La SNCF annonce des trains autonomes sur Paris-Lyon en 2024-2025

La SNCF s'est associée avec des partenaires industriels et technologiques pour faire circuler des trains autonomes qui permettront une optimisation des infrastructures au bord de la saturation. Le voyageur bénéficiera d'une offre de trains augmentée grâce à cette meilleure régularité et fluidité du trafic.

La SNCF a constitué deux consortiums pour mettre au point le train autonome de demain

Après la révolution de la grande vitesse, Guillaume Pepy, le président du directoire de la SNCF, a présenté le train autonome comme « la prochaine révolution ferroviaire« . Pour se lancer dans l’aventure, la SNCF vient de mettre sur pied deux consortiums, l’un dédié au fret, l’autre au transport de passagers, en s’entourant de partenaires industriels et technologiques de premier plan : Alstom, Bombardier, Altran, Bosch, Thales, Ansaldo… L’objectif est de faire rouler en 2023 un prototype différent pour chaque entité grâce à un budget de 57M€ financé à 30% par la SNCF, 30% par l’Etat et 40% par ces entreprises privées. L’Etablissement public de sécurité ferroviaire (EPSF) et l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) sont également associés au projet afin d’en assurer et d’en valider la complète sécurité.

Pour le train autonome dédié aux passagers, la SNCF estime qu’elle pourra accroître les capacités de transport de 30% sur des lignes ferroviaires déjà très fréquentées. Les voyageurs y gagneront en offre supplémentaire et en régularité des trains. Les gains enregistrés sur la ligne 1 du métro parisien et sur le RER A entre Vincennes et La Défense sont montrés en exemple. « Nous allons pouvoir nous rapprocher de la capacité maximale d’une ligne« , estime Patrick Jeantet, Pdg de SNCF Réseau. Si l’investissement restera important (recherche, équipement des voies et des rames, formation du personnel…), il sera en effet toujours moins élevé que la construction de nouvelles LGV dont le coût se chiffre en milliards d’euros.

Le gain pour la SNCF sera en outre important avec une croissance du chiffre d’affaires lié à l’augmentation du nombre de passagers transportés. Et à une baisse des dépenses énergétiques de 15% à 20%, le train autonome étant plus écologique grâce à une gestion automatisée des accélérations et des freinages. De quoi aussi faire baisser un peu plus la consommation de CO2 du train qui est actuellement autour de 11 grammes par passager/km transporté (contre 275 gr pour l’avion).

Après le prototype de TGV attendu pour 2023, le déploiement opérationnel serait d’abord réalisé en 2023 sur Eole, le prolongement du RER E, puis sur la ligne à grande vitesse Paris-Lyon en 2024-2025 pour un investissement estimé entre 500 et 600 M€. L’autonomie ne serait toutefois classée « que » GOA2 (Grade of Automation) sur les 4 niveaux de développement prévus, un machiniste demeurant en tête du train même si la conduite s’effectuera « sans les mains ». Des TER en région devraient également atteindre le stade GOA3 correspondant à une conduite automatisée. La ligne Marseille-Vintimille serait ainsi équipée pour un montant de 500 M€. Pour arriver un jour à l’autonomie complète – GOA4 -, de plus amples investissements technologiques seront nécessaires et la SNCF devra lever les réticences des passagers à voyager à bord de trains sans conducteur. « L’humain reste important pour intervenir en situation dégradée notamment autour de scénarios non prévus, reconnait Patrick Jeantet. Le train autonome devra avoir un niveau supérieur ou égal à la sécurité actuelle« . Des standards seront d’ailleurs établis au niveau européen, les trains à grande vitesse franchissant déjà les frontières. La SNCF a pour cela débuté des négociations avec la Deutsche Bahn qui travaille aussi sur le train autonome.

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