terminal, d’une surface de 10 000 m² – soit plus de six fois la superficie de l’ancien bâtiment – a coûté 49 millions d’euros (80 millions de dollars singapouriens), offrant une capacité de 700 000 passagers par an. Il sera géré par Changi Airport Group (CAG). Le terminal aura les caractéristiques d’une aérogare privée pour l’aviation d’affaires

À l’intérieur de la zone de départ, les passagers trouveront quatre comptoirs d’enregistrement, six postes de contrôle des passeports, deux postes de contrôle de sécurité et une salle de départs pouvant accueillir environ 200 passagers. Quelques magasins seront également disponibles. Le bâtiment intègre aussi une section réservée aux passagers voyageant sur des vols d’affaire et des jets privés, avec une salle d’attente dédiée.

Selon les données de l’analyste aérien OAG, la ligne aérienne Kuala Lumpur-Singapour était en 2017 la plus dense au monde en termes de fréquences avec plus de 30 500 vols, soit 84 vols par jour assurés par sept compagnies aériennes. L’année dernière, cette ligne a accueilli plus de quatre millions de passagers.

Firefly offrira ainsi une alternative intéressante pour les passagers souhaitant faire la navette entre Kuala Lumpur et Singapour. Aujourd’hui, il faut en moyenne trois heures pour voyager de centre-ville à centre-ville entre les deux métropoles. A Kuala Lumpur, Subang est à 30 minutes en voiture du centre ville et Seletar à 20/30 minutes du centre de Singapour. Ce qui permettra de réduire la durée totale du voyage à deux heures trente.

Tout cela en attendant une éventuelle ligne TGV, qui offrira les temps de parcours les plus rapides entre les deux capitales asiatiques. Selon les études réalisées ces dernières années, le train à grande vitesse Singapour-Kuala Lumpur (HSR), long de 350 km, réduirait le temps de trajet entre Singapour et Kuala Lumpur à 90 minutes, de centre à centre.

Sauf que ce projet a un coût, que le nouveau gouvernement de Malaisie a jugé d’emblée prohibitif. Selon les calculs des experts du Premier Ministre malaisien Mahathir Mohamad, le projet lancé l’année dernière par les gouvernements de la Malaisie et de Singapour pour une ouverture autour de 2024, devait représenter un investissement total de 10,5 milliards d’euros. Apparemment, le coût aurait été sous-évalué par l’ancien gouvernement, qui parle désormais d’un montant de 22 milliards d’euros.

Après avoir annoncé suspendre ce projet, le gouvernement est revenu sur sa décision à la mi-juillet. Les compensations à verser, notamment à Singapour, seraient énormes. D’autant que Singapour a déjà consacré un budget de plusieurs centaines de millions d’euros au développement d’infrastructures pour l’accueil de la future gare et des voies.

De plus, le projet serait probablement viable à terme. On estime qu’en 2030, plus de 22 millions de passagers pourraient utiliser cette ligne. Les moins optimistes parlent de dix millions de voyageurs sur cette ligne, l’équivalent d’Eurostar sur Paris-Londres. Et mettre Singapour avec ses six millions d’habitants à 90 minutes de Kuala Lumpur et ses trois millions d’habitants, cela semble tenir du bon sens. Et pourrait permettre, enfin, de décongestionner les cieux du Sud-Est asiatique.

La Malaisie va lancer une classe affaires sur ses trains électriques

Une classe affaires va être disponible à bord des trains électriques rapides ETS en Malaisie, offrant une alternative pertinente aux voyageurs d’affaires devant se rendre à Penang ou Ipoh depuis la capitale de la Malaisie.

Depuis cinq ans, la Malaisie a finalement mis en place un service de trains confortables et rapides sur l’axe Nord-Sud de la péninsule. La ligne ETS Kuala Lumpur-Padang Besar (la frontière avec la Thaïlande) s’étend sur 750 km et passe par des villes aussi importantes que Ipoh et Penang. Elle est desservie par des trains circulant à près de 150 km/heure.

Le train connaît un véritable succès commercial, ayant acheminé en 2017 plus de 4,15 millions de passagers, en hausse de 16% sur un an. De fait, le parcours entre Kuala Lumpur et la frontière thaïe est relativement rapide, entre 5h et 5h30 en moyenne.

La ligne est desservie à raison de 18 aller-retour quotidiens. Et la cadence des trains sur la ligne devrait encore s’améliorer d’ici l’hiver. Selon le directeur général des chemins de fer de Malaisie KTMB, Rani Hisham Samsudin, de nouveaux trains devraient entrer en service en octobre prochain. Ce qui permettra d’offrir au moins 20 aller-retour par jour.

Mieux encore, le confort à bord des trains sera sensiblement amélioré avec la mise en service d’un compartiment de classe affaires. « Nous envisageons de fournir des services tels que le Wifi, la vidéo à la demande et d’autres fonctionnalités spéciales qui seront décidées sur le long terme« , a déclaré le PDG de KTMB. Chaque wagon de classe affaires pourra accueillir jusqu’à 32 personnes par voyage. Les billets peuvent être réservés en ligne sur le site de KTMB ou du consolidateur de transports sur l’Asie du Sud Est, Baolau, qui propose un service de réservation et vente de billets en français.