Shanghai / Canton – Bruno Lefébure, avocat associé, cabinet Bignon-Lebray

«La Chine est à la fois un pays où tout est possible et où tout est difficile…»

Comment êtes-vous devenu spécialiste du droit franco-chinois à Shanghaï ?

Bruno Lefébure – D’abord avocat au barreau de Paris, je suis arrivé en Chine en 2000, puis je suis rentré à Paris pour créer un département capable d’accueillir les investissements chinois en France. Je suis revenu à Shanghaï en 2009 pour aider les entreprises françaises à s’implanter en Chine, mais aussi pour continuer à pousser des Chinois vers la France. Par exemple, nous venons d’aider la première entreprise chinoise à acquérir un vignoble en France.
 

Votre spécialité est-elle appelée à se développer ?

B. L. – Oui et non. En tout, on ne compte qu’une dizaine de cabinets français avec une licence du ministère de la Justice chinois. Car la Chine est à la fois un pays où tout est possible et où tout est difficile. Au niveau juridique, c’est encore pire. Pourtant, beaucoup de jeunes sont attirés par la Chine, comme autrefois par les États- Unis. Mais comprendre et maîtriser la langue et la culture chinoises, c’est autre chose que de parler anglais. Or, le besoin de nouveaux avocats se ressent : nous traitons environ trois nouvelles demandes d’implantation par semaine ; ce qui est énorme.

Que faut-il savoir sur la Chine avant de venir s’y implanter ?

B. L. – Un investissement sur trois que nous traitons passe encore par Hongkong pour des raisons fiscales. Mais si l’on veut conquérir le marché chinois, il faut une vraie présence en Chine.