Swiss et easyJet, principaux choix des voyageurs d’affaires en Suisse

Pour les voyageurs partant ou se rendant en Suisse, la consolidation du transport aérien en Europe a essentiellement profité à Swiss et son concurrent easyJet. Les deux transporteurs se battent pour conquérir les voyageurs d’affaires, mais cette compétition est biaisée par un partage des dessertes selon l’aéroport…

Zurich-Swiss
La compagnie Swiss se concentre une large part de son offre sur son hub de Zurich, tandis qu'easyJet est le premier transporteur à Genève et Bâle/Mulhouse.

La disparition d’Airberlin à l’automne 2017 a eu des répercussions non seulement en Allemagne, mais aussi sur le trafic aérien helvétique. La faillite de la compagnie allemande, très présente sur le marché suisse, notamment à Zurich, a notamment conduit à la suspension de l’activité de Belair Airlines, filiale suisse d’Airberlin. Mais là n’est pas la seule conséquence. La débâcle financière que connaît Etihad avec ses investissements ‘toxiques’ dans Airberlin et Alitalia a contraint le transporteur d’Abu Dhabi à la vente de sa filiale régionale suisse Darwin Airline (Etihad Regional) en juillet 2017. Reprise par la compagnie nationale slovène Adria Airways, le répit fut court. Darwin, qui desservait de nombreuses liaisons régionales depuis Genève et Lugano, a finalement déposé le bilan en décembre.

Cette rationalisation du transport aérien suisse a essentiellement profité à Swiss et easyJet Switzerland, filiale suisse de la compagnie orange. Et si la concurrence existe entre les deux transporteurs, on a dans les faits une sorte de pacte de non-agression, les deux compagnies se répartissant le trafic selon l’aéroport de desserte.

Filiale du groupe Lufthansa, Swiss reste LA compagnie de référence à l’aéroport de Zurich, positionnant l’aéroport comme son hub global. Sur les 29,4 millions de passagers accueillis à Zurich l’an dernier, 52 % utilisaient les lignes de Swiss et même 58 % si l’on intègre le trafic d’Edelweiss, la filiale loisirs de Swiss. Zurich représente désormais 87 % de l’offre en sièges de Swiss, dont les capacités ont augmenté de 11,5 % en 2016 et de 9,1 % en 2017, en attendant que l’effet de la faillite d’AirBerlin ne se fasse ressentir cette année. Une situation qui stimule le trafic affaires, d’autant que 20% du trafic de Swiss concerne des lignes intercontinentales. Ainsi, selon les statistiques de l’aéroport de Zurich, 31% des passagers indiquent le voyage d’affaires comme principal motif de déplacement.

Si easyJet ne représente qu’à peine 2 % du trafic total de Zurich, en revanche, la compagnie orange est l’acteur aérien majeur sur les deux autres grands aéroports suisses que sont Genève et Bâle/Mulhouse. A Genève, easyJet représente désormais près de 45% des 17,35 millions de passagers enregistrés en 2017 avec une progression de 8,5% l’an dernier. Swiss arrive en seconde position avec une part de 12,1% du trafic, en baisse de 0,4 point par rapport à 2016. A Bâle/Mulhouse, easyJet représente 62% du trafic total de la plate-forme, Swiss étant même totalement absente.

Avec 13,5 millions de passagers, easyJet s’affirme ainsi comme le second transporteur helvétique, représentant 24% du trafic passagers de la Confédération et 21% du nombre de sièges offerts. L’an dernier, la compagnie d’ailleurs a dynamisé son offre avec 11% de sièges en plus et en basant un nouvel avion à Bâle.

La croissance économique en Europe et en Suisse devrait avoir donc des effets positifs sur la croissance du trafic aérien helvétique. Seule incertitude qui risque de peser à l’avenir selon Aerosuisse, l’autorité qui regroupe les activités aériennes du pays. La saturation des capacités à Genève et Zurich, notamment pour le nombre de mouvements, d’avions va peser sur le développement à long terme des deux plates-formes. Genève construit actuellement une nouvelle jetée pour le trafic intercontinental et travaille à une meilleure coordination des mouvements sur son unique piste.

Seul Bâle/Mulhouse possède encore des réserves pour faire face à une forte croissance. Et comme l’aéroport n’est qu’à 100 km de Zurich, les synergies devraient être possibles, propulsant probablement Bâle/Mulhouse au rang d’aéroport intercontinental sur le long terme. D’autant qu’une gare ferroviaire reliera d’ici 2027 l’aéroport à l’ensemble des réseaux ferroviaires français et suisse. Un vrai plus pour la région Grand Est de la France.

Que représente le trafic aérien Suisse/France ?
Selon les statistiques du Bureau Fédéral Helvétique des Statistiques, les liaisons aériennes entre la Suisse et la France représentait 2,03 millions de passagers en 2017, soit 8,5% du trafic passagers vers l’Europe au départ de Suisse. La France est la quatrième plus importante destination depuis la Suisse après l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Espagne et devant l’Italie, le Portugal et les Etats-Unis. 53,6% du trafic passagers se concentre à Genève Cointrin (1,1 million), suivi de Zurich avec 26,6% (0,54 million) et finalement Bâle/Mulhouse (0,40 million) avec 19,6% du total passagers.Les hubs de Zurich et Genève génèrent presque le même nombre de passagers – près de 800 000 voyageurs – à destination de Paris CDG, hub d’Air France et aussi principale porte d’entrée du trafic d’affaires. L’axe Suisse-Nice est le second plus important en volume avec 425 000 passagers au départ de Suisse, suivi des dessertes vers Paris-Orly, Bordeaux et Nantes.