Table ronde : qualité et contrôle des prix

Qualité et prix serrés : un couple infernal en matière de déplacements professionnels. Quelle que soit leur taille, les entreprises ont tendance à rechercher pour les voyages de leurs collaborateurs, les meilleurs tarifs disponibles, sans forcément tenir compte, au départ, du facteur qualitatif. Cette quête du meilleur rapport qualité/prix se retrouve dans pratiquement toutes les politiques de voyages. “Notre métier consiste à élaborer en collaboration avec l’entreprise, la politique de voyages lui correspondant le mieux ; en tenant compte de qui sont les voyageurs, de leurs destinations et de la fréquence de leurs déplacements”, explique Dominique Savart, vice-président des opérations chez AEVA. Et de poursuivre : “Loin d’être figée, la politique de voyages d ‘une entreprise peut être à tout moment reconsidérée afin d’être adaptée aux plus près des différents desiderata.”

Guère uniforme, la politique de voyages varie au contraire en fonction de la culture de la société où elle est mise en place, ainsi que du niveau hiérarchique des voyageurs. Les techniciens ne se déplaceront pas dans les mêmes conditions que les cadres de direction ou les responsables export ou bien encore les membres de l’état major. La durée du voyage et l’importance stratégique du déplacement peuvent également déterminer le degré de confort et le moyen de transport. Avec le développement du TGV et des trains à grande vitesse, comme Eurostar et Thalys, les parcours en train se multiplient, dès lors que le trajet porte à porte tourne autour de quatre heures.

Transport aérien économique

Autre phénomène : l’essor des compagnies aériennes low cost qui desservent des destinations françaises ou étrangères. Même si ces compagnies ne proposent pas encore de contrats corporate, nombre d’entreprises font voyager leurs collaborateurs sur leurs lignes. Lorsque le billet est réservé à l’avance, les économies peuvent se chiffrer en centaines d’euros. Par exemple, il suffit de décaisser une quarantaine d’euros pour relier Paris à une ville d’Europe centrale. Contre environ 400 euros dans le cadre d’un vol opéré par une compagnie classique. Évidemment, avec une compagnie low cost, les voyageurs ne bénéficient des avantages – parfois personnels – d’aucun programme de fidélité.

“Notre valeur ajoutée se fonde aussi sur les connaissances qu’ont nos collaborateurs des compagnies aériennes – type d’appareil, niveau d’équipement, pourcentage de la flotte d’une compagnie pourvue en nouveaux concepts de confort. Par exemple, nous conseillons à certains clients d’emprunter les lignes de compagnies étrangères – moyennes ou extrêmes orientales – qui ont axé leur développement sur le confort et le service”, indique Jean-Jacques Bessière, responsable de la commission transport chez Afat Voyages. “Malgré le frein général, le niveau de prix des classes supérieures est assez intéressant, car ces acteurs étrangers mènent souvent une politique commerciale plus agressive.”

Bien sûr, ces choix doivent être intégrés dans la politique de voyages du client. “Conscients de notre devoir de conseil, nous pouvons nous soumettre à des obligations à la fois de moyens et de résultats”, souligne Yves Nanique, directeur général de BTI France. Ce réseau d’agences communique à ses clients des “reportings” sur la qualité apportée au niveau du service des opérations, des incidents résolus et des économies de coût réalisées.

Quant au souci de contrôler les dépenses de voyages, il ne se limite pas aux grandes entreprises. Il se vérifie également du côté des PME-PMI qui mettent en place des “mid budget”. “Des entreprises consacrant moins de 500000 euros annuels aux frais de déplacement ont tendance à vouloir mettre en place des politiques de voyages et s’appuient pour cela sur le rôle de conseil de l’agent de voyages spécialisé en déplacements affaires”, remarque Jean Korcia, président du groupement d’agences Manor.

Le confort et la sécurité

Ces fameuses politiques – même clairement écrites – ne sont pas pour autant appliquées de façon rigoriste. En effet, les circuits d’approbation permettent souvent des dérogations. Dans ce cas, s’il s’agit d’améliorer le confort du voyageur, la solution privilégiant la qualité sera alors préférée à la moins coûteuse.

Mais le choix ne s’arrête pas là. La sécurité constitue désormais un élément essentiel pour les clients. “De façon standard, nous sommes capables d’identifier très rapidement la liste des voyageurs potentiellement affectés par un événement de crise. Nous venons d’enrichir notre dispositif en proposant des outils conçus pour évaluer les risques, préparer et protéger les voyageurs d’affaires, et répondre 24 heures sur 24, sept jours sur sept aux incidents pouvant mettre leur vie en danger. Désormais, nos clients peuvent bénéficier d’un nouveau système de gestion du risque ; ils disposent d’un reporting sur le niveau d’exposition de chaque voyageur, où qu’il se trouve dans le monde, ainsi que sur les différentes possibilités leur permettant de communiquer avec lui”, explique Christophe Renard, directeur commercial et marketing chez Carlson Wagonlit travel France. Qualité, prix et sécurité, tels sont les trois critères clés pour les entreprises.